Que le Christ soit ressuscité, cela signifie qu’il est vivant, agissant aujourd’hui pour que nous soyons de véritables serviteurs

Publié le par Michel Durand

Je n'ai pas d'informations précises sur cette statue. Elle symbolise la question que je pose du lien entre le Ressuscité et la guerre.

Je n'ai pas d'informations précises sur cette statue. Elle symbolise la question que je pose du lien entre le Ressuscité et la guerre.

Venir ici pour en savoir plus sur cette statue du Mont verschine chérubin dans la ville syrienne de Sednaya.

Etablir un parallélisme entre la Résurrection et la libération d’otages est sans aucun doute fort délicat. C’est pourtant ce que je suis permis de faire le dimanche matin alors que j’écoutais quelques informations.
Pendant toute la semaine sainte, le drame que vivent les Syriens et toutes personnes vivant en cette région fut présent en moi. Je ne pouvais l’oublier dans la prière de ce dimanche où le souvenir de mes frères pradosiens du Proche orient est vif en moi.

Voir l’homélie de ce dimanche de Pâques sur le site de la paroisse Saint-Polycarpe des pentes de la croix-rousse

Rappelons-nous que Jésus, qui a lavé les pieds de ses disciples, a accepté de se laisser laver les pieds par Marie-Madeleine qui les essuya de ses cheveux. C’est cette même Marie-Madeleine qui vient la première au tombeau du Seigneur alors qu’il faisait encore sombre. Marie-Madeleine, la pécheresse, gagnait sa vie (suppose-t-on) en vendant son corps. Elle assiste la première à l’aube de l’humanité nouvelle. Elle est l’image de l’humanité tout entière qui découvre en Jésus –il n’est plus ici, il est ressuscité- son Sauveur. Visiblement, elle n’a pas compris tout de suite ce qui se passait, et c’est en cela aussi qu’elle nous ressemble : elle est bien l’image de l’humanité, de notre humanité !

Que signifie « ressusciter » ?

Mais, quoi qu’elle n’ait pas tout compris, elle est quand même partie annoncer la nouvelle aux apôtres et c’est parce qu’elle a osé le faire, que Pierre et Jean ont couru vers le tombeau et que leurs yeux se sont ouverts. À notre tour, n’attendons pas d’avoir tout compris pour oser inviter le monde à la rencontre du Christ ressuscité. Convertissons-nous pour être d’authentiques disciples et témoins du Christ. En effet, il ne suffit pas de nous rappeler l’existence des évènements anciens. Nous devons aussi en vivre. Le fait de la résurrection n’est pas qu’un souvenir.

Qu’est-ce qu’un souvenir ?

Un rappel d’un acte passé. Je me souviens, par exemple, de la première fois où j’ai vu la mer. Je me souviens des vacances passées dans mon enfance avec les cousins et les cousines dans la maison des grands-parents.

Aujourd’hui, ce matin, nous faisons plus qu’évoquer une histoire vieille de plus de 20 siècles. Nous revivons l’importance de l’événement. Marqué dans sa chair par la souffrance, la violence, la brutalité, l’injustice, le mensonge, Jésus est ressuscité. Il est le Seigneur, le Maître de la vie qui détruit le mal, le péché, pour nous apporter la vie. Aujourd’hui, le Christ nous apporte la vie. Crucifié en compagnie de deux malfaiteurs, il offre à qui le veut (exemple du bon larron) le salut : « celui-ci est vraiment le Fils de Dieu ! » qui donne la liberté. C’est pour en vivre que nous recevons le baptême. La résurrection du Christ est autre qu’un simple souvenir. Elle se réalise, aujourd’hui, au prix de toutes libérations grâce à notre foi et à nos engagements pour que le mot « Liberté » reprenne tout son sens. Je dis cela en pensant aux dramatiques situations des chrétiens d’Orient et aux conflits où chrétiens et musulmans s’affrontent.

Je Dis cela en pensant à la libération d’otages et en soulignant que le prix à payer demeure ce qu’un combat non violent devrait anéantir,

Le Christ est ressuscité, qu’est-ce que cela veut dire ?

Cela veut dire qu’il est vivant, qu’il a traversé la mort pour vivre à jamais. Cela veut dire qu’il est avec nous, entièrement disposé à nous aider à vivre pour que nous transformions notre vie en une existence qui conduit au Père. Le Christ est opérateur d’unité. À sa suite, quand nous œuvrons pour supprimer ce qui divise, nous construisons le Royaume de Dieu composé d’un peuple de frères.

Que le Christ soit ressuscité, cela signifie qu’il est vivant, agissant aujourd’hui en nous et dans nos lieux de vie pour que nous soyons de véritables serviteurs les uns des autres. Pas seulement serviteurs à l’adresse des membres de notre Église, vue comme un club, mais aussi et surtout serviteurs pour les hommes et les femmes que nous rencontrons dans la banalité de l’existence. Réjouissons-nous que des mouvements tel l’Action catholique ouvrière (ACO) tout en n’étant plus dans l’air du temps face à ladite nouvelle évangélisation agisse dans ce sens.

Aujourd’hui Christ est vivant.

Il est vivant pour tous. Pour nous qui essayons d’être ses disciples. Vivant pour le monde, trop marqué de matérialisme. Oui, le monde est beau. Il est encore plus beau quand la gloire divine qui le pénètre est reconnue par tous les habitants qui le peuplent.

Vous le voyez, la messe de la résurrection, comme toutes les messes que nous célébrons, n’est pas qu’un simple souvenir, une belle image du passé. C’est une action. Christ, présent parmi nous, agit pour nous et par nous afin que toutes personnes perçoivent que le Vivant apporte la Liberté. L’homme ne vit pas seulement de pain terrestre.

 

Publié dans Eglise, évangile

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