Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 19:52

cercle_du_siolence.jpg Si quelques cercles de silence se demandent s’il faut continuer à tenir ces temps de silence, d’autres affirment l’importance de continuer. A-t-on les preuves d’un changement ? d’un meilleur accueil des étrangers ?

L’hebdomadaire Témoignage chrétien s’interroge : « Le discours chrétien est-il efficace ? »

(Hélas, je ne vois pas apparaître cet article sur internet).

Il semblerait que non, car non entendu à l’intérieur des Églises.

Je cite : « Récemment, l'ouvrage Immigration, pourquoi les chrétiens ne peuvent pas se taire cosigné par François Soulage, président du Secours catholique, et par la théologienne Geneviève Médevielle, a été un modèle de prise de parole claire et argumentée, de nature à vacciner ses lecteurs contre les idées nauséabondes et les choix politiques qui les portent. À la veille des législatives, des associations chrétiennes (Secours catholique, CCFD- Terre solidaire, mouvements d'action catholique, Cimade, Mission de France... ) en remettent une couche avec une brochure de 16 pages À la rencontre du frère venu d'ailleurs… Ce document… démonte les préjugés étayant les discours d'exclusion et montre en quoi la migration peut-être une chance. » (…)

« Tout irait pour le mieux si ce message passait chez les chrétiens. Lors de la récente élection présidentielle, il apparaîtrait que le cumul des voix de catholiques (mais aussi des protestants) en faveur de Marine Le Pen et de Nicolas Sarkozy - dont le ton sur la question des migrants s'est fortement droitisé en fin de campagne - n'ait jamais été aussi élevé, dépassant très largement les 50 % au premier tour.

« Il y a urgence, reconnaît Patrick Peugeot, président de la Cimade. Le Gard, terre protestante, a largement voté pour Mme Le Pen »…

« Selon François Soulage, les “droits à la vie doivent être pensés tout au long de celle-ci” ». Il reste donc à convaincre bien des chrétiens que les migrants ont droit, eux aussi, à une vie normale sur notre sol. »

N’est-ce pas la ligne ducercle de silence de Montpellier qui écrivait récemment :

« Avec le changement de gouvernement, c’est le moment de montrer notre détermination de citoyens à demander un changement profond de politique migratoire et un respect de la dignité humaine.

Même si les engagements de François Hollande ont été limités et prudents, il a dans sa lettre-réponse aux questions de RESF, affirmé vouloir mener "une autre politique migratoire fondée sur des règles transparentes, stables et justes (...) et conduite dans le respect de la dignité de tous les êtres humains qui sont sur notre territoire".

Conformément aux engagements écrits pris par le candidat, le placement en rétention des mineurs devra être interdit, la gratuité de l'AME rétablie, la liste des pays dits sûrs supprimée, le droit d'asile pleinement restauré.

Manifestons pour qu’au minimum ces engagements soient tenus et pour obtenir un profond réexamen du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ».

Et nous avons eu connaissance de comportements indignes vis-à-vis de Roms.

J’ai évoqué dimanche dernier ce fait qui m’a été communiqué par courriel :

« Trois familles d’origine roumaines, composées de trois mamans et de neuf enfants dont un bébé de six mois, dormaient faute de mieux, dans deux voitures stationnées le long d’un quai du Rhône. Jeudi matin 24 mai à 11h00, la Municipalité de Lyon a fait procéder à l’enlèvement des voitures sans que les familles aient été prévenues. En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, elles se sont retrouvées sur le trottoir avec leurs affaires sans solution d’hébergement.

Je dénonce ces méthodes barbares, indignes d’un pays comme la France qui a inscrit le mot FRATERNITE au fronton de ses Mairies et de ses Préfectures. Jeter ainsi les personnes à la rue sans aucun égard viole gravement les principes énoncés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme »

Ce cas net pas unique.

Une assistante sociale, suite au signalement d'un habitant du quartier des pentes de la Croix-Rousse, me demandait par téléphone de loger une mère originaire d’Afrique subsaharienne (et ses enfants) qui dormait dans la rue. Aucune structure d'accueil, dont c'est pourtant la vocation, ne voulait les recevoir.

Nous rencontrons l'inacceptable. N'est-ce pas le résultat de la lutte du libre marché contre l'esprit de solidarité. Je ne parle pas encore de fraternité ; la fraternité est plus que la solidarité ; mais, cet esprit solidaire devrait au moins exister. N'est-ce pas ce que l'on doit constater dans une philosophie politique (de gestion de la ville) ? Il y a là un grand cri de colère que je répercuterai, ai-je dit à l’homélie de dimanche dernier, au prochain cercle de silence.

