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  • Michel Durand
  • En manque d'Eglise
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  • 31/01/1942
  • France Lyon
  • musique art voyages nature lecture
  • Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir été serveur de restaurant et en paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Je me suis alors intéressé à l'art contemporain et à l'iconographie chrétienne. Ce fut l'occasion, avec Conf

Communautés

Dimanche 15 août 2010 7 15 /08 /2010 16:10

Si vous souhaitez lire une étude sur ce mot "Assomption", je vous invite ici.

 

Comme d'habitude mon homélie se trouve sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la croix-rousse.

 

Assomption_Poussin.jpg

Signification et origine de la fête de l’Assomption 

 L’Assomption (du latin adsumere, « prendre avec soi ») est une fête chrétienne célébrant le jour de l’entrée de Marie au Ciel.
A Jérusalem au VIème siècle, l’Assomption portait le nom de la fête de la Dormition (sommeil de la Vierge et élévation de l’âme seule). C’est vers 594 à Rome que le terme « Assomption » a été pour la première fois formulé.
La résurrection de Marie, Mère de Dieu, représentée à Rome par une fresque de la basilique souterraine de Saint-Clément, n’a pourtant été reconnue par les catholiques que le 11 octobre 1954, après la publication par le pape Pie XII du dogme de l’Assomption. 


Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /2010 00:00

Le culte ne se réduit pas au culte eucharistique ; nous le savons tous. Et pourtant, dans le catholicisme, on constate l’absence de culte dès le moment où il n’y a plus la possibilité d’un prêtre pour célébrer l’eucharistie, le rassemblement du dimanche que, à tort, on appelle « la messe ». « Messe » signifie que c‘est terminé, que l’on va quitter le bâtiment-église pour annoncer à toutes personnes les bienfaits reçus.

2010 0012

Office du vendredi saint à Saint Polycarpe,

photographie de Andrzej Haladuda, New-York, BASA 2009


Le dictionnaire donne cette définition : Cérémonie catholique pendant laquelle le célébrant (un prêtre ou une personne l’assistant) lit et commente des passages de la Bible, récite ou chante des prières ou des louanges avec les fidèles et sacrifie symboliquement le corps et le sang de Jésus-Christ en consommant du pain et du vin.

Les mots pain et vin sont très réducteurs de la réalité vécue. Mais, enfin, ce n’est pas sur ce sujet que je souhaite m’expliquer aujourd’hui. Au contraire, je voudrais dire qu’il y a une profonde communion avec Dieu, par le Christ, dans l’Esprit même en dehors de l’Eucharistie et qu’une église, de la petite maison-église jusqu’à la grande et splendide basilique offre un écrin pour la prière des chrétiens.

Comment ceux-ci entretiennent-ils leur église de quartier, de village ?

Je ne parlerais que des deux dernières expériences que j’ai vécu en tant que curé : la Sainte-Famille à Villeurbane et Saint-Polycarpe à Lyon.


À Villeurbanne, sur le terrain où se trouve le presbytère il y a deux églises. Une chapelle –qui pourrait recevoir de titre paléochrétien de « maison église » de 180 places environ- et une grande église de 1926, style art déco, de 700 places. Quand je suis arrivé comme curé sur cette paroisse la grande église était fermée, envahie par les pigeons et divers meubles mis aux rebus. Les prêtres sur plusieurs mandats, les paroissiens estimaient avec raison n’avoir pas besoin d’un lieu aussi grand pour l’office dominical rassemblant moins d’une cinquantaine de personnes à l’époque.

Je me pose alors la question : pourquoi confisquer, réduire l’église à l’unique messe dominicale. D’autres actions peuvent exister. Le chant, la musique instrumentale, les arts plastiques peuvent dégager des occasions de louange, de prière, de culte. Même pour la seule dimension patrimoniale, ce beau bâtiment doit vivre, revivre.

