Le repli égoïste est ce que veulent les gouvernants pour plaire aux puissants. Quant au mot « accueil », il demeure absent du vocabulaire

Publié le par Michel Durand

Photo shows European Council observing a minute of silence in remembrance of the victims of the recent tragedies in the Mediterranean. Courtesy @EUCouncil.

Photo shows European Council observing a minute of silence in remembrance of the victims of the recent tragedies in the Mediterranean. Courtesy @EUCouncil.

Le mensonge serait-il la norme principale pour une efficace gouvernance ? Quand je lis ceci :
« Les migrants et les réfugiés sont une préoccupation permanente du Conseil de l'Europe, d’autant plus que les migrations entraînées par la mondialisation demeurent une force structurante de la société européenne. Attaché au principe de non‑discrimination, le Conseil de l'Europe encourage la protection des droits des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées. »

et cela :
« Je crois qu'il faut absolument dissuader les migrants d'arriver chez nous… Quant aux immigrés clandestins déjà présents dans l'Hexagone, je pense qu'évidemment il ne faut pas laisser des bidonvilles se constituer. Il faut pouvoir rapatrier (ces migrants) chez eux parce que ces personnes sont en situation illégale. Nous n'avons pas les moyens d'accueillir ces migrants illégaux ».

... que penser ?

Que les Européens industrialisés voyagent partout dans le monde cela ne pose aucun problème, que les pauvres, grâce à leur dynamise personnel tentent leur chance dans de supposés eldorados, voilà l’intolérable.

Devant l’égoïsme ambiant, je ne peux que redire la juste réalité de la libre circulation des personnes. Accueillir les migrants, améliorer les logements précaires, ouvrir des lieux d’accueils dans des immeubles vides demeure la seule politique digne de l’homme. Qu’il n’y ait plus de clandestin est le seul moyen de lutter contre les passeurs maffieux. Donc, faciliter et accompagner les demandes de passeports. Et, en plus, les gens circulant sur la terre en toute légalité, les services de sécurité pourront plus facilement suivre celles et ceux aux pratiques délinquantes.

En un mot, je suis pour la régularisation massive de tous les « sans-papiers ». Un accompagnement des personnes sera possible en toute liberté et à la vue de tous.

L’Argent dépensé pour assumer les tâches de Frontex, serait bien plus efficacement utilisé en le mettant au service de l’accueil. Mais, ce n’est pas cela que veulent les technocrates et politiques européens. Nous ne pouvons, une fois de plus, que constater l’égoïste enfermement de l’Europe sur lui-même. Et la population ne réagit pas ! Sourde à l’appel raisonné et raisonnable d’une foule d’associations :

« En ce mauvais jour du 23 avril 2015, le Conseil européen qui devait enfin « agir » sur une situation « dramatique » en Méditerranée, s’est contenté de tenter de mettre l’Union européenne et ses États membres à l’abri des migrants en renforçant la protection de ses frontières ».

À ces milliers d’êtres humains, femmes, hommes et enfants qui risquent la mort, et souvent la trouvent, en tentant de rejoindre des lieux pour se reconstruire et vivre, les chefs de gouvernement européens, réunis à grand bruit, n’ont eu qu’un seul message à leur envoyer : « Sécurité ! ». Ils n’ont pas cherché à sortir d’une concurrence entre les États membres, essayant chacun de prendre le moins possible des migrants après avoir rejeté tous les autres. Quant au mot « accueil », il ne fait pas partie du vocabulaire des chefs de gouvernement.

Lutte contre l’émigration avec l’appui des pays tiers, reconduite à la frontière, refoulement, rétention dans les centres spécialisés, pénalisation de l’entrée… Voilà ce que vont connaître les survivants quand elles et ils auront fini de compter leurs morts. Le Conseil européen en prenant ces mesures honteuses considère que sa responsabilité n’est pas engagée. Il ajoute ainsi aux morts son propre déshonneur.

Les associations et organisations qui à travers l’Europe défendent les droits de toute personne à vivre quelque part en sûreté, ne peuvent l’accepter et décideront dans les semaines à venir des moyens pour s’opposer à cette politique mortifère.

 

Le repli égoïste est ce que veulent les gouvernants pour plaire aux puissants. Quant au mot « accueil », il demeure absent du vocabulaire

Publié dans Politique

Commenter cet article