Pourquoi agir afin de suppléer aux déficiences de l’État et interroger ses lois qui ne visent que la défense d’intérêts particuliers

Publié le par Michel Durand

Pourquoi agir afin de suppléer aux déficiences de l’État et interroger ses lois qui ne visent que la défense d’intérêts particuliers
Pourquoi agir afin de suppléer aux déficiences de l’État et interroger ses lois qui ne visent que la défense d’intérêts particuliers
Pourquoi agir afin de suppléer aux déficiences de l’État et interroger ses lois qui ne visent que la défense d’intérêts particuliers

 

Quand un État est honnête, il est normal qu'il contrecarre les prétentions de confessions religieuses à régir la société. En revanche les Églises ne sortent pas de leur mission quand elles rappellent à un État sans scrupule le droit des consciences. La limite ici doit être radicale lorsque sont en jeu des droits fondamentauxGaston Piertri, La Croix.

La Coordination Urgence Migrant s’efforce de résoudre efficacement et dignement les problèmes engendrés par la Préfecture qui, manu militari, abandonne des centaines de personnes dans la rue en les chassant de leur habitat précaire.

Des associations dont des membres d’Églises chrétiennes s’engagent ouvertement dans ce devoir d’accueil. Tous, religieux ou laïcs se déclarent scandalisés du comportement affiché par les pouvoirs publics.

Plus d’information sur le site de la CUM.

Les réseaux informatiques donnent également beaucoup d’information.

Je ne peux rester silencieux devant tant d’inhumanité incohérente. Légale,certes, mais non respectable. Le Cri des cercles de silence ne peut que briser l’indifférence dans laquelle la population française (européenne) est plongée. Rappelons le, cette France descend dans la rue par millions pour défendre sa liberté d’expression et d’exploitation des matières des pays du Sud et demeure aveugle, sourde face à l’étranger qui n’aurait pas la liberté de voyager, de fuir la guerre, la misère des guerres alimentées par des armes fabriquées dans le Nord (chez nous).

Toutes ces questions sont évidemment complexes. Elles évoquent même le recours au concept de la guerre juste alors que l’on souhaite ardemment la solution non violente des situations de crise. Mes pensées ne sont pas totalement claires. Comment hiérarchiser les divers éléments des problèmes qui traversent mon esprit ?

Ainsi, c’est dans une tentative de clarification que je rédige cette page et en appelle au discernement de qui veut bien s’atteler à l’œuvre.

 

  • Des personnes sont expulsées de leur lieu de vie au nom de la loi

Pour cause d’insalubrité
Parce que leur présence est illégale, squat d’appartement, d’immeuble commercial, d’usine, de terrain

  • Des constructions précaires, des cabanes sont détruites

Au nom de la loi, il est jugé préférable de détruire les bidonvilles illégaux sous prétexte qu’ils sont cause d’insécurité pour le voisinage.

  • Mais

Au lieu de détruire, de payer des entreprises de destruction équipées de matériels lourds, il conviendrait de placer cet argent dans la construction de sanitaire, dans l’amélioration de l’habitat…
Au lieu de vider un lieu sous prétexte d’insalubrité, il conviendrait de veiller à ce que les services des ordures passent régulièrement pour vider les poubelles.
Assainir les lieux de vie est le seul acte humain valable.
Expulser les gens et passer au bulldozer leurs constructions sans alternative de relogement, c’est les pousser quelques mètres plus loin, les appauvrir et les contraindre à recommencer la construction d’une cabane avec toujours moins de ressources.

  • Que d’argent gaspillé en nuits d’hôtel !

Payer 3, 4 ou 5 nuits d’hôtel est un gâchis financier qui ne garantit pas l’avenir.
Expulsés de l’hôtel, les gens se retrouvent à la rue.
L’argent serait mieux utilisé à la construction de logements d’urgence. Ouvrir des cités d’urgence dans les casernes vides, les immeubles vides des ex-instituteurs, les immeubles vides voulus et vendus par les Sans-abris, la conférence Saint-Vincent de Paul (quais d’Herbouville, impasse Gonin), serait une intelligente alternative aux bidonvilles sans cesse détruits et reconstruits. L’engagement de l’Abbé Pierre demeure exemplaire.

  • Illégalité ?