Que font les chrétiens pour respecter la vie à tous ses niveaux et en tous lieux ? Établir la solidarité pour que puisse venir la fraternité. Celui qui dit aimer Dieu sans aimer son frère est un menteur.

 

Par Michel Durand - Publié dans : Politique - Communauté : Christianisme
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 11:47

J’ai envoyé grâce à la collaboration d’amis artistes et de galeristes plus de 4000 courriels pour informer sur la prochaine biennale : Fragilité, en 2013.

J’ai reçu beaucoup de réponses très sympathiques. Les échanges que nous avons eus par téléphone ou par courriel m’ont donné le désir d’une rencontre nationale sur ce sujet : le sacré et le spirituel contemporain dans l’Église du Christ. C’est, du reste, le thème d’un colloque que nous tiendrons à Lyon, fin novembre 2012, et dont je vous parlerais bientôt.

Parmi les quelques courriels peu favorables, je vous communique celui-ci, car il me semble symbolique du rapport de plasticiens œuvrant dans l’art contemporain qu’il m’arrive de qualifier d’académique. Un très beau témoignage du regard que bon nombre de personnes ont sur l’Église. Je remercie cette personne qui nous aide à réfléchir.

  2012-0737.jpg œuvres de Nina Urlichs, BASA 2011, église Saint-Polycarpe à Lyon

 

Bonjour Monsieur Durand,

 

La conservatrice du Musée M. à NN… où j'ai fait cet hiver une belle exposition et réalisé une œuvre monumentale pérenne pour l'entrée de son musée, connaissant bien mon oeuvre m'a fait parvenir votre appel à candidatures pour votre biennale 2013.

J'ai lu avec attention vos documents et malgré la nature de mon travail qui entrerait parfaitement en résonance avec les critères d'un art sacré, je ne déposerai pas de dossier et je voudrais vous expliquer pourquoi.

Il me semble que mes raisons pourraient vous intéresser si vous souhaitez vraiment que l'Église retrouve un lien réel avec le meilleur de l'art d'aujourd'hui et ne se cantonne pas dans des opérations inoffensives et invisibles de seconde zone (je parle des opérations qui relèvent de la culture contemporaine).

Je ne suis pas en général très douée pour la diplomatie et vous prie de m'excuser par avance si mes paroles venaient à vous heurter.

Au temps du Christianisme fort, l'église a toujours choisi les meilleurs artistes. Ce sont eux, même s'ils n'étaient pas forcement de gentils chrétiens, qui ont porté haut le message du Christianisme et la puissance de l'Église.

Dans les années 50, le Père Couturier a essayé de ramener son Église vers de grands artistes (qu'il fût long et terrible le chemin de Matisse pour réaliser la chapelle de Vence !) ; mais, à part quelques réalisations au forceps de mobilier sacré ou de vitraux contemporains dans les années Lang, un bout de monastère de Renzo Piano dans le Jura, l'église préfère toujours, par rancune pour l'Etat qui lui a ôté pas mal de pouvoir à la Révolution et qui a instauré au début du XXéme siècle la laïcité, par ignorance de l'art de son temps sans doute et l'absence de culture contemporaine de ses prêtres, par faiblesse financière aussi, confondre l'art et les bonnes oeuvres.

C'est en plus aux artistes qui déjà ne gagnent pas correctement leur vie en général, que vous proposez comme un privilège d'offrir leurs œuvres ou en cas d'exposition de payer en plus du transport et des assurances, 80 euros à votre association.

Qui de sérieux voulez-vous attirer dans votre biennale ?

Quel artiste normal et respecté paie pour exposer ?

Il a déjà et devra payer tant de choses !

Et puis, si l'on veut exposer des artistes d'aujourd'hui entretenant une oeuvre forte avec le sacré, il faut des jurys compétents, des critères de sélection qui soient étayés par une connaissance historique de l'art et de ses mouvements suffisamment sérieux pour éviter tout amateurisme aimable et  niaisement illustratif.

On verse sinon dans le salon de province, affadi un peu plus encore par "les bons sentiments" qui se croient de mise en pareille occasion.

Ce que j'ai pu voir sur votre site et sur les différentes années des biennales passées me donne malheureusement la preuve de ce que je vous écris.

Cet été, j'ai accepté naïvement, avant de voir les œuvres des autres artistes choisis par la même association Culture et Foi qui m'a sollicitée, d'exposer dans une des très belles chapelles d'Anjou. J'en ai quelques regrets après en avoir pris connaissance.

Ce n'est pas de l'orgueil qui me fait parler, Mr Durand, croyez-moi, mais le " froid mépris" du "milieu" qui rejaillit  instantanément sur l'artiste qui s'est fourvoyé dans une médiocre exposition et qui le lui fera payer au prix fort.

