Cercle de silence, homme, 25 ans : je ne peux pas m'arrêter avec vous, mais je suis complètement d'accord avec vous et me déclare solidaire

Publié le par Michel Durand

Cercle de silence à Lyon, place des Terreaux, 18 h 30, deuxième mercredi du mois.

Cercle de silence à Lyon, place des Terreaux, 18 h 30, deuxième mercredi du mois.

À Lyon, les Cercles de silence ont repris. La corde que nous plaçons au sol était entièrement entourée de participants, alors je peux dire que nous étions entre 60 et 80 personnes. Encourageant quand même ! Mais moins que les premiers CDS (cercle de silence).

Comme d’habitude, des personnes, après lecture du tract, se sont arrêtées en se joignant au cercle pour une durée soutenue.

Le CDS de la place des Terreaux se pose, comme dans d’autres villes, la question de son efficacité. Faut-il continuer ? À Lyon, nous avons répondu affirmativement. « S’arrêter serait une grave atteinte à ma conscience », exprime l’un des silencieux circulaires, « alors que j’agis pour toucher la conscience des gouvernants ». C’est dans ce sens que nous avons décidé une grande rencontre promue dans un vaste effort de communication pour éveiller de nouveau à l’importance de l’accueil du migrant. Au printemps 2014, grâce à l’association Des hommes et des lieux, fut rédigé un recueil de témoignages des participants au CDS. Nous lancerons ce livre en octobre, notamment avec la lecture sur scène de plusieurs témoignages. J’en reparlerai.

Pour l’instant, ce que j’écris vise à présenter des courriels reçus la semaine passée à propos des cerces de silence. Leur durée et efficacité. Voici les couriels :

Montélimar, 12 septembre 2014, 13 h

Bonjour,

Suite au Cercle de mercredi 10 septembre, voilà ce que nous avons décidé d'envoyer à toutes les personnes que nous connaissons et qui, à un moment ou un autre, ont participé à notre cercle de silence.

Amicalement,

Marcel - (Cercle de Montélimar)

 

Quel avenir pour le Cercle de Silence ?

Hier soir, nous avons commencé le cercle à 5 et terminé à 10.

Nous avons été au maximum 12 et en tout une quinzaine de personnes ont participé pour un temps plus ou moins long.

Nous nous posons la question de la continuité ou non du cercle.

Les avis hier soir étaient très partagés.

La réalité c'est que, après avoir espéré de la gauche une amélioration de la situation, beaucoup ont une impression d'impuissance et se démobilisent. La plupart des cercles enregistrent une diminution de la participation.

Un monsieur qui est resté jusqu'à la fin du cercle faisait remarquer que ce cercle fait se poser des questions aux gens qui passent et qui reçoivent une information qu'ils n'auraient pas autrement. Il y a aussi le fait que si on fait quelque chose on ne sait pas toujours ce que ça fait, mais que si on ne fait rien ça ne fait RIEN.

Une autre idée est de s'en tenir aux moments forts lorsqu'il y a une action précise à mener (expulsion de l'ATSA, par exemple...)

Et vous, qu'en pensez-vous?

Les participants réguliers du cercle attendent votre avis.

Amicalement,

Pour le collectif du cercle

Marcel

 

12 septembre 2014-09-13

Il est clair que le changement de gouvernement déçoit par son manque d’engagement vis-à-vis des migrants..

- Il est aussi clair que pour les cercles, ne rien faire ça ne fait rien, ni en bien, ni en mal.

- Et assez clair que certains d’entre nous ne se satisferont pas de ne rien faire.

- Il est encore plus clair que un changement de gouvernement ne nous mènera qu’à un pire.

Je persiste à croire que ce qui nous interpelle ( le problème du traitement des migrants) est un problème européen, voire mondial, et que les dirigeants que nous avons élus dans chaque pays devraient s’atteler à un traitement collectif de ce phénomène (naturel en soi, l’homme a toujours migré …) . Traitement qui actuellement est très répressif et qui engendre des points de « crise » genre Lampedusa, Calais….

Continuer, c’est mettre en avant notre vigilance sur le traitement migratoire, et la lame tempête en est un symbole.

À bientôt

Sylvie Zorne (cercle de Strasbourg, mais en son nom propre)

 

13 septembre 2014 :

L'avenir pour nous c'est d'arriver à faire des liens.

Les Cercles de Silence protestent contre le sort réservé aux migrants ; d’autres initiatives contre celui réservé aux chômeurs, d’autres combattent la pauvreté grandissante…

Autant d’inégalités aussi insupportables les unes que les autres.

Et on peut comprendre cette personne au chômage depuis longtemps, apostrophant un Cercle de Silence de la région, en disant : « Et pour moi, qu’est-ce que vous faites ? ».

À quoi il a été répondu : « Venez avec nous, c’est le même combat contre l’individualisme qui enferme ».

C’est ainsi que pour le Cercle de Salon-de-Provence actuellement en veille, nous cherchons, à travers le « Réseau Sanctuaire » qui prend de l’ampleur autour de nous, le moyen de rebondir ou de diversifier notre action tout en restant dans le même esprit.

Bien cordialement à tous,

Martine & Jean-Marie Carlier

Pays Salonais

(Comme le dit Hervé Kempf : « L’individualisme enferme et la solidarité libère et rend heureux, car le bonheur est déterminé par la profondeur et l’amplitude des liens sociaux. La solidarité, le bien commun, le partage et la coopération sont une exigence pour l’harmonie personnelle comme collective. ». In « Pour sauver la planète, sortez du capitalisme ». Ed du Seuil 2009)

 

Et il y aussi ce courriel :

Bonjour à tous!

Le jeudi 4/09, nous étions 6 à nous réunir en cercle dans les Allées de la Liberté.

Rien de spécial ne s'est passé et pourtant ! Vers la fin, un jeune homme, 35 ans environ, après avoir lu notre tract est revenu en arrière pour s'excuser : "désolé, je suis en vacances en famille, je ne peux donc pas m'arrêter avec vous ce soir, mais je suis complètement d'accord avec vous et me déclare solidaire ! "

- "D'où êtes-vous originaire ?"

- "De Lyon"

- " Ah, mais il y a un cercle de silence à Lyon, vous pourrez y participer"

- "Ah bon, merci, je ne savais pas. Oui, bien sûr"

Et voilà donc au moins une personne de plus qui sait à présent qu'il y a environ 180 cercles de silence en France...

Puis quelques minutes plus tard, un autre jeune homme, assis depuis un petit temps à une table d'un café proche, se dirige vers moi avec un billet de 20 € en main et me dit : "C'est une collecte pour les sans papiers, on peut donner de l'argent ?"

- "Non, pas particulièrement, nous cherchons avant tout à faire prendre conscience de la situation au public etc."

Il voulait absolument me donner de l'argent que je n'ai pas pu accepter, mais son geste est sympa, c'est une autre forme de solidarité quand même.

Et voilà, avec ces petits riens le cercle, les cercles avancent, le levain est dans la pâte...!

Bonne continuation à tous!

Fr Etienne de Lérins o.c.

 

Publié dans Politique

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