Cercle se silence ! Toujours en appeler à la conscience collective

Publié le par Michel Durand

Cercle se silence ! Toujours en appeler à la conscience collective

Les membres des cercles de silence (CDS), depuis mai ou juin, ont beaucoup réfléchi sur l’opportunité de continuer à manifester dans le silence leur cri de conscience. L’efficacité de tels rassemblements semble tellement nulle qu’à juste titre on se demande s’il n’est pas préférable de s’arrêter. Mais le but d’un CDS n’est-ce pas essentiellement un appel à la conscience de tous pour que l’Europe convertisse sa politique face à l’immigration ? Alors, si l’on s’arrêtait, quel malaise vivrait la conscience des partisans du respect de tous les étrangers devant quitter leur pays ?

Début septembre. Les cercles de silence reprennent. La situation empire. Ce n’est pas le moment de ne rien faire. Partout en France, mouvement pacifique et non violent, les rassemblements publics, malgré parfois le petit nombre, s’installent en « remobilisant les troupes » par des soirées de sensibilisation, d’information, de conscientisation. Ainsi à Bayonne, il y eut une soirée publique intitulée : « L’étranger - chance ou fardeau ? »

Du sud, au nord en passant par l’est et l’ouest de l’Europe

Dans ces rencontres publiques, on ne parle pas seulement des « sans-papiers », mais du migrant en général. « L’arrivée de l’étranger provoque un choc et une ouverture sur le monde qui peut passionner, mais aussi déstabiliser. Son existence questionne nos gestes d'hospitalités. Ces gestes qui ne sont ni aisés ni spontanés...

Mais pourquoi l'hospitalité ? Pourquoi réfléchir à l'accueil et à la protection des personnes  alors qu'on a plutôt tendance, en période de crise, de se replier sur soi ? Est-ce que l'hospitalité se perd ? Est-elle une obligation ou une qualité ? Est-elle sociale ou purement personnelle ? »

Bref, un débat qui rejoint les motivations des participants de cercle de silence de Lyon (et d’ailleurs). Nous le ressentons dans les témoignages publiés dans le petit livre qui sortira le mercredi 5 novembre.

En Suisse également la question se pose. Ne parlons pas de Lampedusa, connu de tous, ni des morts en méditerranée. Entre janvier et septembre 2014, 3 000 personnes ont péri au large de l’ile italienne. À Genève, le 19e Cercle de silence s’est tenu samedi 27 septembre sous ce slogan : « pas de nouveaux lieux de détention pour les personnes migrantes à Genève ». Les responsables politiques genevois veulent en effet que ce canton se spécialise dans les centres de rétention administratifs en vue de renvoyer au pays les demandeurs d’asile déboutés de toute la Suisse. Le projet prévoit des cellules pour l’enfermement des familles, enfants y compris. Les membres du cercle de silence genevois répondent : «  de tout temps Genève a accueilli des réfugiés et ne peut pas renoncer à cet accueil sans perdre son âme humaniste et engagée pour la paix ». (Voir : www.mageneve.ch)

Le cercle de silence de Digne organise, juste avant son rassemblement de 18 h, une rencontre débat et projections sur le thème : « Migration et fraternité ».

« Dix ans d’engagement auprès des migrants, à Calais »

Il s’agit « d’informer et sensibiliser le grand public, interpeller les pouvoirs publics, sur ce sujet sensible, sur les questions que pose la présence des migrants et des étrangers sur le territoire français ».

Et les organisateurs précisent : « Cette invitation au débat émane du constat commun à toutes ces organisations bénévoles en prise directe avec la réalité, confrontées dans leur accueils respectifs, aux problèmes de plus en fréquents, de plus en plus aigus que rencontrent les étrangers, plus particulièrement les sans-papiers, dans l’impasse. Le monde associatif pallie toujours plus l’absence de réponse des pouvoirs publics, y compris pour les nécessités vitales, alimentation, scolarisation, logement, apprentissage de la langue, appui administratif. Mais les forces humaines et financières sont à bout de souffle ».

« On ne règlera pas les problèmes de l’immigration à coup de bulldozers », dit Nobert Mouiren, président du Secours Catholique des Alpes.

Parlons également  du cercle de silence de Versailles. Ce sera la dernière référence ; il y aurait tellement d’initiatives à citer ! Dans sa lettre n°55 d’octobre 2014, il est question des centaines de mineurs isolés étrangers laissés en danger et dont l’avenir aura été impunément saccagé. C’est pourquoi il est demandé que des décisions soient prises par le département de Paris dans les plus brefs délais pour que cesse le scandale du traitement des mineurs isolés à Paris.

En ce qui, localement, nous concerne : continuer le cri par le silence !

À Lyon, le deuxième mercredi de septembre, nous avons repris le cercle de silence sur la place des Terreaux. Il était évident que nous devions continuer. Évident aussi qu’il fallait de nouveau mobiliser. Alors, une soirée est organisée le mercredi 5 novembre à 18 h à la mairie du 1er arrondissement, 2 Place Sathonay, 69001 Lyon.

Pour en alimenter le débat, depuis plusieurs mois, le Collectif d’acteurs des Cercles de silence a publié des textes donnant le mobile de leur présence sur la place des terreaux le deuxième mercredi de chaque mois de 18 h 30 à 19 h 30 : Le cri du silence, Paroles collectives, avec la participation d’Alain Richard. 72 pages.

En voici l’avant-propos :

À Toulouse, sur la place du Capitole, le 30 octobre 2007, un premier cercle de silence voit le jour. Sur l’initiative d’Alain Richard, Frère franciscain, ce regroupement s’inscrit dans le cadre du mouvement de la non-violence inspiré par Gandhi.

Il cherche à dénoncer les atteintes faites à l’encontre des étrangers « sans-papiers » enfermés dans les centres de rétention administrative : respect, dignité, humanité. Il appelle à la conscience de tous sur la question des migrations.

L’initiative séduit nombre de personnes et d’autres villes créent leur cercle. Sept ans plus tard, plus de cent-soixante-dix Cercles de silence réunissent en France des milliers de personnes, en général un soir par mois. Les participants, citoyens de tous horizons, isolés ou soutenus par diverses associations et organisations, se retrouvent pour observer une heure de protestation silencieuse, disposés en cercle sur une place publique. Si les formes et les dates diffèrent d’un lieu à l’autre, les revendications – actualisées en fonction des difficultés rencontrées par chaque localité – restent attachées à la problématique de l’accueil des migrants.

Loin d’être une étude exhaustive de la tenue des cercles de silence en France, ce petit livre est l’expression de militants engagés depuis plusieurs années sur les questions de migration. En résulte un mélange de témoignages, de récits qui prennent plus de distance, d’impressions très personnelles, voire de poésie.

Ces écrits ne constituent pas une étude sociologique, politique ou philosophique. Il s’agit de l’expression d’expériences individuelles et collectives, d’un questionnement de leur engagement.

Les participants aux cercles de silence proposent ici une méditation que l’on peut aborder 

Un petit rappel avec Lyon Capital

Publié dans Politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article