J’ai commencé cette renaissance avec les arts plastiques et, avec la logistique de l’association Confluences, nous avons organisé la première biennale d’art sacré actuel (ou contemporain). Il a fallu, avec les moyens du bord, nettoyer, réparer, rendre le lieu viable. Ce ne fut pas facile avec le risque angoissant, risque permanent de fuites d’eau provenant du toit où quelques tuiles étaient cassées. Comment protéger les œuvres exposées ?

Tout s’est, malgré tout, bien passé. L’exposition a eu du succès et une deuxième biennale fut décidée. Cette initiative, liant culte et culture, intéressa le Mairie de Villeurbanne qui devint partenaire. La deuxième exposition a pu se développer dans une église bellement repeinte et à la toiture sécurisée. Les grands rassemblements eucharistiques annuels recevant beaucoup de monde, dimanche des Rameaux, première communion purent se vivre dans la grande église, l’absence de chauffage y étant, au printemps, acceptable. Et nous avons eu des concerts unissant tous les arts : musique, peinture, sculpture, parole.

stefamille-copie-1.jpg

BASA 2002, Sainte-Famille, Villeurbanne


A Saint-Polycarpe à Lyon, en tant que curé, j’ai trouvé ce même problème des églises vides, abandonnées, inutilisables. Saint Bernard, au moins 1000 places, menaçait de s’écrouler vers sa façade. La municipalité décréta sa fermeture par sécurité. Ne pouvant y accéder, dans la ligne des curés précédents, j’ai sollicité sa désaffectation. La société civile avait le projet de démolir l’édifice ; alors, une association patrimoniale se constitua pour défendre le souvenir de ladite « église des canuts ». Les travaux de sécurisation des murs, lourds travaux, sont terminés. Mais l’église demeure inutilisée.

L’église Saint-Polycarpe demeure le lieu où se rassemblent des chrétiens ayant choisi cette communauté. Un petit groupe. Beaucoup de salles, de chapelles –sur deux nivaux- étaient utilisées comme débarras, ateliers : menuiserie, imprimerie. Arrivé sur ce lieu paroissial, je me suis tout de suite dit qu’il convenait d’entreprendre un travail patrimonial pour rendre le bâtiment à lui-même. Plusieurs bennes et de nombreux bras furent nécessaires. Après trois années de dur travail, le résultat est splendide. La propreté et la brillance du sol, le blanc des murs des salles du haut en témoigne. Il me faut, ici, absolument remercier Omar et Robert sans qui nous n’aurions pu aboutir. La huitième basa se tiendra ici pour la troisième fois.

Le problème que nous rencontrons actuellement est l’entretien de ces immenses surfaces. Nous ne sommes pas assez nombreux pour que tout soit toujours totalement parfait. Et comme beaucoup de lieux dans l’église sont agréables à voir, on regrette de plus en plus que les murs ne soient pas très propres. On image ce que pourrait être ce lieu du XVIIe avec de belles peintures blanches, gris clair, et stucs : angelots, feuillages dorés. Dans ce travail patrimonial et culturel, nous ne sommes pas arrivés à obtenir le soutien de la Mairie qui à la 7ème biennale n’a pas répondu positivement à notre demande de partenariat.

Pour continuer la photographie du quartier, il me faudrait parler de l’église du Bon Pasteur. Je m’abstiens, la situation est plus que grave et d’autres en ont parlé. Avec ce lieu, on rejoint les problèmes évoqués à Saint-Bernard : comment les citoyens que nous sommes pouvons-nous supporter la présence de bâtiments vides, beaux en eux-mêmes, pleins de potentialité. Comment croiser, en hiver, un sans-abri sous la pluie et regarder ces lieux vides ? Comment entendre les recherches d’artistes qui travaillent à l’éveil et à l’enrichissement humain des femmes et des hommes de ce temps et admirer ces lieux vides ?

Il me semble que là, la responsabilité des habitants voisins est engagée. Ces édifices, désormais propriétés de l’État depuis la loi de 1905, appartiennent au peuple. Même s’ils ont été voulus par un monarque politique pour le maintien des ouvriers dans les bonnes mœurs (fin XIXe.), ils appartiennent à tous et à toutes. Alors, ces gens doivent être consultés.

