À qui manifeste un début de questionnement, d’attrait pour Dieu, on donnera plus de connaissance, de compréhension du sens de la vie divine

Publié le par Michel Durand

À qui manifeste un début de questionnement, d’attrait pour Dieu, on donnera plus de connaissance, de compréhension du sens de la vie divine

Vive le temps libre que donne la période de l'été !

Lundi 14 juillet, j'ai eu la chance de découvrir comment mettre un fichier sonore sur over-blog. Je le ferai désormais pour les homélies si le résultat est probant.

Voici ce que cela donne ; un clic sur le fichier mp3 et il va se retrouver quelque part sur votre ordinateur, éventuellement dans le dossier des téléchargements. Agir alors sur le mp3 présent dans votre machine.

Le texte de l'homélie se trouve en-dessous.

Homélie du 13 juillet 2014 donnée en l'église Saint-Polycarpe à Lyon 1er

Un évangéliste prédicateur de rue, soutenu par son mégaphone, proclame : « Je pose la question à haute voix « Voyez-vous Dieu visiblement ? Et pourtant, il dépasse en beauté tout ce que vous pourrez admirer. Moi, je dépeins la supériorité de Dieu et des dons divins invisibles à nos yeux qui se manifestent visiblement certes, mais dont l’essence est invisible ». Et notre homme distribue des évangiles disant : « À toi l’inconnu l’œuvre de Dieu n’est jamais en vain, car Sa Parole produit le salut dans un cœur préparé par Le plus grand évangéliste, le Saint-Esprit. »

Que les éventuels auditeurs soient disposés à entendre ou non, cela importe peu, car Dieu commande à ses baptisés de « proclamer chaque jour l’Évangile. » Nous entendons aussi les télévangélistes dire « Jésus est ressuscité. Il a vaincu Satan, il est le vainqueur ». « Jésus sauve, recevez-le ».

Jésus n’agit pas ainsi. Jésus (très souvent) parle en paraboles parce qu’il veut être entendu et compris par ceux et celles qui vivent dans une ambiance étrangère au profond mystère divin. Il ne sert à rien, en effet, de dire de grandes vérités à celui qui n’est pas prêt, humainement, culturellement et spirituellement, pour entendre et comprendre.

Pour avoir observé, alors que je tenais ma permanence à l’espace Confluences, rue St Jean - place du Change, ce discours d’évangélistes de rue, parfois mis en musique, je peux affirmer que les passants étaient scandalisés que l’on puisse se permettre autant de bruit pour une prétendue annonce de l’Évangile. Ils étaient devenus indifférents au contenu parce que la forme leur était réellement insupportable.

Jésus parle en paraboles. Il a conscience d’avoir beaucoup à dire. Et ce qu’il dit a tellement d’importance qu’il choisit d’abord de gagner l’attention de son auditoire. Il ne s’est pas mis sur la place la plus fréquentée de la ville. Il va au bord du lac, là où se réunissent les gens qui n’aiment pas (ou ne peuvent pas) se montrer dans les lieux célèbres afin d’être vu de tout le monde.

Au bord de l’eau, à l’écart de la foule, venaient plutôt les personnes en marge de la bonne société, des pauvres, des malades, des publicains dont la profession était douteuse, des gens conscients de leur manque. Jésus s’adresse à ces personnes qui déjà font un pas vers lui par désir de plus de vérité :

« une foule se rassembla autour de lui ».

Ces gens se posent des questions et aimeraient pouvoir y voir plus clair. Afin d’être assurément compris d’eux, Le Christ leur parle en parabole.

« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »

- Jésus leur répondit :

« À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux, ce n’est pas donné. »

La réponse de Jésus à cette question indique que, dans le cœur des auditeurs, il doit se trouver au moins un désir, un début de compréhension des choses divines. Sans cet attrait, la Parole du Royaume ne peut porter aucun fruit. Tel est le sens de la phrase :

« celui qui a recevra encore ».

À celui qui manifeste ce début de questionnement, de curiosité, d’attrait pour Dieu, on donnera encore plus de connaissance, de compréhension du sens de la vie divine.

Nous ne pouvons parler de Dieu, l’inconnaissable, l’indicible, qu’en utilisant des images capables de susciter l’attention, de déranger quelque peu dans les certitudes afin d’ouvrir à la nouveauté qui se présente. En effet, celui dont le cœur est endurci ou n’est pas prêt à entendre à cause des soucis du monde ou d’un esprit superficiel, celui-là est totalement hermétique à l’annonce. En lui, elle se dessèchera comme une semence jetée sur des cailloux. Autrement dit, pour évangéliser, il faut, de diverses façons, d’abord travailler le terrain qui recevra la parole.

Relisons alors l’Évangile du jour en nous interrogeant personnellement.

Quand le semeur sème sur la mauvaise terre, cela ne poussera pas. La mauvaise terre, c’est nous quand on ne va pas vers le voisin pour lui tendre la main et lui rendre le service dont il a besoin.

Et la bonne terre ?

La bonne terre, c’est nous qui allons vers l’autre pour être attentifs à ses attentes. En effet, pour être porteur de beaucoup de fruits, il faut être disponible, savoir écouter la vie des autres et la vie de Dieu. C’est-à-dire qu’il ne faut pas se laisser envahir par les soucis mineurs de la vie quotidienne ou les petits évènements sans importances. La bonne terre, c’est nous quand nous n’avons pas honte de nous exprimer devant les gens à propos d’une réalité divine que nous avons mieux perçus. Il est triste de voir des chrétiens qui ont honte de parler de leur foi alors que Dieu, par Jésus, dit d’aller annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.

Croire en Dieu, recevoir la Parole de Dieu, le prier… donne la force. Dieu agit en nous, même si nous ne le savons pas. Il est invisible, mais il est là. Il nous écoute le prier. Il donne sa force. Une personne très simplement m’a dit : « je constate en moi-même que Dieu écoute tout le temps et qu’il me donne la force ».

Rappelons-nous ce que dit la première lecture. C’est Dieu qui parle :

« Ainsi ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission ».

Ce que Dieu veut se réalise.

Dieu nous parle.

Attentifs à ce qu’il dit, nous voulons, dans notre vie, mettre sa Parole en pratique. Puis, nous essayons, à la suite de Jésus, de communiquer autour de nous son enseignement. Nous ayant assuré que notre « auditoire » est capable de recevoir quelque chose de Dieu, nous lui transmettons la Parole en fonction de ce qu’il est capable de percevoir. Comme Jésus, nous parlons au monde tantôt en paraboles, tantôt en langage direct, clair, respectant ceux qui écoutent, les prenant, là où ils en sont. Surtout, je le redis, nous mettons cette parole annoncée en pratique pour que la terre que nous sommes, notre actuelle humanité, devienne une bonne terre.

Publié dans Eglise, évangile, Témoignage

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