Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche

Profil

  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

Communautés

Mercredi 30 avril 2008
A l'issue d'un débat organisé à la paroisse Saint-Polycarpe par « Toi d'écoute », j'ai été frappé par ce commentaire : « bien que un militant cet homme ne montre aucune rigidité, aucune intransigeance. Il n'est ni dur, ni agressif. Dans son discours, il n'y a aucune idéologie ».
Il s'agissait d'un débat sur la santé avec Albert Fhima, médecin généraliste, président de la Coordination nationale médicale santé environnement.
Voici la présentation de la conférence-débat :
La santé doit être pensée dans sa globalité : les soins, mais aussi le travail, le logement et l'environnement ont une influence sur les êtres humains. Un grand nombre de pathologie sont liées à un mal-être social.

Que les militants soient susceptibles de rigorisme est une évidence. Le témoignage de la capacité d'écoute de ce conférencier a brisé toutes les réticences et a ouvert au désir de prendre le même chemin.
Le non enfermement dans une idéologie -ou ce qui peut apparaître tel en son sens péjoratif- vient d'une prise de distance entre ce qu'il faut faire et le moyen que l'on possède pour le faire.
Etre capable de s'abstraire d'un problème précis, donc du recul qui permet de répondre adéquatement qu problème.
Transcender l'immédiat pour ne pas s'y enliser.
Dans ma lecture récente de Paul Valadier, j'ai trouvé quelques pages sur ce sujet que je souhaite vous partager.


Hominisation et humanisation


Que signifie retour à l'ethos, du point de vue de la décision éthique qui nous intéresse ici ? Ce renvoi implique plusieurs niveaux de réalités qu'il importe de distinguer. Il s'agit d'abord des mœurs telles qu'on les trouve en un temps et en une société donnée, mœurs elles-mêmes réglées par des coutumes, des traditions, des normes qui vont de l'art de table jusqu'aux codes juridiques élaborés dans les droits coutumiers ou des codes écrits. Cet ensemble structure ce que nous appellerons une culture donnée, laquelle dessine une manière de se rapporter au monde, de lui donner forme pour utiliser une expression nietzschéenne, de lui imposer un style reconnaissable et identifiable ; les manières de vivre africaines ne recoupent pas à beaucoup près les manières asiatiques, et même cette façon de trancher en vastes ensembles (Afrique, Asie) ne respecte pas la diversité des sous-ensembles culturels effectifs. Ce premier niveau met par conséquent devant l'extraordinaire diversité des manières de faire et de se situer dans le monde qui a tant frappé et inquiété les moralistes à la découverte de sociétés nouvelles au moment de la Renaissance. Une telle diversité ne conduit-elle pas au scepticisme moral et à la ruine de toute perspective universelle ?
Conclure aussi rapidement serait ignorer que cette diversité même offre le terrain ou le terreau à partir duquel se construit l'homme en son humanité (second niveau). Du point de vue éthique et moral, de telles références dans leurs diversités et leurs contradictions mêmes ne sont pas inessentielles, car c'est en elles que l'être humain trouve les « données » fondamentales et indispensables pour s'assumer en son corps et en son affectivité, et donc par là même se situer dans le jeu complexe des relations sociales. Elles le préviennent en son être-là biologique et lui permettent de s'assumer dans le milieu culturel qu'il rencontre ainsi. Elles lui donnent sens, selon une signification tout à fait première, puisqu'elles lui permettent de s'orienter, de se situer dans des rôles différenciés, de s'assumer comme masculin ou féminin, situé dans un temps précis, appelé à tenir sa place dans l'ensemble social (métier, fonctions diverses), à se situer aussi dans la chaîne des générations. Une telle humanisation de soi ne s'opère pas malgré la diversité des mœurs et des règles, mais en elles et grâce à elles. Il y a là quelque chose comme un de ces universaux qui conditionnent l'avènement de l'humain en l'homme.
Il va de soi que ces références qui prennent figure dans une culture située sont travaillées de contradictions, ne serait-ce que parce que les héritages sont eux-mêmes mêlés et marqués par des traditions diverses, retravaillées et donc disparates. Cet aspect constitue en quelque sorte un troisième niveau. Les manières de faire portent généralement la trace de rapports de force et donc de violences : entre groupes (justification de l'esclavage ou de subordination de telle ethnie ou de telle catégorie sociale), entre sexes (situation inférieure de la femme, pratique de l'excision), entre générations (statut privilégié ou au contraire dévalorisation du vieillard). C'est bien pourquoi si d'un côté ces données culturelles sont le lieu même de la structuration de soi et l'élément porteur de l'humanisation, elles sont aussi « mêlées ». Les assumer sans distance, c'est souvent accepter des pratiques inégalitaires, injustes, intéressées, voire nettement oppressives. À ce niveau-là déjà la conscience qui ne peut pas se passer de ces références, puisqu'elle naît en leur sein, se trouve souvent en porte à faux, et donc provoquée à des jugements non conformistes et critiques de sa propre culture. Ici déjà apparaît à nouveau la nécessité d'un discernement et donc d'un tri.

