La société civile finira par obliger l’économie universitaire à sortir de l’ornière où elle s’est elle-même enfermée

Publié le par Michel Durand

La lettre d’information des Éditions de l’Atelier communique :

Un Nobel d’économie politiquement correct ?

 

Jean Tirole, le prix Nobel d’économie est Français… la belle affaire ! Un concert de cocoricos s’est fait entendre pour s’en réjouir mais qui s’est vraiment penché sur les théories qu’il défend ? À contre-courant, Attac, Mediapart et quelques autres, ne se sont pas associés au satisfecit général et on les comprend…

En effet, Jean Tirole fait partie du courant d’économie néolibéral qui soutient que le marché dérégulé, la concurrence débridée, permettent à une économie de se positionner en un équilibre socialement "optimal". Tout au plus concède-t-il que les imperfections de marché obligent à réguler ce dernier à la marge... Comment ne pas être surpris alors que la crise financière montre, en elle-même, que cette analyse est inopérante ?

Pour comprendre, en profondeur, l’inadéquation de l’analyse néolibérale à la réalité économique, il faut lire L’Imposture économique de Steve Keen, préfacé et dont la traduction en France a été dirigée par l’économiste Gaël Giraud. Cet économiste australien, en poste à Londres, montre notamment que les théories économiques néolibérales et, en particulier, la loi de l’offre et de la demande, sont fausses ! Et que le problème majeur de la zone euro, aujourd'hui, n'est pas l'excès de dette publique mais l'excès de dette privée. À la différence de Jean Tirole, Steve Keen fait partie des rares économistes qui ont vu la crise de 2007 arriver. Aujourd'hui, il nous fournit un cadre alternatif cohérent pour la comprendre et pour comprendre également pourquoi nous n'avons rien fait en vue de prévenir le prochain krach financier. Pendant ce temps, Jean Tirole nous explique que le krach de 2007 n'est nullement incompatible avec le concept d'équilibre et préconise la suppression du CDI.

Gaël Giraud, économiste, auteur du livre Illusion financière :
 « Je crois beaucoup à l’éducation et la formation du grand public, des ingénieurs, des décideurs économiques et politiques. C’est la société civile qui finira par obliger l’économie universitaire à sortir de l’ornière où elle s’est elle-même enfermée. »

Pour réflechir à tout cela il est encore temps de s'inscrire au colloque de Chrétiens et pic de pétrole

Commenter cet article