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  • : Michel Durand
  • enmanquedeglise
  • : Homme
  • : 31/01/1942
  • : France Lyon
  • : Je suis prêtre de l'Eglise catholique. Après avoir travaillé comme serveur de restaurant tout en étant au service d'une paroisse, je fus nommé en aumônerie étudiante. Là, je me suis beaucoup intéressés à l'art contemporain tout en enseignant l'iconographie chrétienne. Cela m'a donné l'occasion, dans le cadre des loisirs culturels, d'organiser de nombreuses expositions. Avec des amis, nous avons ouvert une galerie d'art dans le Vieux-Lyon, Confluences - 20 années de présence. Ces activités […]

Communautés

Vendredi 25 avril 2008

La Cimade a lancé, avec 14 autres associations, une pétition pour dénoncer un projet de directive européenne sur l’enfermement et le renvoi des étrangers en situation irrégulière (voir texte ci-dessous). Si elle était adoptée, cette directive harmoniserait par le bas les normes en vigueur dans les différents Etats membres et porterait gravement atteinte aux droits de l’Homme en banalisant le principe de l’enfermement des personnes comme mode de gestion des migrants.

(Information trouvé sur le site patati-patata)

Ce projet de directive relevant – pour la première fois sur les questions d’asile et d’immigration – de la procédure de codécision entre le Conseil des Ministres européens et le Parlement, nous estimons essentiel que les citoyens et les sociétés civiles se mobilisent et interpellent les parlementaires européens afin qu’ils refusent d’adopter un tel projet.

Nous vous invitons donc à signer cette pétition sur le site www.directivedelahonte.org et à la faire connaître autour de vous.

Vous pouvez également interpeller directement les parlementaires européens en leur écrivant. Vous trouverez ci-dessous une proposition de lettre que nous vous invitons à envoyer largement, par internet, par fax ou par courrier. N’hésitez pas à doubler vos envois par email d’un fax ou d’un courrier, car les emails peuvent facilement être volontairement ignorés par le destinataire.

Vous trouverez la liste des députés européens et leurs coordonnées sur le site du Parlement européen, et plus précisément à l’adresse : http://www.europarl.europa.eu/members.do?language=FR
Les emails ne figurent pas sur ce site, mais chaque député européen a une adresse email construire sur le format suivant : « prénom.nom@europarl.europa.eu ». (avec un tiret pour les prénoms composés comme Jean-Louis, et avec les prénoms attachés lorsqu’il y en a plusieurs).

Il est tout à fait possible d’obtenir le rejet ou l’abandon de ce projet de directive, cela ne dépend que de notre capacité à nous mobiliser. Nous comptons sur votre aide et votre soutien.

La Cimade

 

 


par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Jeudi 24 avril 2008
Je reprends la conclusion de mon homélie de dimanche dernier sur le travail de conversion :

Si j'ai, en introduction, développé l'actualité des révoltés de la faim, c'est pour montrer que les riches pays occidentaux de vieille chrétienté ont un sérieux travail de conversion à accomplir. La radicalité de l'adhésion au crucifié ressuscité, le chemin qu'il nous montre comme devant être pris n'est pas compatible avec la morale économique mondiale en place. Que faire ?

Un mystique répondra : se convertir.

L'objection est immédiate. Comment se convertir pour que cela ait un effet universel ? Seule une intime proximité avec Dieu ouvrira la porte de la réponse à cette interrogation.

« Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père ».

Le moteur de la conversion, de l'adhésion au Christ est le désir. Je regrette de ne pas en avoir parlé. Plutôt que de proclamer la nécessaire conversion, il aurait été plus juste d'inviter à désirer cette conversion, c'est-à-dire, désirer un retournement pour se rapprocher de Dieu.

Au lieu de demander : « comment se convertir... » il aurait fallu conclure : comment inviter à désirer la perfection divine vécue en Christ.  

Je m'engage dans les jours à venir à approfondir l'importance du désir.
C'est Paul Valadier qui, aujourd'hui, m'a mis sur cette voie. Je trouve son ouvrage, la condition chrétienne, du monde sans en être, Seuil, 2003, de première importance pour comprendre l'enracinement de l'acte morale dans l'adhésion au Christ.