Paul Valadier, La condition chrétienne, du monde sans en être.

par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 avril 2008
Croissance



les fleurs se multiplient
les feuilles se font toute petite.
comparons avec la photo
du 18 avril


par Michel Durand publié dans : Art communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 28 avril 2008
Les rencontres que le hasard provoque interrogent notre conscience. Ai-je la possibilité de vivre sans problème dans le confort alors qu'à deux pas de moi une famille n'a pas de quoi vivre, une autre se trouve sans logement ?
Les habitants des pays économiquement défavorisés, rencontrant sur leur terre natale des touristes européens, rêvent de venir vivre et travailler en Europe. Plutôt que de ne rien faire dans le pays d'origine où il n'y a pas de quoi vivre, il vaut mieux, quand on est jeune, tenter le voyage à travers désert et mer, même avec le risque de la mort.
Beaucoup d'autres exemples de ce type provoquent notre conscience. Ils interrogent d'autant plus que la conscience est attentive à une Parole divine qui transcende toute réalité contingente. L'écoute du témoignage du Christ ouvre l'esprit au désir d'une fraternité universelle.
Comment conduire ma vie pour être en accord avec ce que je perçois des valeurs essentielles, fondamentales ?

Je viens d'avoir la joie de lire le livre de Paul Valadier, La condition chrétienne, du monde sans en être, Seuil, 2003.

Son écriture, souvent abstraire, n'est pas toujours aisée. Mais quel bonheur de voir, en un volume pas trop épais, une sérieuse présentation de la conduite de la vie selon l'Evangile avec cette conviction, maintes fois exprimée, que la vie chrétienne serait vide si elle n'épousait pas la condition humaine.

Je vous encourage à acheter et lire cet ouvrage de théologie de la morale.

En voici un passage :

(Il y a) un triple niveau que toute existence sous le souffle de l'Esprit se doit d'honorer, et donc caractéristique de la condition chrétienne comme telle. Le chrétien n'est pas arraché à l'ethos de sa culture où il rencontre des interdits fondamentaux (Décalogue), comme il en est en toute société humaine, même si la déclinaison de ces interdits peut grandement varier selon les cultures et selon les âges. Mais son ouverture à la fidélité évangélique lui commande aussi de porter un discernement vigilant sur ces mœurs reçues, tout en les ordonnant au service du prochain et de Dieu (unique et double commandement, incluant l'amour de soi). Tel est le niveau proprement moral de l'universel qui ne peut être vivant qu'au sein des contenus reçus et triés (éthique) par la seule Loi, la Loi de charité. Enfin une existence selon l'Esprit du Christ n'irait pas jusqu'au bout de sa logique, si elle ne cherchait pas à vivre la totalité de son existence, selon toutes ses dimensions, dans une logique de surabondance, à la manière du Dieu d'amour qui appelle à vivre par-delà la mort, à perdre pour pouvoir trouver la vraie vie.
Troisième niveau (méta-éthique et méta-moral) auquel on ne peut accéder que dans l'écoute de la Parole et sous la mouvance de la grâce, ou de l'Esprit, niveau qui n'est ni celui du conformisme des mœurs, ni celui de l'universel moral, mais celui auquel une liberté peut s'entendre appelée à entrer ou désirer entrer. N'est-il pas clair que ne peut donner sa vie, sous quelque forme que ce soit, que celui ou celle qui se sait « appelé » à un tel geste de liberté suprême, et qu'à ce niveau on échappe au monde de la règle socialement (ou ecclésialement) codifiée comme à celui de la morale proprement dite ?
Ces considérations, prises au sérieux, pourraient éviter, semble-t-il, bien de faux débats sur l'existence d'une morale chrétienne (catholique) proprement dite. Les Écritures ne fournissent pas une doctrine morale complète et cohérente, qui fasse nombre avec les règles et valeurs que les hommes se donnent légitimement dans leur inéluctable entreprise d'humanisation, entreprise qui fait corps avec leur condition de créature et qui renvoie par conséquent au respect de ce que l'on appelle théologiquement la création. Elles appellent à assumer les mœurs trouvées dans sa société en un temps donné, mais à les vivre selon un discernement spirituel et une vigilance soucieuse du service des hommes et de Dieu (service qui ne fait qu'un). Elles proposent encore à qui adhère librement au message à assumer son existence dans la joyeuse liberté des fils/filles de Dieu qui misent sur la gratuité et la surabondance, dans la conviction que savoir perdre sa vie, c'est la gagner. Mais ils ne le font pas dans un autre monde que le monde de tous, même si leur vie s'inspire de principes et surtout d'une logique qui ne relève pas de ce monde: la logique qui structure la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

par Michel Durand publié dans : Anthropologie communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 27 avril 2008
Dans l'homélie prononcée en l'Eglise Saint-Polycarpe, Roger Teppe évoque le livre de Claude Dagens.

J'en dirai bientôt quelques mots.


En attendant, vite sur le site de cette communauté, Roger se donne à entendre.



par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 26 avril 2008
Je prolonge mon texte d'hier en donnant cette information lue dans le quotidien La Croix.

Rapport 2007 de la Cimade sur les centres et locaux de rétention administrative

La Cimade, service oecuménique d'accompagnement des étrangers migrants, a rendu son rapport sur les conditions de rétention des sans-papiers en France. Elle dénonce la course au chiffre des expulsions, avec son corollaire du passage en rétention qui mène à des pratiques policières et administratives absurdes et à des drames humains.

Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade, précise la volonté de la Cimade "d'organiser un Matignon des travailleurs sans papiers avec les ministères de l'intérieur, de l'immigration et des affaires sociales". Il souligne "l'absurdité juridique selon laquelle 100 000 personnes travaillent en France, paient des impôts mais ne sont pas reconnues juridiquement."


Pour en savoir plus : lire le rapport 2007
de la Cimade



par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Présentation

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus