Il a vu mourir père, sœur et autres personnes proches. Il a fui et on lui demande de rebrousser chemin. Migration interdite. Europe protégée

Publié le par Michel Durand

Des secouristes sur la plage d’al-Qarbole, où gisent des corps de migrants clandestins à 60 km à l’est de Tripoli, en Libye le 25 août 2014 | AFP
Des secouristes sur la plage d’al-Qarbole, où gisent des corps de migrants clandestins à 60 km à l’est de Tripoli, en Libye le 25 août 2014 | AFP
Plus que jamais le cri des cercles de silence est indispensable. Il nous faut, par ce moyen non violent, convertir une Europe prisonnière de son aveuglement égoïste. Elle veut la croissance économique. Impossible. Il faudrait qu’elle rencontre la fraternité comme l’indique la devise de la France : liberté, égalité, fraternité.
Les cercles de silence se relancent en ce mois de septembre 2014. Il faudrait qu’ils soient massivement fréquentés pour appuyer sur l’opinion public dans le but d’obtenir un nécessaire changement des mentalités : conversion de nos modes de vie.

Dans l’écho des vigies, je découvre cette émouvante page. C’est elle qui a orienté les phrases précédentes.

Mardi  30 septembre 18 h 45

Asile

Il est assis un peu à l'écart, concentré. Il recopie un texte en arabe sur une feuille propre. Quelqu'un s'approche et veut lire. Il le rabroue.

"C'est le texte pour ma demande d'asile. Il n'a pas à le lire."

Silence.

"Je viens du Soudan. C'est la guerre. Mon père et ma sœur sont morts."

Silence.

"La première personne que j'ai vue morte, c'est mon père."

Il montre du doigt les deux endroits du corps où étaient les impacts des balles.

Long silence.

Puis il raconte son trajet jusqu'ici, la traversée du désert, la Libye, la traversée de la Méditerranée, l'Italie et la remontée vers Calais.

Il ne reparle pas du Soudan. Il devra raconter plusieurs fois, à des inconnus, ce qui est arrivé là-bas, pour obtenir, peut-être, l'asile.

Il conclut :

"Je ne pensais pas que la France nous traiterait comme elle nous traite à Calais."

by passeursdhospitalites

 

La violence des guerres dans les pays ne peut que pousser à fuir sa terre natale, comme au Nigeria.

 

Publié dans évangile, migration, Politique

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