L'Église possède des lieux fabuleux, elle pourrait montrer des œuvres sacrées de grande force, qui existent, que le Milieu branchouillé de l'art ne veut pas considérer, mais qu'elle ne sait pas voir non plus !

Mr Durand, il me semble me souvenir, au temps où le père Ch. officiait à C. et St M. entre autres, vous avoir rencontré (accompagnée de C…..) pour le projet initié par F. Ch. de re-création de l'église de St M…. Est-ce bien vous ?*

Ce projet sur lequel j'ai travaillé 2 ans, qui avait trouvé un maître d'ouvrage délégué des plus compétents pour trouver les financements nécessaires à sa réalisation, s'est effondré, à la nomination du Père Ch. sur d'autres paroisses, sous les coups des paroissiens les plus vieux et les plus aigres et la frayeur du nouveau jeune curé sans expérience face à la guéguerre des vieux contre les jeunes qui soutenaient le projet.

Je garde de cet abandon une certaine tristesse d'avoir dû, à la fois, enterrer un beau projet d'église d'aujourd'hui et d'avoir mesuré le peu de souci du diocèse de Lyon à le soutenir.

Veuillez m'excuser de ma franchise si vous la trouvez déplacée...

 

 

*Je ne pense pas que cela moi ; mais je peux oublier.

Par Michel Durand - Publié dans : Art - Communauté : Christianisme
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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 21:27

2012-0579.jpg 8 décembre à Saint-Polycarpe


Au dernier Conseil pastoral de la paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la Croix-rousse (mardi 22 mai 2012), nous avons abordé la vie de l’Église locale en regardant ce que chacun des membres présents vivait au nom du Christ. Cette méditation partagée se situe dans la ligne d’une approche de l’Église comme sacrement universel de salut. Voir, par exemple les homélies de ces dernières semaines de mai : ici ; ici ;

ou même d’avril : ici

Il importe aussi de dire que la dynamique de diaconia 2103 imprégna l’orientation de l’échange.

 

La rencontre fut ainsi annoncée :

« L’Église est, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, » LG 1

 « L’Église du Christ (cf. Mat. 16, 18) : c’est le Christ, en effet, qui l’a achetée de son sang (cf. Act. 20, 28), emplie de son Esprit et pourvue des moyens adaptés pour son unité visible et sociale. L’ensemble de ceux qui regardent avec la foi vers Jésus auteur du salut, principe d’unité et de paix, Dieu les a appelés, il en a fait l’Église, pour qu’elle soit, aux yeux de tous et de chacun, le sacrement visible de cette unité salutaire. » LG 9,

 1 – Moi, baptisé, auprès de qui suis-je l’Église, sacrement du salut ?

Comment suis-je l’Église ?

 2 – Pour réaliser cette mission baptismale, comment puis-je me nourrir spirituellement au sein de notre Église locale, la paroisse ?

Projets pour 2012-2013

3 – Renouvellement des institutions paroissiales

l’EAP – mise en œuvre des décisions du conseil pastoral  - voir toutes les actions pastorales – le conseil des affaires économiques- patrimoine- entretien des locaux- gestion des revenus du culte- le service des registres.

Je ne peux rendre compte de tout ce qui a été dit mais j’en dégage, avec tout le risque de ma subjectivité, ce que j’estime d’essentiel.

 

- Auprès de qui suis-je l’Église ?

- « Dans mon voisinage immédiat, je tâche d’être une présence, parfois anonyme, auprès des personnes rencontrées dans l’immeuble, dans la rue, chez les commerçants. Je prends le temps de l’écoute et je me dispose à apporter aux gens qui souffrent le réconfort souhaité ».

« Au sein d’une association qui à l’origine a placé la dimension chrétienne en son sein, je mène une présence effective pour que cette référence ne disparaisse pas. La tendance à la sécularisation est constante. Je fais tout ce que je peux pour encourager à maintenir une place à la prière chrétienne ; une eucharistie annuelle. Quand l’occasion se présente, je témoigne de ma foi en Christ. »

- « En présence des amis, je cherche à créer du lien. Je me déclare facilement chrétienne, voire catholique. Mes amis le savent. J’ai le souci que la relation juste, équitable ; que l’un ne prenne pas le dessus dans la conversation. Dans un échange, je veille au temps de parole pris par les uns et les autres. Il me semble important que la convivialité soit vécue avec l’expérience de l’unanimité ».