De plus, je vois la responsabilité et l’engagement des chrétiens à ce niveau. En effet, les baptisés attachés par des liens d’amour au Christ ne peuvent abandonner à la poussière ce que le patrimoine a légué. Certes, pour prier et vivre le commandement de l’amour nous n’avons pas besoin de murs ; mais, quand ils existent, reconnaissons qu’ils sont bien pratiques. Ils dégagent une part du message évangélique que nous avons à porter. Autrement dit, un lieu, même quand il n’est pas animé par une présence eucharistique qui requiert l’existence d’un prêtre, est animé par le souffle de l’Esprit donné au baptême et lisible dans le sens de la construction. Toute personne agissant au nom de l’Évangile dans une église opère un acte cultuel. Cela sera fait avec une culture déterminée qui montre l’inévitable alliance du culte et de la culture. Reprendre l’article de la loi de 1905 de la séparation de l’église et de l’état en disant que l’église ne peut qu’être affectée à un usage exclusivement cultuel relève d’une étroitesse d’esprit qui semble ignorer toute la jurisprudence à ce propos. Chapitre à étudier. Ne l’ai-je pas déjà dit : les laïcistes et les piétistes opèrent dans le même sens : confiner les chrétiens dans les sacristies.

Pour qu’il en soit autrement, il importe que les paroissiens non seulement entretiennent leurs locaux, mais aussi les habitent par la prière, la musique, la parole, les arts plastiques qui commencent par un souci régulier d’entretien. Je regrette de ne pas avoir ce témoignage dans de nombreux lieux où manque le clergé. Le christ n’est pas présent au milieu de nous parce qu’il y a un prêtre, mais parce que deux ou trois se réunissent en son nom. Il est grave de voir des églises fermées, réservées pour le futur, en attende de communautés sacerdotales où la plénitude des sacrements pourraient être vécues.

Par Michel Durand - Publié dans : Bon Pasteur - Communauté : Christianisme
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /2010 22:54

Grenoble est décidément une ville tout à fait étonnante… on y voit des animaux curieusement affublés – tenez, ce matin, sur les coups de huit heures trente, voilà ce que j’ai vu : un pigeon avec une collerette, un pigeon portant une collerette, un peu comme celles dont les chiens sont affublés lorsqu’ils ne doivent pas se lécher ou


COLLERETTE.jpg

 

