Pour bien veiller, il faut avoir bien dormi. En Eglise, nous établissons des tours de garde ; étude d’évangile au premier dimanche de l’avent

Publié le par Michel Durand

Jésus-Christ, enseignant, fresque de la basilique San Giorgio à Rome, XIIIe siècle

Jésus-Christ, enseignant, fresque de la basilique San Giorgio à Rome, XIIIe siècle

premier dimanche de l’avent, 3 décembre 2017

Je pense que les paroles de Robert Daviaud trouvées sur le site des paroisses de Montaigu et La Bruffière donnent une juste orientation pour penser l’étude de l’Évangile à la manière du Père Chevrier. Il s’agit de « connaitre, aimer, suivre Jésus de près au cœur de notre vie.
À partir d’une approche simple de l’Écriture, il s’agit de laisser l’Esprit Saint, fortifier notre Foi, nous aider à mieux prier et à traduire en actes les fruits de notre méditation.
Accueil communautaire et priant de la Parole de Dieu en lien avec notre vie, à l’école du Bienheureux Antoine Chevrier ».

En cette période d’Avent, comme en 2018 pendant le Carême, je compte rédiger une page qui e voudrait être le reflet de l’étude d’Évangile tenue dans une salle de la chapelle du Prado à Lyon 7ème.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 13,33- 37

Nous faisons une lecture à haute voix. 

Suit une relecture personnelle. Temps de méditation silencieuse. Pendant ces 10 ou 15 minutes, chacun note ce qui le marque, le touche. Vient en suite un partage.

Je note ici même ce que j’ai retenu de l’échange en l’organisant quelque peu pour offrir une méditation lisible par tous. 

Veiller, c’est ne pas s’endormir. C’est une action. Pour veiller, il faut agir sans trop se soucier de l’avenir, du futur. Je ne sais pas de quoi sera fait demain. J’ignore ce que sera le futur. Je dois quand même être actif. Veiller quand même ; veiller malgré tout ; veiller toujours. Ne pas s’assoupir. Et, pour qu’il en soit ainsi, pour ne pas dormir ou somnoler, il convient de ne pas être trop bien installé. L’appel à la vie sobre à la pauvreté selon l’Evangile trouve ici sa place comme garantie de vigilance. 

L’image du portier est importante. C’est lui qui surveille ce qui se passe dans la maison, qui entre et qui sort. Du reste, la maison de cette parabole est grande. Il y a toujours quelque chose à faire. Est-ce un bâtiment ou une maisonnée ? une famille : l’Église ? Je pense que la parabole donne à penser à ces deux réalités qui sont complémentaires. La famille Église a, de toute façon, besoin d’un toit, d’un abri contenant tous les membres de la famille. Les disciples sont ici comparables aux serviteurs de la maison. « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment ».

C’est justement parce que nous ne savons pas quand sera la fin, le juste moment du retour, que nous devons veiller. Veiller pour que tout ce qui est à faire soit fait. Et le maître des lieux donne toute autorité, tout pouvoir pour que la tâche à accomplir le soit parfaitement. La Tob écrit : «  il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller ». Cela montre toute la confiance que le Maître de la maison, le Seigneur, nourrit envers ses serviteurs. En fait, que le Seigneur vienne plus tard, ou jamais… c’est comme s’il était toujours là. Nous agissons en permanence sous le regard du propriétaire de la maison. Et je pense ici, à la maison commune, la Terre sur laquelle nous sommes appelés à veiller écologiquement ainsi que le rappelle François : « . Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés. L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune ». « Le monde et la qualité de vie des plus pauvres sont préservés, grâce à un sens solidaire qui est en même temps la conscience d’habiter une maison commune que Dieu nous a prêtée » Lire dans Laudato si’. 

Veiller ; toujours veiller. Le Seigneur vient à tout instant. Il nous accompagne ; sans cesse, nous sommes invités à l’accueillir. L’attente du retour du Seigneur consiste à être en permanence dans le Seigneur, à être en permanence dans un état de vigilance pour accueillir tout le monde sans se laisser prendre par les soucis de ses affaires et problèmes personnels. Dans cette tâche de vigilance, les autres nous stimulent. C’est le rôle de la communauté, du petit groupe jusqu’à l’ensemble de l’Eglise en passant par l’Eglise locale, la paroisse. 

Soyons vigilant pour ne pas laisser l’opposition attaquer. N’est-ce pas le rôle du portier ? En écrivant cela je pense à Jacques, un pasteur réformé qui, alors que nous marchions samedi vers 15 h 30 dans la manif de soutien aux migrants, m’expliqua que, pendant la prière œcuménique de clôture du 500ème anniversaire de Luther en l’Eglise Saint-Irénée, un groupe de jeunes catholiques au chant de « Je vous salue Marie » ou « Salve Regina », força l’assemblée à se réfugier dans la crypte, trop petite pour un tel rassemblement. Se trouvant seuls dans la grande église, ils se déclarent dans le message déposé dans leur site, vainqueurs.

Plus que jamais la division entre chrétiens s’installe dans l’unique Eglise du Christ. Soyons vigilants. Nous ne pouvons jamais nous endormir sur ce qui est acquis. La permanente étude de l’Evangile nous aide à la vigilance. La communauté veille à ce que je chacun assume pleinement son rôle. 

« S’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là (aux disciples), je le dis (aussi) à tous : Veillez ! »

Enfin, notons-le, pour bien veiller, il faut avoir bien dormi. En Église, nous établissons des tours de garde. 

 

 

Publié dans Eglise, Témoignage, évangile

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