Goûter la joie d’une complète disponibilité qui situe dans l’ « être » au lieu d’être enfoui dans le « faire »

Publié le par Michel Durand

Goûter la joie d’une complète disponibilité qui situe dans l’ « être » au lieu d’être enfoui dans le « faire »

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Dans un dialogue avec une personne en retraite depuis plusieurs années, j’ai entendu les mots qui convenaient pleinement pour caractériser ce temps de vie ; le mien, depuis septembre 2014.

Je m’explique en parlant de mon approche, désormais nouvelle, de la lecture. Dans mon tout petit domaine de réflexion anthropothéologique, il est rare que je lise un livre qui m’apporte des réalités totalement inconnues. En tout instant, je peux dire : ça, je connais ; je l’ai déjà lu. Rien de nouveau.

Avant le temps de ma retraite de curé, si une étude me semblait vraiment trop connue, je passais outre ; je tournais vite les pages. Je m’ennuyais. Une œuvre qui apporte de l’ennui, on l’abandonne vite.

Actuellement, je dure dans la lecture et ceci avec plaisir. Ne cherchant plus de « recettes » aptes à résoudre de nouvelles situations, je savoure une pensée, je goûte librement ce qui est exprimé dans les pages. Et cette gratuité dans l’approche de la pensée d’autrui enrichit une réelle liberté qui me fait davantage profiter de ce que je lis. Le message imprimé entre davantage en moi. J’ai la certitude de profiter plus intensément du travail de l’auteur, que je sois totalement d’accord avec ce qui est exprimé ou que j’émette des réserves. Autrement dit, en ce temps de retirement, je me sens libéré de l’obligation de trouver des outils pour une éventuelle action future, ce qui me donne de goûter davantage à la « chose lue » et à la pensée, la vie de son auteur. Je me découvre affranchi du désir d’une lecture immédiatement opératrice.

La personne avec qui je m’entretenais de tout cela m’expliqua qu’elle fit la même expérience. Elle le qu’elle constata dans les premiers mois de sa vie de retraitée.

Libéré des contraintes professionnelles, l’homme se situe dans l’existence avec plus de profondeur. Il savoure profondément tout ce qui se présente de bon et sait se prémunir des agressions contraires. Et voilà l’expression qui, pour moi, se présenta en cet instant avec grande clarté, expression mille fois entendue, mais qui, subitement, revêtit un visage nouveau, une force inouïe : Grâce à la retraite, on se situe plus dans l’ « être » que dans le « faire ». C’est cela qui nous libère l’esprit et nous donne d’accueillir davantage en profondeur ce qui se présente. Être dans l’être est source de profonde liberté. 

Publié dans Témoignage

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