Pour répondre à la question que nous avons posée, une personne parle des divers cercles de sa vie quotidienne. Il y a le cercle de sa famille. Être mère ou grand-mère. Savoir privilégié les temps familiaux de rencontre comme étant des moments privilégié d’échange. Il y a le cercle de l’immeuble où j’habite. Collaborer à sa gestion. Favoriser les rencontres d’information. Il y a le cercle des amis qui fonctionne beaucoup avec le téléphone. Il y a la fidélité à l’engagement pris avec une famille (alors « sans papiers » qui vivait dans le quartier au moment du baptême de l’enfant : être un parrain effectif en veillant à sa formation chrétienne au catéchisme. Cela a conduit à prendre une part active avec la catéchiste. Il y a le cercle du quartier ; cela passe par une présence aux diverses réunions de quartier, de l’association d’habitant au comité (municipal) de quartier. Toutes ces rencontres : vente de plantes et fleurs, vide-grenier, repas convivial sur une place… créent du lien entre les gens et favorisent une bonne ambiance. Les pentes de  la croix-rousse gardent une bonne et belle ambiance entre les habitants.

La condition des soies (structure sociale municipale), mosaïque café (lieu associatif) sont des lieux d’écoute naturels où il est bon d’être présent. Une personne exprime son étonnement de constater que le regard porté sur l’Église – et le bâtiment église- est souvent négatif. On a peur de l’Église. On dit que cela n’est pas utile de s’en occuper, d’y être présent. « Alors je m’explique sur ce que nous faisons à l’église, à quoi cela sert ; je montre le respect que nous devons avoir vis-à-vis de ces lieux sacrés ; je dis pourquoi on ne mange pas, ni de boit ou fume, dans une église. On n’y fait pas n’importe quoi ».

Ce genre de conversation est fréquent avec les jeunes qui pratiquent un certain commerce sur le parvis. Ces jeunes sont du reste très polis avec les « gens d’Église », comme le constate celui qui nettoie régulièrement le parvis.

Dans le quartier, il y a des sorties touristiques organisées. Y participer est une occasion de rencontrer autrement ses voisins. « Les familles qui y participent, témoignent une personne, nous reconnaissent comme catholiques. Nous sommes repérés. C’est une occasion de dialogue.

Les chrétiens des pentes (ou ceux et celles qui en sont proches) sont également repérés par et dans le temps donné au soutien scolaire des jeunes. L’association « apprendre et comprendre » qui reçoit élèves et étudiants dans les locaux paroissiaux est connue de toutes les familles maghrébines des pentes. Nombreux bénévoles donnent du temps à des enfants de l’école primaire aux classes terminales. Il y a même, avec le temps, un suivi dans le parcours universitaire.

Auprès de qui suis-je l’Église ?

On témoigna alors, au cours de cette rencontre, de la connaissance des gens du quartier obtenu grâce à la présence dans des associations HLM de rénovation de l’habitat. Divorce, regroupement familial augmentent le besoin d’appartements. « Je suis l’Église dans ma présence auprès des demandeurs de logements dans la façon dont nous traitons leur demande ». Écoute, respect de leur dignité.

Rebondissant sur ce témoignage, vient alors celui-ci : « Je souhaite être disponible aux divers et nombreux imprévus qui se présentent, que cela soit au sein de la famille ou dans la rue avec des gens connus ». « Il me faut prendre le temps de l’écoute et cela sollicite mon engagement. Je dois faire un effort pour mettre en acte les conséquences concrètes de la rencontre ».

Une autre personne exprima que si, au paravent elle avait des engagements très précis, elle se trouve actuellement sans engagement. Dans ce qu’elle aurait tendance à considérer comme un vide, elle s’aperçoit que, désormais, son engagement est permanent. Elle en a pris conscience en lisant la conférence de François Soulage. Cet engagement permanent, c’est sa disponibilité, sa manière d’être, son écoute. Au lieu d’avoir du pouvoir, du savoir, des responsabilités, il s’agit d’être. « Je construis l’Église quand, quelle que soit mon action, je communique l’Espérance ». Tel est le témoignage de la foi. Dans ce récit, nous comprenons alors l’importance de la prière. Il faut être enraciné dans le Christ pour le rendre présent là où l’on vit, pour être l’Église.

Est ensuite, brièvement abordé, l’appel à explicitement proclamer sa foi en Christ. L’évangélisation.

« Dans la sécularisation que nous vivons, je ressens un problème avec l’évangélisation. J’ai trop peur par mes paroles de donner un contre témoignage. Il me faut d’abord vivre ». Être d’abord ce que l’on est au nom du Christ. Après on peut expliquer, surtout si on le demande.