se mordiller la chair… mais un pigeon, franchement ! Je m’approche… je cadre, et il est dans la boîte. Je pense maintenant que vous avez compris – l’appétit des pigeons étant véritablement insatiable, celui-ci a du vouloir picorer un peu de quelques choses dans un gobelet mal nettoyé, de ceux que l’on trouve dans les fast-foods, et qui ont un couvercle en plastique dont l’ouverture peut aisément laisser entrer la tête… d’un pigeon par exemple, sans plus la laisser sortir, ensuite… un retour, une marche en arrière interdite, tout du moins difficile. J’ai alors tout de suite pensé à nous – aux hommes – aux hommes de cette Terre si souvent gourmands et même plus que gourmands (tout du moins pour les pays dits, développés), grands consommateurs en toutes choses, si difficiles à contenter, à rassasier ; insatiables d’une manière générale, et nous savons pourtant que la Terre et la Planète s’épuisent, grandement ; et nous savons aussi, dans un autre domaine qui n’est pas tellement autre, que certaines banques américaines ont récemment un peu fait n’importe quoi en vue de capitaliser à outrance et de s’enrichir au-delà du possible – ; seulement, il arrive que le fauteur de troubles, ou que le coupable, n’est pas toujours celui ou celle qui paye et se laissant prendre la main dans le sac, le cou dans une entrave… juste pour exemple : les pays du Sud qui subissent de plus en plus souvent certains cataclysmes générés par le dérèglement climatique, engendré, lui, pour une bonne part, par les pays du Nord ; le fauteur, là, en l’occurrence, n’est  pas le payeur… pour les banques et leurs (petits) clients, j’ai bien peur que ce soit encore un peu la même chose : les petits ont payé pour les gros, mais c’est une vieille histoire… Enfin, revenons à nos moutons, à nos pigeons… j’étais bien le seul, là, au beau milieu de la Place Victor Hugo, à remarquer un pareil événement, cette singularité animalière, oui, cette anomalie-animalière..., il faut dire qu’à cette heure-là, tout le monde est déjà au travail, je veux dire, les passantes et passants qui se trouvaient dans le secteur à marcher à grands pas avaient déjà l’esprit tout occupé à plus ou moins se réjouir du travail qui les attendait. Bon. Retour à la maison pour moi… tram de la ligne « A », je monte dans la rame – « Oh !... Salut Claude ! Comment va ?... », un copain se trouve assis, là, il me dit que c’est OK pour lui, et je lui parle aussitôt de ce que je viens de voir et de photographier… je sors l’appareil et lui montre le cliché, il éclate aussitôt d’un joyeux rire sonore – Claude est comme ça : quand il rit, il ne rit pas à moitié, il rit à fond, et il le fait savoir… Et puis il me raconte une autre histoire, une autre histoire de pigeons : ce sont deux pigeons qu’il a vus en centre-ville il y a quelques jours… l’un nettoyait l’autre avec le bout de son bec, autour des yeux et du bec de son congénère ; et vice et versa – Claude avait été étonné de voir une pareille chose… il ne pensait pas que de simples pigeons puissent se toiletter mutuellement et ainsi prendre soin l’un de l’autre… une belle leçon animalière… une belle leçon d’humanité finalement ; alors, vous comprenez bien que dans toute cette histoire, dans ces deux histoires en l’occurrence, il y a bel et bien deux chemins, deux options, parfois difficilement conciliables… l’une vaguement égoïste ou l’on finit tôt ou tard, in fine, par se trouver coincé, entravé, piégé, plus ou moins prisonnier ; et l’autre qui est de relation, d’aide et de rencontre. De gratuité aussi. À nous de choisir si nous voulons voler, le ciel est si beau…

 

Jean-Marie Delthil. 2 avril 2010


Par Michel Durand - Publié dans : J. M. Delthil - Communauté : Christianisme
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Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /2010 21:42

91228_2.jpg Un jour, un artiste, encore peu connu, frappa à la porte d'un "homme d'Église " qui avait l'habitude d'organiser des expositions. Il voulait que celui-ci prenne connaissance avec son travail, espérant trouver auprès de lui un bon accueil. Son art est foncièrement spirituel, parfois religieux et souvent chrétien. Il explique que toutes ces qualifications sont délicates et avoue ne pas trop savoir comment les utiliser quand on lui demande de présenter ses créations.

Ce dont il est certain c'est que les galeristes ne veulent pas de ce genre spirituel trop marqué de convictions personnelles.

Son art semble excellent. Très fort. Personne ne peut rester indifférent devant lui.

Comme l'organisateur d'expositions le fait avec toute personne, il parle à l'artiste encore peu ou inconnu de la "Commission ". Celle-ci doit intervenir dans la décision d'une exposition, car il importe de se protéger des coups de cœur en s'efforçant de respecter divers critères, les mêmes pour tous, en essayant d'être le plus neutre possible dans les choix, afin d'éviter toutes formes de purs "copinages ".

La Commission se prononce en faveur d'une exposition de ses toiles.

Un plan de travail est alors dressé : communication, accrochage, contact presse et, bien évidemment, budget. Même si aucun argent n'est gagné avec l'art des exposants, il n'est pas question d'en perdre ; les moyens d'action que possède la Commission ne le permettent pas. Et, par prudence, le plus grand soin est pris pour expliquer que, si au XVIIe siècle, l'Église pouvait encore être mécène, il n'en est plus question aujourd'hui. Cela dit très clairement, le planning des tâches à faire est établi, des engagements pris, un accord signé.

