Moyen-Orient. Pourquoi ne pas mettre le doigt sur la racine des faits, à savoir la domination de l’économie libérale largement occidentale ?

Publié le par Michel Durand

 France3 RA Lyon, le 20/07/2014 - Salon Beige: le 26/7/14 France3 RA Lyon, le 20/07/2014 - Salon Beige: le 26/7/14

France3 RA Lyon, le 20/07/2014 - Salon Beige: le 26/7/14

 

Je reviens de la manifestation en soutien de la Palestine et je me suis également rendu place Saint-Jean au rassemblement organisé par la communauté assyro-chaldéenne, en présence de l’archevêque de Lyon (lire La Croix).

Le salon Beige, dont on connaît les orientations, a de suite rendu compte de ce rassemblement. Ne pourrait-il pas pu, aussi, parler des chrétiens palestiniens ? En fait, pourquoi ne défendre que les chrétiens ?

Le patriarche de Babylone des Chaldéens, Mgr Louis Raphaël Sako, situe le problème dans son contexte régional, Syrie, Gaza-Palestine : « L’instabilité en Irak menace l’ensemble de la région du Moyen-Orient »… « Cette instabilité est préoccupante en raison de la multiplication des attaques contre les chrétiens et les minorités ». Mais est-ce suffisant ?

Pourquoi ne mettons-nous pas, dans les textes que j’ai pu lire, le doigt sur la racine des problèmes, à savoir la domination de l’économie libérale, largement occidentale ? C’est la finance qui domine le monde et le silence de l’Europe s’explique par le refus de mettre de l’ordre dans ce domaine, car cela troublerait les pseudo équilibres en faveur de l’Occident. Il me semble que Boko Haram veut dire l’éducation occidentale (le livre) est un péché. Le chrétien, vu comme venant d’occident est péché. Il est pourtant de naissance oriental ! Mais on l’oublie à cause des puissances financières occidentales.

Par ailleurs, pourquoi parler seulement des chrétiens ?

La détermination à manifester dans la rue est engendrée par l’unique fait que des gens sont exterminés, massacrés, expulsés de chez eux, qu’ils soient chrétiens ou non. En ce sens les manifestants de la place Saint-Jean à Lyon, en ce jour, aurait dû avoir le désir de rejoindre sur la place Bellecour ou sur la place des Terreaux les jeunes et les familles venus soutenir les familles palestiniennes. Avant d’être ou de ne pas être chrétien, je suis homme. C’est l’homme que je défends quand il est écrasé sous des bombes. S’il est humilié parce que chrétien, je suis là également pour le soutenir. Mais, ce qui compte en premier c’est que sa dignité humaine soit bafouée. A cela s’ajoute son engagement chrétien sans le remplacer. Regarder l’homme en premier est, me semble-t-il, le seul chemin possible pour ne pas s’enfermer dans les rivalités religieuses communautaristes.

Prenons  le problème sous un autre angle. Les prochrétiens irakiens pouvaient-ils rejoindre les propalestiniens de Gaza ? Le signe qu’offre Le salon beige montre, dans l’événement présent, que ce ne sont pas les mêmes mondes. Les intérêts financiers, les pouvoirs économiques ne sont pas les mêmes… Alors, je retrouve mon analyse précédente. Atteindre la racine des conflits, l’économie, est la seule voie possible. Grève des achats, boycott de tous les produits soutenant les finances des assaillants, dénoncer à sa racine le commerce des armes...

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