Chacun parle en fonction du lieu où il se trouve. Ainsi, en contact avec de nombreux « sans-papiers», « sans-papiers» lui-même, un membre du conseil pastoral témoignera de son désir d’être Église en étant proche des laissés pour compte. Il est important de parler avec les gens de la rue, ceux et celles qui sont en grandes difficultés, sans logement, sans travail. Être l’Église en étant proche des exclus de la société. Suite à la rédaction de son « journal d‘un demandeur d’asile », ce témoin précise l’appel qu’il ressent de contacter les députés pour obtenir plus de dignité dans la façon de traiter les personnes en demande d’asile en France (en Europe). Son engagement de formateur au CPU (cours de langue française aux étrangers) entre dans cette dynamique.

Enfin, cette proximité avec « la rue » passe également avec les actions menées au nom de la paroisse sur les trottoirs : vente de boissons chaudes le 8 décembre, opération vide-grenier avec les associations du quartier, repas pris avec des amis dans les restaurants africains du quartier.

Notons aussi ceci : « le fait que je sois sacristain de la paroisse me tourne vers la prière et l’interne de l’Église ; le rencontre dans l’intimité du Christ ».

Beaucoup de choses sont dites et les personnes qui désormais prennent la parole le font plus brièvement pour éviter les répétitions. Je souligne la présence d’une infirmière agissant dans le quartier  Sa profession est primordiale pour signifier sa présence auprès de gens, être à leur écoute, de leurs difficultés.

Nous avons aussi parlé de l’importance des échanges qui se font au cours de l’apéritif qui suit chaque eucharistie dominicale. Nous pouvons ainsi dire que notre Assemblée eucharistique dure chaque dimanche deux heures. Une heure à l’intérieur de l’église, autour de la table de la Parole et de la table du corps eucharistique du Christ.  Une heure à l’extérieure, surtout s’il ne pleut pas, en échangeant avec les uns et les autres. L’habitude a été prise de moins se saluer entre connaissances afin de prendre plus de temps avec les nouveaux présents, les présents de passages, les fréquentants occasionnellement l’eucharistie du dimanche, les voisins qui répondent à l’invitation de boire un verre de l’amitié. Cette rencontre post messe est aussi l’occasion de passer des livres, de faire des échanges d’articles, de nouvelles, de débat sur les importantes questions politiques, économiques actuelles. Questions de société comme celle que développe « toi d’écoute », ouverture de la paroisse par des conférences-débats aux questions d’actualités.

Il se trouve que pendant cette soirée, les deux personnes en charge de la pastorale sur le quartier avec une lettre de mission ont pris la parole en dernier. C’est vraisemblablement par désir de ne pas occuper le terrain de l’échange en laissant les autres parler tout en ayant, quand même bien la volonté de dire ce qu’ils vivent, à leurs niveaux « fonctionnels ». La personne laïque en mission pastorale témoigna de son souci d’être l’Église par son travail de catéchiste auprès des enfants du primaire et du collège. C’est une merveilleuse occasion de dialogue avec les parents. « Que ce soit avec eux, avec les amis, avec les membres de sa famille, il faut être à leur écoute ».

Rédacteur de cette note, je terminerai donc avec mon témoignage. Curé à Saint-Polycarpe des pentes de la Croix rousse, habitant l’immeuble où se trouve la maison paroissiale, je prends conscience que je suis marqué par le lieu où je vis et travaille, les gens que je rencontre soit parce qu’ils ont un lien avec l’Église, une demande sacramentelle, soit parce qu’ils profitent de l’usage des locaux, soit parce qu’ils ont entendu parler des actions que nous menons. Il me faudrait parler longuement des contacts que j’ai grâce aux artistes qui fréquent le théâtre, le lieu d’exposition d’art plastique, les membres de Confluences pour des voyages ou des conférences, les contacts avec le service diocésain arts cultures et foi, les migrants hébergés (sans papiers), les habitants des logements sociaux sous la responsabilité de la mairie propriétaire de l’immeuble… et plein de contacts dont il a déjà été question. Je ferai une mention spéciale avec les cercles de silence dont le « siège officiel » est Saint-Polycarpe et les demandes que les Associations s’occupants des personnes en difficultés nous adressent dans l’espoir de trouver une solution à des problèmes urgents, souvent des demandes de logements que nous ne pouvons pas satisfaire.


Pour conclure je rappelle que tous ce que nous vivons de proximité auprès des gens, cela est l’Église du Christ auprès d’eux. Les sept sacrements symbolisent aux sept moments clés de chaque existence la naissance (baptême), l’éducation de la jeunesse (eucharistie, confirmation), la mission de l’âge mûr (mariage, presbytérat), la reconnaissance tout au long de la vie de notre péché (réconciliation), la fin de vie, maladie, mort (sacrement des malades) ce que nous vivons à chaque instant dans notre présence auprès des hommes et des femmes de ce temps.