 

Plus tard, bien plus tard, un artiste très connu dans le monde des arts contemporains se présente au Prince. Il souhaite être invité dans l'édifice le plus en vue de la ville. Son CV d'artiste est imposant. À chaque page on y voit ses entrées à la Drac (direction régionale des affaires culturelles), à divers musées d'art contemporain. L'État lui commande des œuvres monumentales notamment pour des églises construites avant 1905. De nombreux ouvrages présentent ses réalisations. Il n'a rien à prouver, dans l'art abstrait c'est un bon, un très bon. Le meilleur ? Mais, qui est le meilleur ? Est-ce celui dont le prix est élevé sur le marché ?

Le Prince, enthousiaste, accepte de le recevoir et présente son " invité " à ses serviteurs, lesquels, ne connaissant pas le monde des arts plastiques, demandent de l'aide. Alors, l'un d'eux convoque aux rendez-vous fixés l'homme d'Église, organisateur d’exposition qui avait reçu l'artiste peu connu. Hélas, aux deux premiers il n'est pas disponible et une grave question se pose à sa conscience : doit-il décommander ses engagements avec le pauvre artiste inconnu qui l'a contacté il y a longtemps pour être disponible à cette demande, à celui qui vient d'arriver ?

Il n'en est pas question ; aussi, notre homme d'Église sollicite l'un des serviteurs du Prince pour que l'on puisse opérer des consultations afin d'ajuster les agendas des uns et des autres. – impossible, Monsieur l'artiste est trop occupé, tout et déjà organisé, on ne peut pas revenir en arrière.

Première rencontre, deuxième rencontre… Le plan d'accrochage, d'abord prévu avec les moindres frais, change. Divers services officiels manifestent leurs exigences. Impossible d'agir sans en tenir compte. Les dépenses augmentent malgré les interventions de l'intendant qui s'efforce par tous les moyens possibles de limiter les frais. De toute façon, comme aucun budget n'avait été établi, l'artiste étant " invité ", il faudra bien régler les factures liées à l'accrochage des œuvres selon ses désirs.

 

Selon vous, entre ces deux artistes lequel aura la faveur de Dieu, Père-Fils-Esprit ?

Jésus ne dirait-il pas que celui qui est le plus petit, le plus humble, le moins connu obtienne la première place ?

Par Michel Durand - Publié dans : Art - Communauté : Christianisme
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Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /2010 20:57

Ensemble, une Eglise pour demain.

La  paroisse lyonnaise Saint Maurice-Saint Alban a conçu avec l’aide de  professionnels qualifiés un questionnaire, titré : « Ensemble, une Eglise pour demain », expression pleine d’espérance, envoyé à 650 familles ou personnes du quartier, par le moyen de son mensuel « Côté-Soleil »

Aujourd’hui, le même mensuel publie, sous le n° 170, les 286 réponses exprimées par écrit, dépouillées, classées… avec rigueur professionnelle.

286 réponses sur 650 questionnaires donnent un taux de 44%  de participation : ce qui est déjà un vrai succès et le succès n’est pas que dans les chiffres, mais aussi dans les richesses d’informations fournies par la somme de ces réponses.

  88312_2.jpg  

1 - DES  CONFIRMATIONS…

     Ce que disent les paroissiens de Saint Maurice-Saint Alban confirme des constats faits ailleurs sur le territoire de l’agglomération, par exemple :

     

    1.1. Les communautés paroissiales rassemblent des personnes plus âgées que la moyenne des habitants du quartier… les femmes y sont en majorité… les personnes de milieux socio-professionnels du haut de l’échelle s’expriment volontiers… les ouvriers ne s’expriment pas (alors que sur le quartier de St Maurice, ils représentent 15% de la population), constat susceptible de poser la question vitale pour la fidélité de l’Eglise à sa mission : « les pauvres sont-ils évangélisés ? ». Cf. Lc. 4, 18-19 ; Mt. 11,5.

