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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

Communautés

Lundi 5 mai 2008
Elle se trouve sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe.
par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
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Dimanche 4 mai 2008

Le commerce maritime, d'abord entre les mains des Portugais, perturba les échanges terrestres caravaniers. Ports et comptoirs s'installant sur les côtes, les routes au travers des déserts perdirent de leurs influences. Leur déclin est lié à une nouvelle forme d'entreprise intercontinentale. C'était le début de la colonisation des terres du Sud par les villes du Nord dotées de pouvoirs financiers et politiques nettement supérieurs. La découverte des Nouveaux Mondes commence par un pillage qui augmente qui augmenta pouvoir et richesse des Occidentaux.

Esclavage, puis travail forcé favorisèrent économiquement les riches pays de l'hémisphère nord. Cela, nous le savons tous. Ce qui m'étonne, c‘est que ce lourd passé historique semble ne pas nous interroger.

Quel droit un européen aurait-il de se rendre en Afrique afin de s'y installer durablement sans partager avec les autochtones ?

J'ai entendu dire que, à l'époque de la colonisation, les terres non européennes étaient vides, ou presque, et que venir les exploiter n'était que bénéfice pour tous. Est-ce bien vrai ?

L'opinion affirme généralement que si les Européens étaient dans leur droit au tout début de la colonisation, aujourd'hui, il n'est plus possible de migrer hors de chez soi pour travailler afin de vivre décemment ou, au moins, mieux que sur la terres des parents. La terre est désormais occupée, trop occupée. Il n'y a plus de place pour n'importe qui, pour tout le monde.

Dans ce contexte, il n'est pas rare d'entendre que la France (on dit, maintenant, l'Europe) ne peut recevoir toute la misère du monde. Qu'un paysan européen, audacieux, quitte une terre ingrate n‘est pas perçu de la même façon qu'un paysan africain, audacieux, voulant quitter une terre stérile.

Deux poids, deux mesures.

Il me semble que le regard amnésique que nous portons sur notre histoire coloniale, prélude à notre industrialisation et enrichissement, éclaire la perception que nous avons actuellement des migrations économiques. « Les temps ont changé, on ne peut plus recevoir toutes les misères du monde ».

Quel droit avons-nous de nous protéger contre les immigrants après avoir été, pour notre confort économique, des émigrants ? Aucun, sinon celui de la force politique et économique. Pouvoir qui engendre incompréhension et guerre.

Que le problème de l'occupation de la terre soit complexe, je n'en doute absolument pas. Je ne doute pas davantage que la cause de tous les problèmes soit le maintien d'une injuste politique économique, d'un commerce international inéquitable. Et je n'ignore pas que, pour œuvrer à la solution des problèmes, je n'ai, encore en cet instant, rien fait qui puisse rapprocher d'une solution définitive.

Sacralisé, le libéralisme économique est de plus en plus vénéré alors qu'il faudrait entendre toutes les dénonciations qui lui sont adressées et agir en conséquence.

Enfin, soyons plus concrets.

Au-delà des discours prenons les problèmes à leurs racines.

-    le riche d'Europe ne peut garder pour lui seul ses enrichissements historiques.

-    Il ne peut que partager une terre qui appartient à tous.

-    l'appauvrissement des plus riches est inéluctable pour que le pauvre obtienne le nécessaire

-    l'accueil de l'étranger est un impératif moral basique

-    l'étude des dossiers des dits « sans papiers » au cas par cas, opérations procédurières aléatoires, ne peut être que source d'injustice.

Un nouvel art de vivre puisant à une source qui n'abreuve aucun colonialisme, ancien ou actuel, est plus que jamais nécessaire. Tel est l'appel de l'Evangile.


par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Samedi 3 mai 2008
Le 20 mai prochain, le Parlement Européen est appelé à voter une directive concernant les politiques d'immigration et plus précisément la question de la rétention. Sur cette question précise de l'enfermement, cette directive comporte des éléments positifs. Cependant, un certain nombre de propositions du texte actuel nous semblent dangereuses et susceptibles de remettre en cause la dignité de l'être humain.