Les autres questions 2 et 3 méritent également d’être traitées. Cela devrait se faire ultérieurement.

À la question 2, il a été signalé l’importance d’avoir des groupes bibliques, groupes de lecture d’Évangile, groupe de prière.

On souhaite le maintien des dimanches autrement, des liturgies de semaines saintes où la qualité artistique intensifie la prière, la contemplation.

On parle de classe de chant pour réguler une harmonie d’une célébration à l’autre

de temps spécifiques pour préparer à Noël, à Pâques

Chant de Noël populaire en décembre

ouverture du 8 décembre

Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Mercredi 30 mai 2012 3 30 /05 /Mai /2012 15:51

Cet article a été publié le mercredi 23 mai 2012 ; j'en ai oublié une page, alors je complète ici-même ; il s'agit d'un regard sur le capitalisme, sujet dans lequel je me replonge cette semaine.

 

Le dilemme du chartreux, Médias et Eglise

 

charentenay1.jpg

Je pense que l’on n’apprend rien de vraiment nouveau avec l’ouvrage de Pierre de Charentenay, jésuite, directeur de la revue Études. Néanmoins, la lecture de ces 235 pages mérite d’être accomplie. Entre autres, elles apportent, par une lecture facile, une juste photographie de l’Église catholique.

On parle de Média comme on parle de l’Argent, de Capital ; ce ne sont que des outils, des moyens. L’Argent, dit-on, n’est pas mauvais en soi ; c’est l’usage qui en est fait qui peut être mauvais. Il peut également être bon. Pourtant, l’Évangile dit que l’homme ne saurait avoir deux Maîtres : ou il adore Dieu, ou il adore l’Argent. Les Médias ne seraient-ils pas Belzeboul – comme l’Argent ?

« Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un, et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un, et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. »

Dieu ou l’argent idolâtré.

Pierre de Charentenay est catégorique :

« Il apparaît clairement que le discernement doit s’exercer plus qu’ailleurs dans ce rapport aux médias, qu’il ne faut ni diaboliser, ni aduler. Ils sont un instrument pour la vie en société d’aujourd’hui qui doit être maîtrisé pour être mis au service de chacun et de sa relation avec tous ». (page 231)

 

Au temps de Jésus (comme en tout temps) les malades, les exclus subissent un manque dans leur vie d’hommes et de femmes. On dit, autour d’eux, que Jésus comblait ce manque. Ils ont confiance. Ils ont foi en Jésus. « Seigneur, si tu veux (tu le peux), guéris-moi ! ». Jésus : « Comme ta foi est grande ! Va, qu’il en soit selon ton désir. » Et il fut guéri sur-le-champ, à ce moment même. « Va te montrer aux prêtres et ne dis rien à personne. »

 Discrétion.

Aucun triomphalisme dans l’attitude de Jésus. Beaucoup de personnes peuvent voir et ne sont témoins de rien. Les membres de sa famille, les scribes et les pharisiens, scandalisés dans leur conception religieuse parce que Jésus ne respecte pas la Loi, par exemple, du Sabbat, disent, les uns qu’il a perdu la raison, les autres qu’il est possédé par Satan. Jésus continue sa route. Tout cela, nous le voyons, l’entendons en lisant Marc.

Jésus, fils de Marie et de Joseph, est bien concret. Il mange, il boit, il parle, il écoute, il enseigne, il fait le bien. Les foules venaient à lui, même de loin, pour être guéries.  Jésus développe en eux leur part d’humanité. Il accomplit pour eux un accroissement de dignité, un meilleur humain. De très nombreux « bénéficiaires » disparaîtront dans la foule. L’Evangile n’en parle plus. Quelques-uns deviendront disciples. Ils se mettent à la suivre pour entendre sa parole, son enseignement, pour mieux cerner sa personne : mais, qui est Jésus qui nous parle tellement bien de Dieu, avec autorité (il n’est pas comme les bafouilleurs légalistes, scribes, pharisiens ou autres prêtres, lévites) ? Et qui est Dieu qu’on peut si fort blesser en blessant l’homme ( ?)  dit une hymne.

D’autres, enfin, deviendront Apôtres, les envoyés du Père.


Gaël Giraud, Jésuite, économiste, dans un article de « La Croix », avait (je pense en 2011) une attitude semblable vis-à-vis du capitalisme. Il écrivait que ce système n’était en lui-même ni bon, ni mauvais, ce n’est qu’un instrument, un container.  Mais il en disait tellement de mal que le lecteur pouvait se demander s’il ne jetait pas en même temps, le baigneur, l’eau du bain et la baignoire.

Le capitalisme et les mass média qui l’accompagnent ne sont-ils pas intrinsèquement pervers ? Ceci dit pour reprendre le jugement officiel de l’Eglise sur le socialisme, le marxisme.