    1.2. Comme celle de Saint Maurice-Saint Alban, les communautés actuelles essaient de rassembler des hommes et des femmes dont le parcours personnel respectif : familial, social, culturel, optionnel… peut être différent, voire opposé à celui du voisin, avec qui le « vivre ensemble » ne va pas nécessairement de soi, déjà dans la Cité. Pour le prêtre qui a charge pastorale de conduire la communauté, de « rassembler » des personnes ainsi marquées, relève du challenge. Qui s’en étonnerait ? Il en fut ainsi dès les débuts du christianisme. Cf. Ac. 15, 1-19 ; 1 Co. 1, 10-17 ; 11, 17-34.

    1.3. Les réponses confirment encore un phénomène aperçu ailleurs, d’une nette évolution de mentalité, même si, ici ou là, il y a encore des retards dont il serait pastoralement honnête d’analyser les causes et de les mettre au jour – d’une mentalité confortable du chrétien consommateur de liturgie et de paroisse – comme dans les décennies précédentes – à une mentalité d’acteur responsable de la vie de la Communauté qui se limite aux seuls espaces liturgiques…

     

    Ces trois exemples n’épuisent certainement pas la liste des réalités pastorales traitées dans les réponses à l’enquête « ensemble, une Eglise pour demain » qui se retrouvent ailleurs sur la table des réflexions de discernement pastoral d’autres paroisses et secteurs urbains. Ces réalités comportent des appels à la conversion et des propositions pour préparer demain.

     

    2 - APPELS A LA CONVERSION :

     

    Le terme « conversion » ne renvoie pas en l’occurrence à un combat spirituel pour assurer une meilleure gouvernance de sa propre vie personnelle, il renvoie à des changements opportuns des postures pastorales communautaires et, spécialement, dans la relation à Vatican II ; à la mission des laïcs et à la communication avec les hommes et femmes d’aujourd’hui.

     

    2.1.   La conversion à Vatican II.

    Avec le franc-parler qui caractérise l’ensemble des écritures-réponses au questionnaire, il est question de la fidélité ou de l’infidélité à l’Esprit et aux textes de Vatican II par exemple, un paroissien écrit : « l’Eglise institutionnelle ne semble t-elle pas, avoir tourné (ou un peu) le dos à Vatican II… »

     

    En d’autres termes, le Cardinal COTTIER, lié au Vatican, dénonce le colossal oubli de Vatican II… une perte massive de la mémoire . Cf. « Le concile de Vatican n’est pas terminé »  Le journal de La Croix du 20.05.10.

     

    De différents côtés des voix, aussi autorisées que celle du Cardinal romain, s’élèvent pour inviter à re-visiter le Concile. Il est encore très heureux qu’à ces premières voix, viennent s’ajouter d’autres voix, issues de laïcs, comme celle du paroissien de Saint Maurice qui l’a dite en répondant à l’enquête. VOX POPULI, VOX DEI.

    Les développements que l’Eglise en marche, guidée par l’Esprit-Saint, a approuvés et publiés, au terme du Concile ont maintenant besoin de l’assentiment de tous.

    Le prochain anniversaire, en 2012, de son ouverture au Vatican, à Rome, sera une occasion providentielle à saisir pour effectuer une « véritable conversion » pastorale aux textes conciliaires.

     

    2.2.   La conversion a donner aux laïcs la place qui doit être la leur.

    D’une manière massive, les assertions suivantes, proposées par le questionnaire, à savoir :

    « l’Eglise catholique est davantage  une institution pyramidale qu’une communauté de frères et de sœurs co-responsables de l’annonce de l’Evangile »  et « la compétence des laïcs n’est pas assez prise en compte » ;

    Ont reçu : la première 61% des suffrages d’approbation ; et, la seconde, 71%. Il est difficile de récuser les chiffres et le sérieux avec lequel les premiers intéressés se sont exprimés.

    La difficulté pratique à reconnaître aux chrétiens laïcs leur identité théologale et sacerdotale, exercée au sein de la Communauté chrétienne et dans le monde ne date certainement pas d’aujourd’hui. Il y aura bientôt 50 ans que le P. CONGAR o.p., théologien engagé dans la préparation du Concile, non seulement constatait que des prêtres ne croyaient pas assez à l’apostolat des laïcs, mais il essayait encore sans donner une raison : « si les prêtres ne croient pas assez à l’apostolat des laïcs c’est, sans doute, parce que d’abord ils ne croient pas assez à l’homme » cf. « les laïcs dans la vie de l’Eglise » Paris, 1963, p.131.

     

    Pour conclure ce point, quelques rappels opportuns de Vatican II :

    1) les baptisés participent, eux aussi à l’unique sacerdoce du Christ, cf. L.G. 9 et 10, avec appui sur He. 5, 15 ; 1 P. 2,  4 à 10 ; Ap. 1,6 ; 5, 9-10 ;  

    2) ils jouent un rôle propre  dans l’action liturgique, cf. L.G. 9, 11 ;  

    3) Ils consacrent le monde à Dieu, cf. L.G. 12, 34-35 ; G.S. 43/1 ; 

    4) ils sont habilités à prendre les décisions qui s’imposent dans leur milieu de vie, cf. G.S. 43/2 ;  1 P. 2,5 et L.G. 34.

    La reconnaissance de la dignité et de la mission du chrétien est une  des conditions certaine de bon fonctionnement des relations entre prêtres et laïcs.

    D’une autre façon toute aussi prégnante, le Pape Benoit XVI lui-même, confirme qu’il y a nécessité d’un changement de mentalité – de conversion – dans l’Eglise, « surtout à l’égard des laïcs pour promouvoir dans le respect des vocations et des rôles… la co-responsabilité de tous les membres du Peuple de Dieu ».  cf. Benoit XVI, en visite pastorale dans la paroisse Saint-Jean de la Croix, à Rome, le 7 mars 2010. cité par « Côté-Soleil » n° 170, juin 2010.

     

    2.3.   La conversion à un langage plus proche de celui des hommes et femmes de ce temps :

    Au temps du Saint Curé d’Ars, particulièrement honoré cette année, le problème de la communication entre lui, le pasteur et les fidèles, les habitants du village ne se posait pratiquement pas parce que l’un et les autres participaient tous à la même société, paysanne, rurale, encore marquée par les ressources d’un humus chrétien peu atteinte pour l’heure, par des médias extérieurs.

    Aujourd’hui, les paroissiens de Saint Maurice – Saint Alban sont à longueur de semaine, voire de journée, informés par plusieurs médias, reflets de la Cité humaine actuelle, incertaine. Le langage sociétal qu’ils diffusent et finissent par imposer « n’est plus le nôtre » écrit un paroissien. Il y a un vrai problème de communication que la politique de l’autruche ne saurait résoudre.

    Par ailleurs, la conviction est que « l’Eglise doit rester au cœur de ce monde et des hommes… s’adapter pour maintenir le chemin ».

    Si la Pastorale est aussi une discipline, ses agents évêques, prêtres, baptisés, doivent consentir à « se mettre assidûment à l’étude pour assumer leur responsabilité dans le dialogue avec le monde et les hommes de toutes opinions ». Cf. G.S. 43/5 .  Un exemple source :  Le nazaréen, fils de Joseph le charpentier a pris plusieurs décennies de sa vie d’insertion dans la vie économique, sociale, religieuse, politique… pour acquérir au fil des jours un langage humain capable de compréhension pour tous, à tel point que « jamais homme n’a parlé comme cet homme » selon l’expertise policière de ceux qui avaient été chargés de l’arrêter, cf. Jn. 7, 46. Bien plus, son langage de berger est devenu celui dans lequel les brebis se reconnaissent, vivent et avancent, cf. Jn. 10, 1-5.

     

    CONCLUSION

    La problématique de l’enquête « Ensemble, une Eglise pour demain » est d’abord paroissiale. Il serait opportun que d’autres communautés chrétiennes de la Cité entreprennent des enquêtes dont la problématique serait plus globale qui engloberait à la fois et l’inter-paroissial et la présence à la ville.


    Robert  Beauvery

    Par Michel Durand - Publié dans : Eglise - Communauté : Christianisme
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