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  • : Michel Durand
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  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : musique voyages lecture art nature
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

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Samedi 4 juillet 2009
Après avoir lu dans le trimestriel de Confluences deux articles également publiés dans ce blogue, Geneviève Cornu m'écrit :

Depuis les dérives de l'Eglise et de sa hiérarchie, j'avais tiré l'échelle.

Contrairement à ce qu'écrit Joël Arlin, je ne pense pas que le pape et l'Opus Dei et les autres de la même espèce soient "devenus fous". Ils suivent une logique dont le but est de revendiquer le rôle politique du religieux : ils rêvent de devenir des ayatollahs chrétiens. On voit quels sont les résultats d'une telle vision de par le monde.

Tous ces méchants qui se cachent derrière le masque d'une morale rigide, ont pour l'instant un ennemi commun qu'ils veulent abattre : la laïcité. Et quand ils auront repris les manettes dans les zones d'influence du pouvoir, ils se diviseront en conflits sectaires et sanglants.

 

J'avais un certain bonheur, moi qui suis agnostique, à être parmi les croyants de "bonne foi". Mais j'attendrai en vain qu'ils expriment nettement leur liberté de conscience et leur sens de l'humain, ce serait tout de même réconfortant de les voir défiler avec des banderoles disant leur désapprobation à l'égard de la haine des juifs,  de la soumission des femmes, de la souffrance transformée en punition bien méritée. Décidément, le catholicisme n'est pas un tremplin vers "autre chose".

 

J'ai lu le récit de votre voyage dans le Tassili. Il y a une vingtaine d'années, je fus à Djanet, j'ai gravi le passage pour monter sur le plateau, et j'ai vu aussi les migrants. J'ai alors écrit un poème en prose, sous le coup de l'émotion et de la pitié.

 

 

LES MIGRANTS

 L'incandescente fluidité enveloppe la sphère où l'univers bascule sur un point sombre : zéniths noirs échappés à la certitude des repères cardinaux gréant les sens, à présent éperdus délirants dans l'air flottant palpable et rôtissant les sables

Il fuse un éclat d'ombre hésitant dans la forme d'un nom jusqu'à l'épuisement des mirages fébriles ; surgit la fièvre d'un contour devenu discernable, un feu follet noirci et bougeant au désert ; un point de mire mouchetant le regard jusqu'à l'impact à la surface du monstre craquelé né de ce lieu fissible parmi l'épanouissement des soleils disséquant la matière

La houle humaine rassemble les infinis sur la ligne brisant le cercle des horizons et pousse les combats rangés au rythme de ces corps baignés de flammes qui cèdent peu à peu aux pulsations de sang de chair et de sueur gagnant obstinément les marges grandissantes pour l'espoir d'un ailleurs invisible

Passe la danse mortelle des êtres déchiquetés dans une luminosité opaque, confondus en un point qui s'efface et coule dans l'au-delà des sables

Geneviève Cornu

 

 

 

 

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 3 juillet 2009
Nous allons à Lyon, mercredi prochain, tenir notre cercle de silence de Juillet de 19h à 20 h, place des Terreaux. Il n'y en aura pas en août mais en septembre, le 9 septembre.

Voici un beau poèmes écrit par un ami prêtre du Prado.


Ils sont venus à un rendez-vous
            curieux
            un peu mystérieux!

Un cercle s'est formé
            s'est élargi
            a grandi encore
            sous le regard des passants étonnés

Nous étions dix, quinze
            Vingt, trente puis soixante
            formant un cercle, un cercle de silence
            sous le regard des passants interrogés

Nous sommes restés là :
            10,20 minutes
            30, 45minutes et une heure entière
            sous le regard des passants questionnés

Ils semblaient nous dire :
            Vous êtes là, en silence, mais quelle est votre parole ?
            Que dites-vous? Que voulez-vous ?

Nous leur répondons
            Les migrants et les mal-logés lancent un cri à notre conscience.
            C'est pour cela, qu'avec eux, nous nous taisons et faisons « silence! »
      Nous demandons :
            Qu'en toute circonstance soit respectée leur dignité
            Qu'à chacun soit donnée sa chance en humanité.

        Ils sont « sans voix » !
        Avec eux, nous nous taisons !
        Mais notre silence devient un cri !
        Un cri non-violent
        mais un cri d'indignation
        que nous répercutons
        dans «ces cercles de silence»:

Jacques Lancelot Prêtre - Caen

Les « cercles de silence» sont nés à Toulouse, à l'initiative des Frères Franciscains. Ils ont formé ces cercles de silences pour demander que soit respectée la dignité de tout migrant quelque qu'il soit et où qu'il soit.
Il faut dire fort et bien haut que certaines Municipalités ont des programmes bien pensés et courageux de logements sociaux.


Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Jeudi 2 juillet 2009

En avril 2009, Nathalie, de Radio Espérance, m'a enregistré pour ces entretiens sur la spiritualité pradosienne diffusés en mai. Retrouvez-les, ici même dans la catégorie « Prado ».

Aujourd'hui : Antoine Chevrier a obtenu la permission de quitter le ministère ordinaire, c'est-à-dire en paroisse. Il veut vivre au milieu des gens, des pauvres qui n'osent pas se présenter à un curé de paroisse. Voir ici (Dailymotion)

Par Michel Durand - Publié dans : Prado - Communauté : Christianisme
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Mardi 30 juin 2009

Pourquoi ai-je repensé, ce matin, dans ma prière, à cet événement vécu il y a peut-être une dizaine d'années ? Je ne sais. 


Est-ce la vision, le désir d'une Église ouverte à tous et à toutes ? Est-ce la conviction que l'Esprit libère de toutes contraintes, que la foi en Jésus-Christ affranchit de toute tutelle légale ?

« Nous savons que l'homme n'est pas justifié par les œuvres de la loi, mais seulement par la foi en Jésus-Christ » (Gal 2,11ss).

C'était un dimanche après-midi ; un chrétien du quartier Saint-Paul, proche de Saint-Jean (où se trouvait l'espace Confluences) m'informe que les chevaliers du Saint-Sépulcre - à moins que ce ne soit l'ordre de Malte - interdisent l'entrée de la cathédrale à toutes personnes étrangères à leur mouvement. Je vais voir. Des barricades métalliques bloquent effectivement les entrées de la cathédrale Saint-Jean de Lyon sous le regard de la police nationale. Un service d'ordre interne aux Chevaliers refoule toute personne voulant entrer. Il devait être nécessaire de montrer un carton d'invitation. Les gens, touristes et visiteurs, s'indignent : « même quand il y a une messe, un mariage, on peut entrer ». « Dans l'Église, rien n'est secret »...


Je m'informe. Il s'agit d'une cérémonie strictement privée : des adoubements. Traduisons : l'entrée officielle dans l'ordre des chevaliers du Saint-Sépulcre. En fait, je demeure incertain de l'exactitude des mots employés.

J'argumente que dans l'Église catholique tout culte est public. Ils ne peuvent interdire la présence de quiconque. Je pousse la barrière. Le jeune du service d'ordre interne appelle des collègues qui viennent en renfort. J'insiste. Ils me retiennent des mains. Puis l'un me prend par la veste et aux épaules. Je pousse encore la barrière sentant que des personnes, dont l'ami qui m'a informé, s'associent à la démarche (somme toute symbolique) contestataire. Ils font alors appel à la police nationale (les CRS, je pense) présente sur place. En un premier temps, tous réitèrent l'interdiction d'entrée parce qu'il y a une cérémonie privée. Mon indignation augmente. Depuis quand la police est-elle au service de ce faux visage d'Église ? Profitant d'un relâchement, je saute par-dessus la barricade. On en vient vraiment aux mains. Les chefs de tout bord s'approchent. Je leur fais savoir : « Vous n'avez aucun droit à interdire l'entrée de l'église. Le sacristain, désormais informé, explique que je suis prêtre et qu'il me connaît bien. Cela crée un trouble dans la police qui finalement laisse entrer toutes les personnes présentes à ce moment précis. Le service d'ordre interne referme vite la barricade.

À l'intérieur, c'était la fin de l'adoubement. Robes longues noires pour les femmes, mantilles sur la tête. Costumes noirs, grande cape pour les hommes. Une autre époque, un autre monde. Des « personnalités » de la société qui obtiennent de l'Institution Église, de l'évêque, le droit de privatiser le bâtiment « église-cathédrale » à l'usage exclusif de leur rite, alors que, selon l'Évangile, rien n'est secret, rien n'est caché, tout doit être crié sur les toits (Mt 20, 26ss)

« Ne les craignez donc pas ! Rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est secret qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les terrasses ».


Pourquoi cet événement m'est-il revenu en mémoire ?

Je pense que c'est tout simplement à cause de la bonne place que, de plus en plus, les partisans de la fausse tradition obtiennent dans l'Église. Des coutumes religieuses, donc humaines, l'emportent sur le message évangélique. Dentelles, ceintures à franges, soulier à boucle, camail en peaux d'hermine (ou de lapin), col en celluloïd... deviennent prioritaires. Bientôt la barrette ecclésiastique soutenue par des hommes en longue cape blanche reviendra et l'on se réjouira du retour de la tradition. « L'Église retrouve ses rites ancestraux ! ».

 

Notre-Dame de Paris, mai 2008


Les évêques qui favorisent ce retour et se réjouissent de la présence des « traditionalistes » au sein de l'Église s'aperçoivent-ils que, loin derrière ceux et celles qui font claquer leur talon sur les dalles du temple, s'éloignent, nus pieds pour ne faire aucun bruit, une foule de personnes qui s'étaient réjouies d'avoir, un temps, osé franchir le seuil de l'Église ?

L'Esprit libère de la tutelle des fausses traditions.

« Donc, les pharisiens et les scribes l'interrogent : "Pourquoi tes disciples ne se comportent-ils pas suivant la tradition des anciens, mais prennent-ils leur repas avec des mains impures ?" Il leur dit : "Isaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites, ainsi qu'il est écrit : Ce peuple m'honore des lèvres ; mais leur coeur est loin de moi. Vain est le culte qu'ils me rendent, les doctrines qu'ils enseignent ne sont que préceptes humains. Vous mettez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes." » Marc 7,5ss).

Je vois dans ce verset, l'étude d'Évangile à mûrir pour discerner de la vraie, la fausse tradition.


Ayant terminé cette page, je vous dois un aveu. Le matin dont il est question en première phrase, ce n'est pas ce matin, mais un matin de février 2009, pendant mon séjour à Djanet.

 

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Lundi 29 juin 2009
Triste à voir :  à l'aéroport de Madrid

images d'aéroport...

où l'on prend le temps d'observer la chaîne de responsabilités, c'est-à-dire les différentes parts d'humanité présente et active dans les procédures d'expulsion : les "vrais gens" qui scotchent bousculent s'agacent sur le noir récalcitrant, ceux qui filment et photographient pour témoigner, et celui qui a le pouvoir de dire le "refus d'embarquer" et en fait usage in extremis. La mise en œuvre des politiques d'expulsion des étrangers indésirables a besoin du consentement de ceux qui ont un bout de responsabilité dans le dispositif, et le refus de ces politiques passe par la brisure de cette chaîne de responsabilité à un point ou l'autre du dispositif.... par l'usage d'un bout de pouvoir reconnu (jusqu'à quand?) contre l'embarquement/expulsion, ou par la désobéissance civile qui reconnaît la part de chacun dans le dispositif de violence et le fait ainsi dérailler.
Michel Agier


A mettre en parrallèle avec l'appel et la prière de Benoît XVI, du 21 juin 2009 (Angélus)

Prions aujourd'hui aussi pour la situation difficile et parfois dramatique des réfugiés. La Journée mondiale du Réfugié, organisée par les Nations unies, a justement été célébrée hier. Beaucoup de personnes cherchent refuge dans d'autres pays, fuyant des situations de guerre, des persécutions et des catastrophes, et leur accueil pose beaucoup de difficultés mais il est toutefois nécessaire. Que grâce à Dieu, avec l'engagement de tous, on réussisse le plus possible à éliminer les causes d'un phénomène si triste.

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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