Les bonnes familles comme le bon samaritain savent être proches des autres et le troupeau, non dispersé, sera prêt à accueillir la fugitive

Publié le par Michel Durand

La Croix - 19/10/14

La Croix - 19/10/14

Parmi les catholiques français, les débats sur la famille ont révélé une différence d’attitudes face aux éventuels changements qui découleraient du Synode. Alors que certains estiment qu’il est dans la nature de l’Église de ne pas faire évoluer sa discipline, d’autres expriment au contraire leur confiance dans les décisions du pape et des évêques…

(…) Un divorcé-remarié qui ne vient à la messe qu’une fois par an va-t-il vouloir communier ? Ceux qui, en revanche, viennent chaque semaine sans jamais communier ne seront-ils pas encore plus troublés ? Ce sont là des questions très graves. L’Église n’a pas à s’adapter à toutes les situations pour que chacun puisse faire son miel.
Extrait du Quotidien La Croix. En lire plus en venant ici.

Dans Famille chrétienne :
D’après les synthèses de leurs travaux publiées le 16 octobre 2014, les pères synodaux veulent plutôt trouver les moyens de reproposer la beauté du mariage chrétien plutôt qu’insister sur les aspects positifs des situations problématiques

 

Suite à ce type de réflexion, une chrétienne liée au groupe « reliance », communique ce texte :

Nous les «  Bonnes familles »

Certaines voix ont murmuré très fort que, lors des points abordés par le synode, on avait un peu oublié «  les bonnes familles », et que les débats tournaient tous autour des situations de couples et de familles plus fragiles, voire irrégulières.

Sans chercher à définir tout d’abord plus précisément ce qu’est une «  bonne famille », je suis surprise de leur étonnement : dans l’Evangile, le Christ nous répète sans cesse qu’il est venu, non pas pour les bien-portants, mais pour les malades, les brebis égarées, ceux qui se sont mis en rupture d’amour. Ne laisse-t-il pas ses 99 brebis pour aller chercher celle qui a fugué !

Et c’est exactement ce qui se traduit dans les préoccupations synodale : comment retrouver, rejoindre, accueillir, ramener, redonner toute sa place au sein de la communauté, à ces chrétiens, à ces personnes qui se sentent exclus ou qui se sont exclus eux-mêmes de l’Eglise, à ces familles un peu bancales, à ces couples remariés qui sont partis, et à ceux qui restent en vivant difficilement de ne pas pouvoir participer pleinement à la communion eucharistique (et à tous les autres sacrements).

On pourrait même se demander à la lecture de l’Evangile :

 « le Christ aime-t-il les bonnes familles ? »

Certes, il a posé son regard sur Zachée, sur la samaritaine, sur Pierre et sur tant d’autres que les Pharisiens considéraient comme des pécheurs, mais il a également regardé le jeune homme riche avec amour, il a salué la droiture de Nicodème, il a eu comme amis, Lazare, Marthe et Marie que je rangerais volontiers du coté des bonnes familles. Si le Christ laisse ses 99 brebis dans le pâturage, ce n’est pas parce qu’il ne les aime pas, mais bien parce qu’il leur fait confiance : il les confie les unes aux autres… Ce sont de bonnes familles ; comme le «  bon »  samaritain, elles sauront se faire proches les unes des autres et le troupeau ne sera pas dispersé et sera prêt à accueillir la fugitive.

D’ailleurs, nos bonnes familles sont effectivement bonnes lorsqu’elles accueillent totalement, avec amour, tous leurs enfants à la table familiale, leurs enfants mariés, leurs enfants qui cohabitent, leurs enfants qui divorcent, leurs enfants qui se remarient, leurs enfants homosexuels. Et c’est bien ce qu’elles font, dans leur grande majorité : leur premier prochain c’est leur propre famille. Et c’est pour cela qu’on peut les appeler «  Bonnes familles »

Alors, certaines de ces familles, engagées dans leur paroisse, faisant partie du peuple de Dieu, membre de l’Eglise, s’étonnent que cet accueil qu’elles vivent ne soit pas davantage répandu et que l’Eglise elle-même soit si craintive à inviter toutes les communautés à oser vivre pleinement cet accueil inspiré par le Christ.

Nathalie Mignonat

 

 

Publié dans Eglise, Anthropologie

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Guerre Michel 23/10/2014 17:31

Merci pour ce commentaire qui fait du bien à lire.
Michel Guerre