On ne sert pas la cause du Christ en se servant des valeurs dites traditionnelles pour s'imposer à la société. Christ n'est pas une valeur

Publié le par Michel Durand

On ne sert pas la cause du Christ en se servant des valeurs dites traditionnelles pour s'imposer à la société. Christ n'est pas une valeur

« Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Tous ceux qui étaient devenus croyants vivaient ensemble… Vous tressaillez d'une joie inexprimable qui vous transfigure… Ces signes ont été écrits afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu et afin que, par votre foi, vous ayez la vie en son nom.
  • Homélie du dimanche 27 avril 2014

C’est ainsi que je résume la Parole entendu ce jour. Ce résumé résulte de la méditation occasionnée par la rédaction de l’homélie sur l’Evangile de Jean au chapitre 20. Quand je l’ai entamée, je fus orienté par une réflexion rédigée début mars et déposé sur mon blogue hier. Le chrétien est avant tout disciple. Quand il s’organise pour transformer le monde, ce n’est pas au nom de valeurs éternelles, transcendant toute morale, mais au nom de son attachement au Christ, le Ressuscité.

Regardons au plus profond du noir du vendredi saint. Les disciples, non seulement se dispersent, mais ils nient avoir été compagnons du supplicié. Regardons leur comportement après que Marie Madeleine ait témoigné avoir vu Le Seigneur : ils doutent d’abord, mais ensuite, ils adhèrent. La mort de Jésus disperse l’assemblée des disciples, la Résurrection du Christ rassemble. Le Ressuscité engendre l’Eglise.

« Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Je rejoins également l’opinion de Claude Dagens, évêque d’Angoulême, qui dit que « nous sommes appelés, en tant que catholiques en France, à être plus radicalement chrétiens, disciples du Christ, dans une société qui n'est plus chrétienne, mais dans laquelle germent beaucoup d'attentes spirituelles ». Il précise que « ce travail de conversion au Christ passe par la pastorale ordinaire… celle de nos communautés chrétiennes ordinaires, de nos paroisses, si ces communautés ne sont pas obnubilées par leur propre fonctionnement ou leur propre survie ».

Dans l’article déposé hier sur le blog En manque d’Eglise, je cite Pierre-Yves Materne, théologiens à Louvain, dominicain. Voilà ce qu’il écrit : «  Les défis auxquels doit faire face l'humanité, aussi divers que la crise écologique, le terrorisme, le choc des civilisations ou encore la pauvreté, rendent les individus inquiets devant la tâche à accomplir d'une société juste. Pourtant, l'espérance chrétienne nous invite à rechercher des « anticipations » du Royaume dans notre histoire. Vatican II demande de scruter les « signes des temps » pour rejoindre les « lieux » où quelque chose de la présence de Dieu peut poindre ». Soyons donc attentifs aux signes de la venue du Royaume. Je le disais dimanche dernier en ces termes : Que le Christ soit ressuscité, cela signifie qu’il est vivant, agissant aujourd’hui en nous et dans nos lieux de vie pour que nous soyons de véritables serviteurs les uns des autres. Pas seulement serviteurs à l’adresse des membres de notre Église, vue comme un club, mais aussi et surtout serviteurs pour les hommes et les femmes que nous rencontrons dans la banalité de l’existence. Réjouissons-nous que des mouvements tel l’Action catholique ouvrière (ACO) tout en n’étant plus dans l’air du temps face à ladite nouvelle évangélisation agisse dans ce sens.

Des personnes viennent demander le baptême pour leur bébé – qui souvent n’est plus un nourrisson. Dans le dialogue avec eux nous cherchons à saisir ce qui les motive dans cette démarche auprès de l’Eglise. Ils vivent ensemble depuis de nombreuses années, mais ne ressentent pas le désir de vivre le sacrement du mariage ; ils ignorent à peu près tout du sacrement ordinaire de l’eucharistie, mais ils souhaitent le baptême du petit. « Il ira ainsi au catéchisme car nous lui inculquerons le sens des valeurs de la famille, du respect, de la dignité, du partage. Nous voulons qu’il respecte les valeurs ». Mais voilà que le Christ n’est pas une valeur. Il est une vie d’amour. Dès maintenant, sur cette terre ; dans cette existence qui, parfois, s’éloigne de ladite valeur de la famille traditionnelle. Claude Dagens estime que « en tout cas, on ne sert pas la cause du Christ en se servant des valeurs dites traditionnelles pour s'imposer à la société. Le Christ n'est pas une valeur. » Je placerai son texte, (La Croix du mercredi 23 avril 2014), digne sujet d’une réunion d’EAP, sur en manque d’Eglise.

L’homélie de ce jour est également tributaire des conversations entendues en cette période de l’année où l’évêque nomme les prêtres dans les paroisses. On dit que des baptisés se désolent parce qu’ils n’ont pas de prêtre pour les réunir. La ville de L’Arbresle, par exemple, 6000 habitants, serait dans ce cas. Ne pensez-vous pas que, chrétiens, nous devons parler autrement de cette situation provoquée par le manque de prêtres ? Effectivement, ce n’est pas le prêtre qui rassemble les baptisés, mais le Christ. Ce sont les baptisés, rassemblés par le Ressuscité, heureux de se retrouver régulièrement par et pour la prière qui chantent, par eux-mêmes, leur joie d’être ensemble pour le service du monde. Quand, dans leur assemblée se trouve un prêtre, ensemble ils se réjouissent dans la mémoire du Seigneur qui un certain jeudi soir a dit : « faites ceci en mémoire de moi ». Autrement dit, il ne faut pas attendre la nomination d’un prêtre pour que l’Assemblée se constitue ou se maintienne mais une Eglise de baptisés vivant par elle-même la rencontre priante au milieu du monde à sauver, une communauté qui accueille le prêtre tout heureux dans cette assemblée vivante de célébrer l’eucharistie.

Dans les premiers jours de l'Eglise, les frères étaient fidèles à écouter l'enseignement des Apôtres et à vivre en communion fraternelle, à rompre le pain dans leurs maisons et à participer aux prières.

Pour entendre l'homélie de ce jour, se rendre sur le site de la paroisse St-Polycarpe des pentes de la croix-rousse (Lyon)

les textes de ce jour

Lecture des Actes des Apôtres : 2. 42 à 47 : "Fidèles à écouter l’enseignement des apôtres et à vivre en communion fraternelle."

Psame 117 : "Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et jour de joie !"

Première lettre de saint Pierre. 1. 3 à 9 : "Il nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus-Christ pour une vivante espérance, pour l’héritage qui ne connaîtra ni destruction, ni souillure, ni vieillissement."

Evangile selon saint Jean. 20. 19 à 31 : "Jésus vient alors que les portes étaient verrouillées."

Publié dans Eglise, évangile

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