Les familles qui sont poussées dehors le sont en toute légalité. Encore plus s’il s’agit de personnes sans papiers, déboutées du droit d’asile, sous la férule d’une OQTF.
Mais, même légale, quel est le sens fondamental d’une expulsion d’un CADA, de familles, de célibataires, d’enfants. ?
On dit qu’il n’y a pas d’expulsion sans proposition de relogement. Dans le concret des faits, les expulsés du 31 boulevard Yves Farge, se sont retrouvés sur le trottoir avec les affaires qu’ils avaient pu sortir du lieu (les autres étant détruites et embarquées dans des bennes à ordure). La police présente sur les lieux n’a formulé aucune proposition. Celle-ci, une fois partie, les gens avaient bien conscience de leur abandon. « Vous n’avez pas à être ici, débrouillez-vous ». « Fallait pas venir, en France ». « Fallait restez dans votre pays ».

  • De fait selon la loi

Une Préfecture ne fait qu’appliquer les directives gouvernementales : non-assistance massive aux migrants. Il convient de protéger l’Europe vis-à-vis de tout non européen ou personne indésirable. Cela engendre des comportements inhumains, mais légaux.

Cette loi injuste n’est en rien respectablemême si la police agit correctement en mettant des personnes sur le trottoir. Ce qui est quand même mieux qu’avec brutalité et insulte.

L’existence de Frontex n’est pas respectable. Elle observe les naufrages sans agir ; place des obstacles aux frontières de l’Europe. 

  • Désobéissance civile

En conscience, seul l’appel à la désobéissance résiste à l’épreuve de la réalité de lois marginalisant des hommes et des femmes considéré(e)s comme indésirables, censé(e)s troubler les richesses, l’économie des pays européens.

  • L’appel de l’Italie

La France, comme d’autres pays européens refusent de poser un regard lucide et humain sur la situation. L’Italie manifestant plus d’humanité, en appelle à l’ensemble de l’Europe. Elle est abandonnée à elle-même.

Le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni a exprimé sa colère envers l'Union européenne. "Le problème est européen, mais le remède est italien, ça ne va pas. La surveillance et les secours en mer pèsent à 90% sur nos épaules", a-t-il déclaré.

Cette situation n'est plus tenable. D'autres vont arriver, mais nous ne sommes absolument pas prêts", assure de son côté, Giuseppe Princi de l'association "Nuova Solidarieta", dont le siège a été réquisitionné pour accueillir les migrants malades à Salice, en périphérie de Reggio Calabria.

A l'écart, des migrants embarquent dans des autocars. Somaliens et Erythréens, ils sont très jeunes. Silencieux et visiblement fatigués, ils n'ont pas pris de douche ni changé de vêtement depuis leur arrivée. Plusieurs ont des plaies aux jambes.

Les villes italiennes où ils sont acheminés dans un deuxième temps se disent elles aussi débordées par ces arrivées.

Dans le nord de l'Italie, le gouverneur de la Lombardie, l'une des plus riches régions du pays, s'est insurgé contre ces nouvelles demandes, à l'instar de son collègue de la région voisine de Vénétie (nord-est)

"L'Italie porte un fardeau énorme pour le compte de l'Europe en ce qui concerne le problème de l'immigration", a déclaré un porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, cité jeudi par les médias italiens.

Plusieurs organisations internationales et humanitaires ont également sommé l'Europe de réagir et d'en faire plus pour éviter de nouveaux drames.

Avec le temps calme et printanier qui s'est installé sur la zone, plus de 10.500 arrivées ont été enregistrées depuis le début du mois en Italie, où les structures d'hébergement des demandeurs d'asile accueillent déjà plus de 80.000 personnes.

·      En Italie, les municipalités manquent de moyen, mais agissent.

En France, elles font venir la police pour fermer les habitations possibles, et soutiennent l’État qui pousse le gens dans la rue. La Loi qui permet de tels agissements n’est pas respectable.

·      Suppléances aux défaillances de l’État

Des institutions interrogent ce mode de gouvernement et se voient dans l’obligation d’accueillir et de respecter l’homme dans sa dignité par suppléance aux carences gouvernementales. Quand l’État dit que sa politique migratoire n’est pas discriminante, il est dans le déni, le mensonge, la protection économique d’une tranche de l’humanité au dépend d’autrui. Il se ment à lui-même dans l’usage des mots de sa devise : égalité, solidarité, fraternité.

 

 

Publié dans Politique

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