Je vous communique l'appel lancé par les frères franciscains de Toulouse :

Depuis 6 mois, sur Toulouse, nous dénonçons par un cercle de silence mensuel « l'enfermement de personnes pour le seul fait d'être entré en France pour vivre mieux ou pour sauver leur vie. » Depuis lors, une quinzaine de cercles ont vu le jour à travers la France, dans la même perspective de dénonciation. Le 20 mai prochain, le Parlement Européen est appelé à voter une directive concernant les politiques d'immigration et plus précisément la question de la rétention. Sur cette question précise de l'enfermement, cette directive comporte des éléments positifs. Cependant, un certain nombre de propositions du texte actuel nous semblent dangereuses et susceptibles de remettre en cause la dignité de l'être humain.

Que faire?

  • Les Ateliers franciscains de Lyon pour la paix et l'intégrité de la création
  • inscrivent l'invitation des frères de Toulouse dans la prière mensuelle du 5 Mai. 
  • " Nous nous retrouverons, comme d'habitude, le lundi 5 mai de 19 à 20h aux Cordeliers (Saint-Bonaventure)".
  • Diverses personnes, sur Lyon, cherchent toujours à mettre en place les cercles de silence. Je propose une rencontre le mercredi 14 mai à l'église Saint-Polycarpe à 19 h, 25 rue René Leynaud, 69001

A Toulouse :

"Nous rejoignons un certain nombre d'associations et notamment la CIMADE, seule association autorisée dans les Centres de Rétention Administrative, qui perçoivent un réel danger dans cette proposition de directive : celui d'une institutionalisation et d'une systématisation de la rétention des personnes en situation irrégulière.

En conséquence, nous estimons que notre dénonciation de l'enfermement dans les Centres de Rétention Administrative aujourd'hui ne peut rester à l'écart de ce qui sera demain le cadre institutionnel de la rétention au niveau européen.

En ce sens, exceptionnellement, nous, frères franciscains, nous retrouverons le mercredi 7 mai à 18h30 pour 1 heure de silence et de prière sur la place du Capitole à Toulouse, et nous invitons ceux qui le désirent à nous rejoindre.

Ce temps de silence sera suivi par une information, sur le contenu de la directive assurée par la CIMADE et la Ligue des Droits de l'Homme.

Il appartient aux parlementaires et aux représentants des Etats au Conseil Européen de se prononcer sur cette directive.   Par notre présence silencieuse, nous voulons exprimer notre inquiétude sur les conséquences possibles de cette directive pour la dignité des personnes et notre espérance fondamentale qu'il est possible de trouver des solutions plus respectueuses de chacun : des solutions qui ne soient pas basées sur le seul enfermement

Il s'agit de signifier à travers la France et la Belgique, notre espérance de solutions plus justes et plus respectueuses de la dignité de chaque être humain.


Texte intégral des Franciscains de Toulouse.




par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Vendredi 2 mai 2008
Etre chrétien, c'est-à-dire être disciple du Christ, c'est vivre en Eglise alors que celle-ci, telle une famille aimante, accompagne chacun et chacune dans l'élaboration d'un mode de vie qui corresponde à ses convictions profondes. Il s'agit de vivre à fond le désir, partagé avec Dieu, d'aimer fraternellement le prochain. En effet, le désir d'Amour du chrétien puise sans cesse à la source du désir de Dieu d'aimer l'humanité entière. Certes, non pas abstraitement, mais dans la rencontre de ceux et celles avec qui nous partageons l'existence.
En cette page, je demeure en compagnie de Paul Valadier, la condition chrétienne, du monde sans en être.
Voici une page qui souligne le rôle d'accompagnement spirituel de la communauté.


