L’occupation de territoires est une transgression contre Dieu et contre la personne humaine, car elle prive des droits humains fondamentaux

Publié le par Michel Durand

Photo : place aux droits : jpn@placeauxdroits.net

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  • L'engagement pour la Palestine inclut nécessairement un engagement en faveur de tous les humiliés du Proche et Moyen-Orient et aussi de toutes les régions de la Terre.

Au moment de mettre en ligne mon homélie de ce dimanche, je lis ce que le site de l'église Saint-Merry à Paris a écrit sur son site à propos de Gaza. Comme je découvre une totale résonance entre mon homélie et ce poste (oui, je préfère poste à post), je le cite ici.

Voici en extrait :
Vient un moment où les incantations n’y suffisent plus. Dans le document Kairos, les chrétiens de Palestine nous avaient invités à dire une parole de vérité et à prendre des positions de vérité en ce qui concerne l’occupation du Territoire palestinien par Israël. Voilà pourquoi nous n’hésitons pas à dire, avec eux, que l’occupation israélienne des territoires palestiniens est une transgression contre Dieu et contre la personne humaine, car elle prive les Palestiniens des droits humains fondamentaux que Dieu leur a accordés, et défigure l’image de Dieu dans les Israéliens – devenus occupants – comme dans les Palestiniens, soumis à l’occupation.

Et encore :
Nous croyons que la bonté finira par triompher face aux prédateurs souvent liés aux lobbys militaro-industriels qui profitent de telles situations. Nous, chrétiens, avons notre rôle dans la diplomatie de peuple à peuple. Puisque visiblement l’ONU semble devenu inefficace, puisque beaucoup de gouvernements ont pris parti ouvertement pour l’oppresseur, alors il ne tient qu’à nous de redoubler nos efforts pour un boycott de l’État d’Israël. C’est ce que nous demandent depuis des années les chrétiens de Palestine, comme ils l’ont refait dans l’appel Kairos. La campagne BDS (boycott désinvestissement sanction) est, aujourd’hui, à la fois l’unique et le plus pertinent moyen non-violent pour faire entendre la voix des peuples solidaires avec la Palestine.

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L'homélie de ce dimanche
27 juillet 2014

Un lien inévittable avec le poste d'hier !

Salomon, roi d’Israël exprime sa prière :

Seigneur, mon Dieu, donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal ; comment sans cela gouverner ton peuple ?

Chaque jour notre regard est tourné vers le proche et le moyen Orient. Chaque instant nous nous demandons comment expliquer le silence des grandes puissances mondiales. Certes, certains prennent la parole, mais pour parler sans rien dire ; alors, leur parole n’a aucune efficacité. Mais, des paroles fortes peuvent aussi demeurer sans aucune prise.

De nombreux penseurs disent que, dans un État, le désir d’imposer sa puissance se traduit, depuis le récit inaugural de la tour de Babel, par la construction des villes. La ville est la marque de la puissance du chef du peuple. Elle s’érige sur les ruines d’une cité précédente et se protège derrière de hautes murailles. Elle se signale par des gratte-ciel qui se doivent d’être plus haut que le dernier construit. (voir Jacques Ellul, Sans feu ni lieu. Signification biblique de la grande ville, 1975) Autrement dit, la puissance d’un peuple se traduit par l’asservissement des voisins. Il en est ainsi depuis la naissance du monde.

Dieu répond à Salomon :

« Puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé : je te donne un cœur intelligent et sage ».

Prions pour que tous les chefs d’État et les gouvernements puissent parler comme Salomon !

« Pax Christi France, je cite, adjure les responsables de la communauté internationale et nos gouvernants français de faire tout ce qui est en leur pouvoir, par delà les divergences entre pays et les alliances particulières qui paralysent souvent la concertation internationale, pour promouvoir, voire imposer, des négociations afin de ne pas tomber sous le coup d’une accusation de « non-assistance à monde en danger ».
Pax Christi France en appelle aux acteurs du conflit. Il ne s’agit pas de savoir aujourd’hui qui est responsable de la montée de la tension. L’urgence et la raison, la volonté de créer les conditions d’une cohabitation raisonnable, la paix demande un sacrifice majeur, celui de ne pas privilégier ses seuls intérêts, mais d’accepter de donner la priorité à la justice, aux respects des droits de chacun, à la mise en place des possibilités d’un déploiement harmonieux de chaque existence. Halte au feu. Place au dialogue et à la responsabilité partagée ».

Ceci rappelé, regardons dans notre propre existence. Demandons-nous quelles sont nos priorités. Que (Qui) respectons-nous ? Et comment ? Quel est notre absolu, notre royaume de Dieu qui anime et focalise nos énergies les plus vitales ? Pour qui serions-nous prêts à risquer notre vie ? Quelle place donnons-nous à ce qui est différent ?
Je propose un exercice très simple pour repérer ce qui est pour nous un absolu, ce qui nous mobilise comme un dieu, ce qui occupe une place capitale dans nos raisons de vivre. Relire son agenda sur plusieurs mois et repérer les rendez-vous qui reviennent souvent, régulièrement ; ceux qui sont soulignés en rouge. Qu’avons-nous fait ? Qui avons-nous rencontré ? Qu’avons-nous privilégié ?
Combien de temps ai-je passé avec cette personne, cette autre ? Qu’ai-je choisi ? Cet inventaire indiquera effectivement notre petit dieu, nos petites idoles. L’agenda se présente alors comme un révélateur. En prendre conscience est la première étape vers une libération intérieure : ai-je choisi ce qui est pour moi la perle fine dont parle l’Évangile, ou bien la vie m’impose-t-elle des choix inconscients qui me font adorer des priorités illusoires ?

Dans la démarche du baptême, nous professons que nous voulons dire non à tout ce qui écarte du chemin du Christ. Le faisons-nous vraiment ? Débusquons donc les faux royaumes de Dieu à travers notre agenda et nous serons rendus libres pour désirer la vraie perle fine, et non la verrerie de pacotille.
La parabole –Jésus parle en parabole pour se faire entendre des gens qui refusent d’entendre– est là pour nous éveiller à l’essentiel. Il nous revient de rependre à notre compte cette image et de questionner : qu’est-ce qui, dans mon existence, tient lieu de perle fine pour laquelle je serai capable de tout sacrifier ? Qu’est-ce qui m’atteint, me concerne, et me met fondamentalement en question ?

Je prends un exemple. J’ai rencontré un homme qui dit à qui veut l’entendre : « le plus important pour moi, c’est la famille » ; et pourtant, il se conduit tous les jours en adepte de l’alcool, de la drogue, de la non-prise en main de sa vie.

Bref, être concerné de manière ultime par l’acquisition d’une perle rare, c’est orienter ses choix, ses actions, ses calculs vers l’acquisition de ce trésor caché. C’est établir un ordre des priorités de son existence, en sachant et distinguant ce qui est essentiel de ce qui est relatif, ce qui est premier de ce qui est second.
Je vous invite à vous plonger dans vos agendas pour déterminer la place de vos choix. C’est un exercice qu’il est bon de faire en équipe, car le regard de l’autre ouvre à la lucidité.

Publié dans Eglise, évangile, Politique

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