En voici un page qui complète utilement mon commentaire d'Evangile de ce dimanche.
Il y a en aura d'autres, je pense, car je souhaite vraiment donner envie de lire cette étude.

"Dans l'Évangile selon saint Jean, en particulier dans tout le grand discours attribué à Jésus entre les chapitres 13 et 16 qui constituent une sorte de testament... Jésus insiste sur l'après de son histoire parmi les siens ; il explique que les disciples devront vivre de l'Esprit qui fut le sien, donc admettre la nécessité et le bienfait de son départ (16,16-22), par conséquent faire leur deuil (si l'on peut utiliser cette expression freudienne) de sa présence sensible. Il leur faut passer à une fidélité vivante à son Esprit, et renoncer à un suivisme immédiat que Jésus condamne chez Pierre (13,36-38). Ce qu'il appelle le Paraclet remémorera aux disciples l'ensemble de ses enseignements (14,25), surtout la portée du commandement de la charité (14,15-16) ; il dévoilera des dimensions qu'un contact trop étroit laissait dans l'ombre, notamment le rapport à Dieu et l'intériorité de la relation entre Fils et Père ; bien plus, le croyant « fera lui aussi les œuvres que je fais : il en fera même de plus grandes » (14,12). Affirmation étonnante : le disciple dépassera le Maître, ou plutôt, faut-il entendre, il aura à vivre dans des situations originales dans lesquelles se manifestera la force d'invention et d'audace de l'Esprit, en sorte que les disciples inventeront des comportements et des attitudes, forcément autres que ceux du Maître et même « plus grands ». Comment suggérer plus clairement le « dépassement » et poser un surcroît par rapport à Jésus lui-même ? Suivre Jésus, c'est faire autre chose, et plus que lui...

Par conséquent au sein de laquelle peuvent se manifester les forces nouvelles de l'Esprit. Le chrétien se trouve dans une permanente recherche des voies par lesquelles paradoxalement il sera fidèle au Jésus de l'histoire en forgeant de nouveaux chemins originaux dans la fidélité à l'Esprit qui fut le sien. Cette tension permanente est source de fécondité, et non de reproduction à l'identique d'un message qui serait figé dans sa teneur morale. Elle indique que le chrétien est moins tournée vers un modèle passé, que porté à discerner dans le Présent les voies de la décision droite".

 

par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
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Mercredi 23 avril 2008

Je demeure dans la ligne de mes réflexions sur le désir.

Antoine Chevrier : sentez-vous monter en, vous ce désir ...

il faut que vous sentiez déjà dans votre âme ce désir de devenir des saints afin de pouvoir sanctifier les autres, car pour sanctifier les autres il faut être saint soi-même ; il faudrait que déjà vous commenciez à pratiquer les différentes vertus qui doivent faire votre ornement plus tard

prière de l'Office du temps présent, temps pascal :

Dieu qui peut mettre au cœur de tes fidèles un unique désir,
donne à ton peuple d'aimer ce que tu commandes
et d'attendre ce que tu promets ;
pour qu'au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s'établissent fermement là où se trouvent les vraies joies.

 


par Michel Durand publié dans : Eglise communauté : Christianisme
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Mardi 22 avril 2008
Il y a quelques temps, dans le cadre de mes réflexion sur l'objection de croissance, j'avais adressé à Pierre Vilain une lettre.

Je vous communique aujourd'hui sa réponse qui alimente heureusement le débat.