Si la communauté croyante suscite la liberté, c'est-à-dire le désir de vivre et de vivre selon la logique évangélique de surabondance tout en assumant pleinement son humanité, elle l'accompagne aussi dans son déploiement. En ce sens, elle offre un lieu majeur de vérification pour les décisions responsables, dans toute la mesure où elle se donne comme une communauté fraternelle, permettant la vérification (le faire-accéder à la vérité) de ses décisions. Aucune vie chrétienne ne peut se vivre dans le solipsisme, puisqu'il s'agit d'entrer dans un Esprit commun, celui du Christ, et puisque cet Esprit pousse chacun à « sortir de soi» vers autrui et vers Dieu.
Ici encore faut-il éviter les imaginaires qui encombrent les esprits. La vie dans l'Église ne suppose pas un alignement de chacun sur des normes imposées, même si de telles normes existent comme d'ailleurs en tout groupe digne de ce nom. Elle appelle plutôt un engagement spécifique à chacun, dans la logique de la réponse personnelle à une Parole accueillie. Nulle vie ne ressemble à une autre, et chacun a son « talent », au sens évangélique du terme, qu 'il lui revient de découvrir, de valoriser, donc de cultiver au mieux. Nul ne peut donc s'abriter derrière l'autorité ou le conformisme pour évacuer un tel engagement existentiel qui conduit chacun à s'interroger en termes propres et strictement personnels : quelle est la volonté de Dieu sur moi, pour employer un vocabulaire d'ailleurs inadéquat ? Plus exactement que me revient-il d'être et de faire pour honorer ma vocation propre dans l'ensemble du corps du Christ ? Aucune réponse à ces questions ne peut se faire sans le double souci, celui de l'écoute de la Parole concernant chacun d'un côté, celui de la prise au sérieux de son humanité telle qu'on en hérite et qu'on la façonne en une culture et une histoire particulières. Quiconque coupe la relation s'interdit une vie dans l'Esprit, et tombe soit dans le conformisme et l'alignement sans âme, soit dans l'individualisme et la marginalité.
Ces considérations sont de grande portée pour la vie morale. On l'a déjà dit, la condition chrétienne ne connaît pas d'orthopraxie; elle connaît des normes régulatrices (Commandements de Dieu, prescriptions morales ecclésiales, méta-morale évangélique, etc.) ; elle en est « informée », mais justement elle doit se les approprier, les assumer personnellement. Aucune règle, disait Wittgenstein, même en mathématiques, ne constitue des rails (Geleise) tout tracés qu'il n'y aurait qu'à suivre sans jeu possible. À plus forte raison en matière morale, et contrairement à des préjugés courants, la règle doit toujours être assumée concrètement, et par là même elle induit des actes et des pratiques qui ne résultent pas d'une stricte déduction. Tout le problème certes est de savoir à partir de quand le « jeu » devient dérive, voire trahison de la règle. Mais, d'une part, il ne faut pas trop vite éliminer la possibilité et la nécessité du « jeu » ou les considérer comme des anormalités, et, d'autre part, le rôle de la communauté ecclésiale fraternelle consiste à jouer le rôle de pôle régulateur et vérificateur.
Il n'en va pas dans la vie chrétienne autrement que dans toute vie humaine. Aucune décision ne peut se dire rationnelle et raisonnable si elle n'est pas passée par le feu de la discussion, par la mise à l'épreuve dans la confrontation avec autrui, par l'ouverture à d'autres points de vue complémentaires ou critique. Qu'il s'agisse là d'ailleurs d'une perspective tout à fait traditionnelle apparaît dans la très ancienne pratique du père spirituel par laquelle des croyants vont chercher aide et conseil auprès d'un sage ou d'une personne expérimentée leur permettant ainsi de tester une décision de vie. La spiritualité ignatienne a particulièrement mis en forme cette tradition, et on peut assurément élargir la référence à ce qu'on appelle d'un terme malheureux une «direction spirituelle », du côté de la communauté fraternelle si on la considère comme un lieu possible et nécessaire à la vérification des décisions, du moins de ces décisions qui engagent des orientations fondamentales.
La mise en œuvre d'une telle orientation va d'ailleurs très souvent de soi. Qui, dans les moments difficiles ou devant des options morales délicates, ne prend pas conseil de son conjoint, d'amis, de proches dont le jugement et l'expérience importent ? L'exercice concret de la fraternité peut aller du conseil amical à l'expertise plus poussée auprès d'un spécialiste capable d'éclairer une décision. Quel chrétien n'a pas éprouvé le besoin de tester son choix auprès d'un frère/sœur pour vérifier sa qualité « chrétienne », pour s'assurer qu'il vit effectivement dans l'Esprit du Christ, et non pas selon son esprit « propre » ? On ne compte pas les groupes et mouvements divers qui, dans les Églises, constituent des lieux d'attestation et de vérification où la décision chrétienne trouve à se conforter et à s'affirmer, non pas dans le souci de conformisme et de normalisation, mais tout à l'inverse dans la volonté de répondre à sa vocation la plus personnelle et donc la plus originale.
Paul Valadier, La condition chrétienne, exister en Eglise.

par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
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Jeudi 1 mai 2008
Pour ne pas prendre le risque d'imposer ma façon de voir, j'ai choisi ce matin de lire un texte de Mgr Claude Dagens.

L'Ascension nous invite-t-elle à lever les yeux au ciel pour tenter de voir la divin ?

Que non !

Dieu invite au contraire à prendre la route pour annoncer à tous la présence de l'Amour fraternel et universel infini.






par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
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