Le débat est permanent. Quels outils, quelles techniques, quels moyens demeurent compatibles avec l’esprit évangélique - quelle Eglise ?

Je vous livre ici quelques pages qui alimenteront à merveille l’exigence du discernement.

 

Des outils.

« Malgré leur pouvoir immense, les moyens de communication de masse sont et resteront simplement des instruments, des moyens qui sont ouverts à des usages bons ou mauvais et devant lesquels on peut prendre des distances. Ils ne sont en eux-mêmes ni bons ni mauvais. Nous pouvons en faire ce que nous voulons. Le choix est nôtre. En ce sens, les médias n'appellent pas une nouvelle éthique. Ils ont besoin de l'application des principes éthiques que nous connaissons déjà dans les questions sociales en général. Tout le monde est acteur de cette éthique, les producteurs comme les consommateurs de cette matière.

Mais il faut prendre la mesure de l'importance des médias dans la société d'aujourd'hui. Ce n'est qu'un instrument, mais c'est un instrument extrêmement puissant. À cela il faudra répondre par une éthique tout aussi forte. Nous ne sommes plus simplement dans la transmission d'informations et de nouvelles. Ce sont des mass media, qui utilisent des images, qui les répètent, qui les organisent et les manipulent. Pierre Bourdieu (Sur la télévision, 1996, p.160) le disait déjà, il y a quinze ans : “Par son ampleur tout à fait extraordinaire, la télévision produit des effets qui, bien qu'ils ne soient pas sans précédent, sont tout à fait inédits” » (page 37)

Et si le mal n’existait pas, si seule comptait la sincérité, l’authenticité individuelle (page 52) ! « Pour beaucoup, l’authenticité de la vie et de l’action prime sur sa qualification morale, tout spécialement sur le plan religieux. C’est l’intensité de la vie qui compte, non son rapport au bien. Or, c’est la force du christianisme de savoir affronter le mal sans l’éviter, ce que les médias se refusent à faire. »

 

Voilà deux visions :

« Deux courants s'opposent à ces interventions de l'Église : d'abord un scientisme digne du XIXe siècle, où l'homme fait confiance à toutes les capacités de la technique et de la sience pour aller dans le sens de ce qui leur semble un progrès, avec des promesses immenses mais aussi des risques tout aussi graves. Le deuxième courant est un néopaganisme moderne qui va de la nouvelle droite d'Alain de Benoît des années 1970, au Figaro Magazine de Louis Pauwels des années 1980 et aux livres de Michel Onfray aujourd'hui, qui idéalisent un monde antique heureux et souriant, fait de sagesse et de liberté, qui aurait été perverti par le christianisme en introduisant l'idée du mal. Ces courants ne sont pas à la recherche de la grandeur de l'homme et de sa générosité mais poursuivent une liberté liée à la recherche de l'épanouissement personnel, sans prendre en compte la complexité de la nature humaine qui est faite de bonheur, de plaisir et de joie mais qui aussi doit prendre en compte les zones d'ombre et les difficultés de la vie.

La culture d'opposition à l'Église n'est plus liée à une idéologie comme lors du temps du marxisme. L'opposition était alors frontale, planétaire, à la fois philosophique et géostratégique. Aujourd'hui, il s'agit plutôt d'une culture athée et antichrétienne nourrie par de multiples initiatives individuelles, relayée par les médias » (p. 57).

 

Dans quelques jours je devrais pouvoir publier un texte de Chrétiens et pic de pétrole qui reprend ces questions touchant au capitalisme.


 


 


Par Michel Durand - Publié dans : évangile - Communauté : Christianisme
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 11:53

Un peu partout, maintenant, circule le manifeste du Collectif Roosevelt 2012

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À partir de Reporterre, (le site de l’écologie), j’ai trouvé plusieurs liens utiles à lire. Cela m’a, autrement dit, bien instruit.


Par exemple, ceci :

“Comme la crise de 1929, la crise vient d’un niveau inacceptable d’inégalités. Elle vient de la dérégulation et du libéralisme”, écrit Joseph Stiglitz. Validant les thèses de ce prix Nobel de l’économie, le collectif plutôt à gauche de l’échiquier politique tient pour responsables les gouvernements ultra-libéraux depuis Ronald Reagan aux Etats-Unis jusqu’aux politiques d’austérités imposées par le couple franco-allemand, aux avants-postes pour tenter de sauver la zone euro.

Hollande, Roosevelt européen?