Le 15 avril 2008

Monsieur et cher ami,

Merci de tout de que vous dîtes de très positif de mon petit ouvrage. Si j'en crois les échos qui me parviennent, il a été très bien accueilli dans des publics très divers.
En réponse, je voudrais, d'abord, «tordre le cou» à une remarque. Depuis très longtemps, je n'ai pas l'ombre d'un désir de plaire ou de déplaire à l'institution ecclésiale ? Je suis catholique et heureux de l'être, en dépit des lourdes scories que peut balader mon Eglise. Je vis libre, de gestes et de parole, au sein de mon Eglise et cette liberté est totale.
Mon livre en témoigne largement. Je ne citerai, comme un exemple parmi d'autres, que mon chapitre sur la priorité aux pauvres, une « illusion perdue». Je n'hésite pas (p. 184) - parce que j'y crois - à affirmer que l'heure n'est plus au retour de « la civilisation chrétienne» ni même à la « doctrine sociale de l'Eglise ». Il y a plus de quarante ans maintenant que le père Marie-Dominique Chenu m'a conduit sur ces chemins de liberté. Et je m'y trouve très bien.
Mais laissons cela pour en revenir à votre « mais... » Il porte sur le fait que j'affirme qu'il n'existe pas actuellement de « solution toute prête ». Qu'il n'existe pas aujourd'hui de « modèle prêt-à-porter » dont la reproduction permettrait, enfin et au-delà des convictions et des croyances des uns et des autres, la réalisation d'un vivre ensemble fraternel pour toute l'humanité.
Vous me parlez de « la décroissance » dont j'apprécie le grand intérêt mais sans lui accorder la puissance d'une « baguette magique» pour la planète tout entière. Je cite : « S'attaquer à la racine du problème en humanisant la croissance, c'est-à-dire en refusant l'emballement infini et indéfini me semble être la solution ». J'en suis bien d'accord et il me semble que mon livre, à sa manière, le dit et le redit sous des formes diverses. Mais avec netteté. Mais comment faire pour en arriver là ? Où est le chemin où les hommes de tous les continents entreraient en croissance d'humanité ?
Je discerne partout des initiatives, des choix courageux, animés par des militants chrétiens ou non. Mais aucune de ces démarches ne représente « LA SOLUTION ». Vous me parlez des « objecteurs de croissance » et vous avez raison. Je ne cesse, depuis des lustres et des lustres, de rappeler une différence fondamentale : celle qui distingue la croissance du développement. Et je recommence dans mon livre. Car les bons combats ne se terminent jamais. C'est ainsi que j'évoque aussi, dans mon livre, les placements éthiques et le commerce équitable. Et que je rappelle qu'il y a quelques vingt-cinq ans maintenant, l'épiscopat français, plus audacieux collectivement qu'il ne l'est aujourd'hui, appelait les chrétiens à inventer de « nouveaux modes de vie II, exigences d'une pratique concrète de la solidarité.
Tout cela demeura d'actualité et l'on ne peut que se réjouir -et je le fais explicitement dans mon livre- quand un chantier nouveau s'ouvre quelque part, mené par qui que soit. Mais je persiste à croire que « l'addition d'efforts multiples et de réussites, aussi admirables et indispensables soient-elles, ne constitue pas un projet global de vivre ensemble fraternel pour toute l'humanité (p. 243) ». Or, ce chantier planétaire n'est toujours pas ouvert et c'est à cela que mon livre appelle sans qu'il faille effacer -au contraire- un effort, quel qu'il soit, pourvu qu'il aille dans le bon sens.
Puis-je insister sur le mot PLANETAIRE ? N'avons-nous pas tendance (héritage du colonialisme ?) à croire, sans le dire et, peut-être, inconsciemment que ce seront les pays du Nord qui trouveront la solution. Et, pourtant ! Pourquoi cette solution ne viendrait-elle pas de Lagos, de Cordoba, de Hochiminhville, de Haïti. Pour ne citer que ces villes-là. A écouter les amis du Sud, on se met loin d'une situation confortable voire du pays des certitudes... Ont-ils une approche identique à la nôtre, de la croissance et de la décroissance, par exemple ? Peut-on donner le même contenu à la « décroissance » à Paris et dans les campagnes des pays du Sud encore trop souvent frappées par la misère ? Et il serait facile de multiplier les exemples. C'est ensemble -le Sud et le Nord- qu'il faut inventer, expérimenter, et entrevoir ainsi l'espérance d'une solution.
Je n'insiste pas. Il y faudrait plus qu'un autre livre. Au moins ! Encore merci ! Un jour peut-être, nos routes auront la chance de se croiser. Je vous assure de mes sentiments fraternels.

Pierre VILAIN









par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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Lundi 21 avril 2008

Vincent Cheynet, dans son livre, le choc de la décroissance le proclame au fil des pages du livre dont je vous ai parlé il y a quelques jours. Une fois que nous avons terminé la lecture de ce témoignage de militant, nous ressentons l'urgence que tout reste à faire. L'homme et ses valeurs doivent être au centre de la recherche, alors que l'économisme domine. Comment s'y prendre ?
Pour qu'une porte s'ouvre sur l'avenir, une bonne compréhension de l'homme doit imprégner chaque quotidien ; une sage philosophie qui se sait héritière de la tempérance grecque, du prophétisme biblique, de l'amour des pauvres et des petits de l'Évangile chrétien, de la découverte de la personne de la Renaissance, de la liberté de la Révolution, de la justice de la Commune, de la solidarité des mouvements ouvriers du XIX... de Gandhi, des sages des civilisations non européennes... (Voir pages 156-157).

Qu'est-ce que l'homme ?

Le religieux que je suis (ou essaye d'être), homme d'Église par mon baptême, je pense que l'apport christique a sa place dans cette découverte ou redécouverte du sens de la vie humaine. Puisque les disciples du Christ sont, par lui, réunis en communauté, on ne peut faire abstraction de la dimension religieuse institutionnelle du christianisme. Et je dis cela tout en affirmant que le christianisme est une sortie du religieux alors que le catholicisme (mais aussi le protestantisme) montre une réintroduction dans le religieux. En conséquence, nous sommes constamment invités à interroger la vie de l'Église. Consensus et dissensus vont de pair dans un désir de vivre chaque instant en conformité à l'Évangile. Tel est le rôle des Conciles universels, des Synodes nationaux, locaux.
Pour qu'une pensée humaniste se libère des pressions scientistes actuellement en vigueur, il est bon, tout en gardant un regard critique et serein, d'analyser justement l'apport des religions.
Or, ce qui me paraît chez Vincent Cheynet, c'est une méfiance permanente du fait religieux. Celui-ci est toujours évoqué avec suspicion. Le quotidien « la Croix » est un « journal prétendument chrétien » ; la morale religieuse se fait étroite, plus tournée vers les questions de mœurs que vers le combat politique. En ce domaine, « l'Église produit un discours économique qui n'est qu'un accompagnement bien pensant du capitalisme ». Également, les experts scientifiques « sont les dignes successeurs de ces membres du clergé qui, au XVIIe siècle, refusaient d'admettre que la Terre tourne autour du Soleil parce que la réalité ne correspondait pas à leur dogme étroit. » On pourrait penser qu'il en est toujours ainsi aujourd'hui.
Je partage sûrement l'avis de Vincent Cheynet qui peut (ou doit) penser que les médias ne développent pas les subtilités de la théologie ecclésiale. On y parle plus de sexe que du politique, donc les lecteurs ignorent les diverses et nombreuses prises de position sociétale de l'Église.
Par exemple, le prophétisme. Depuis Isaïe, Amos, Osée des hommes, des femmes, à l'écoute de la Parole divine, interviennent dans l'Histoire humaine jusqu'au prix de leur propre vie. Et ceci, jusqu'à aujourd'hui. J'aurais aimé en lire quelques traces qui auraient donné du poids à cette phrase, avec laquelle je suis en accord : « On a souvent systématiquement opposé la République, les Lumières et l'individualisme philosophique au christianisme, alors que ces notions sont le fruit de ce dernier ». Pourquoi, ensuite, donner à penser que le catholicisme ne serait pas, à l'instar de protestantisme, capable de se réformer ?
J'aurais bien aimé trouver dans ce texte sur la décroissance, quelques mots évoquant la recherche de chrétiens conscients de la nécessité de l'engagement politique, ainsi cette phrase : « Notre société cherche à donner à chacun le plus d'autonomie possible. Elle veut protéger contre les aléas de la vie, mais conduit aussi, souvent, à une profonde solitude. Comment construire une société de liberté qui soit plus fraternelle, luttant contre l'exclusion par des choix politiques, mais appelant aussi chaque citoyen à la responsabilité et à l'engagement personnel ? » Conseil des évêques de France, 18 octobre 2006.
Cela aurait objectivement indiqué que dans les vieilles religions il y a une source possible pour abreuver la quête des valeurs dont l'humanité actuelle a tant besoin. « La simplicité volontaire et la décroissance sont les traductions modernes d'une réflexion que nous trouvons tout au long de l'histoire, dans les textes philosophiques et spirituels ».

par Michel Durand publié dans : Politique communauté : Christianisme
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