Le nouveau président français, François Hollande, est donc attendu au tournant sur ces questions, et ce G8 est un premier test. Certaines des réformes prônées par Roosevelt 2012 faisaient partie de son programme électoral comme la taxe Tobin ou la séparation des activités des banques. Si bien que certains l'ont surnommé le Roosevelt de l'Europe, comme l'économiste Thomas Piketty. Une expression reprise par la presse grecque qui subit de plein fouet l'austérité.


Dans l’article : « lancement du collectif Roosevelt, je lis :

 

« Les gouvernements sont sommés de s’exécuter ou de laisser la place à des « experts » comme on l’a vu déjà en Grèce et en Italie. À la place d’un retour nécessaire du politique permettant de s’attaquer pour de bon à la régulation des marchés, on assiste à la mise en œuvre de programmes d’austérité qui aggraveront la crise sociale et réduiront les moyens de traiter l’enjeu écologique. Le résultat, c’est la préparation de situations de chaos écologique et social porteuses de risques de conflagration et pains bénis pour les logiques autoritaires de toutes obédiences, à l’instar de la crise des années 1930. Comme alors, après la démocratie, c’est la paix elle-même qui se trouvera menacée » (Texte commun adopté par de nombreuses organisations de la société civile à la veille d’un forum civique organisé à Grenoble fin janvier 2012).

 

Bref, suivant les liens, il est bon de se pencher sur la question.

 

A Paris, dans la Crypte de Notre dame de la Croix de Ménilmontant, du 20 au 22 juin 2012, un groupe de chrétien convoque pour prier et jeûner.

Ils disent :

« Nous organisons un jeûne d’interpellation et de solidarité, car nous sommes conscients qu’une conversion individuelle et collective est plus que jamais nécessaire pour répondre aux défis de la crise globale (écologique, économique, sociale, spirituelle…) que nous traversons. Cette conversion ne se fera pas sans une adhésion totale de notre être. Par le jeûne et la prière, nous souhaitons nous engager sur le chemin de cette conversion. Nous choisissons la date symbolique du 20 au 22 juin, moment où se tiendra le sommet de la terre Rio+20. Le sommet de 1992 avait apporté beaucoup d’espoir et initié des réalisations positives mais insuffisantes. Or nous constatons que la dégradation des milieux naturels s’est accélérée, notamment à cause de l’effet de serre, de l’érosion de la biodiversité, du prélèvement et du commerce des espèces, de la destruction des sols, de la pollution grandissante de l’air, de l’eau, des sols, des manipulations génétiques, des brevets sur les semences… Les conditions de vie d’une majorité de l’humanité se trouvent ainsi aggravées. Face à cette réalité, nous choisissons de ne pas détourner notre regard et d’endosser notre responsabilité, en tant qu’humain et que chrétien, et de nous élever contre cette exploitation abusive de la Terre et contre sa marchandisation. Nous avons décidé de soutenir les milliers de négociateurs de Rio par la simplicité et la force de la prière, du jeûne, de la beauté et de la joie partagée. Nous sommes convaincus que des solutions économiques ou technologiques -fussent-elles vertes, ne suffiront pas et qu’une modification de nos structures et organisations est incontournable, mais cela nécessite aussi une conversion massive des consciences ».


Qui sont ces citoyens ?

Pourquoi ne pas agir de la sorte ?

Faut-il unanimité politique pour obtenir de mille façons la fin du capitalisme ?

Qu’en dites-vous ?

 

L’Église de plus en plus parle de ce problème.

Voir « Enjeux et défis écologiques pour l’avenir »

N’est-ce pas encore timide ? Même si, certes, il y a une meilleure prise de conscience. On y lit dans ce petit texte :

« Mais ce développement se caractérise par une consommation qui n’a pas de limite et qui conduit inéluctablement à ce constat que font les scientifiques : l’épuisement des ressources naturelles, les changements climatiques, la dégradation des écosystèmes, l’appauvrissement de la biodiversité »…

« Pourtant, nous savons aujourd’hui que la croissance matérielle n’est pas illimitée et qu’elle peut brusquement s’arrêter ».

Entendre le point de vue de Laura Morosini 

 

A suivre,... par exemple en venant ici, on y trouve plusieurs liens sur la question.

Toujours, me semble-t-il, il convient de se demander si la racine du problème est enfin atteinte : le capitalisme... Voir "Chrétiens et pic de pétrole"

"C’est dans la traduction collective de cette vie sobre que les tous les chrétiens, de toutes les Eglises, (les institutions comme les laïcs), doivent s’engager. Cela ne se fera pas sans remise en cause de la perte de responsabilité qu’engendrent la science, le néolibéralisme, le centralisme de l’économie ou le mythe de la croissance infinie dans un monde aux ressources limitées."



Par Michel Durand - Publié dans : chrétiens et pic de pétrole - Communauté : Christianisme
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