Je me suis engagé à mener une vie sobre et simple pour être heureux, que puis-je en dire ?

Publié le par Michel Durand

Hildegarde de Bingen, Liber divinorum operum Codex latinus 1942(vers 1230), Lucques, Bibliothèque d’Etat (vision 2, fol. 6).

Hildegarde de Bingen, Liber divinorum operum Codex latinus 1942(vers 1230), Lucques, Bibliothèque d’Etat (vision 2, fol. 6).

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Le comité de rédaction de la revue trimestrielle du Prado, Quelqu’un parmi nous, s’est donné mission de suivre l’actualité pour développer les thèmes des prochains numéros*. Écologie, climat, sobriété, vie simple, appel à suivre la pauvreté promue par Jésus-Christ dans sa Bonne Nouvelle.

Au cours de sa récente réunion, le comité fut très surpris de constater qu’il n’avait pas reçu autant d’articles que pour les éditions précédentes : La famille, Vivre ensemble, Vieillir. Cela signifie-t-il que les lecteurs, les principaux rédacteurs de la revue, ne sont pas familiers des sujets d’actualité ?

Ma déception fut grande et je ne souhaite pas en rester là, alors je rédige cette page. Les habitués de la famille du Prado ne peuvent être étrangers aux questions de la sauvegarde de la planète Terre et de ses habitants ; les hommes, comme les animaux, les végétaux qui servent à leurs nourritures !

Certes, en parlant de mode de vie simple, de vie sobre surtout, nous pensions aux paroles prononcées par le Christ ; par exemple : « Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?”... Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine » Matthieu 6, 31ss).

Jamais, nous n’avions pensé à la sobriété par rapport à l’alcool. Ce fut là une erreur ; car, ordinairement, quand on demande à quelqu’un si sa vie est sobrement conduite, il va répondre, si tel est le cas : oui, je ne bois pas ; ou, seulement un ou deux verres de vin par repas. Il se peut donc que les lecteurs habituels de Quelqu’un parmi nous aient eu cette idée en tête, alors ils ne se sont pas sentis concernés et ils n’ont pas eu de témoignages à envoyer à la rédaction de la revue.

Vivre sobrement ne se limite pas à la boisson

Comme nous ne parlons pas de boisson, mais de tout ce qui engendre la sobriété d’une existence, je me permets d’insister et d’inviter de nouveau en demandant des témoignages de vie toute simple, non avide de consommation de biens matériels. Que faites-vous pour avoir plus de liens amicaux selon l’adage : moins de biens et plus de liens ?

L’actualité de cette interrogation est évidente. Depuis jeudi, tous les médias en parlent. François, en sa ville romaine s’est adressé à tous les habitants de la Terre avec sa lettre Laudato si’. Il recommande une vie simple à l’image de celle de Jésus : « Jésus travaillait de ses mains, au contact direct quotidien avec la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d’artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. “N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ?” (Mc 6, 3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation ». 

Ou encore : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie, mais tout le contraire ; car, en réalité ceux qui jouissent plus et vive mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie ».

Ceci dit, puis-je compter sur vous (surtout si vous êtes membres de la famille du Prado) pour apporter à la revue Quelqu’un parmi vous votre témoignage de vie simple et sobre et/ou le récit de vos proches qui, par conviction chrétienne (ou écologique) vivent simplement, sobrement ? C’est avec la somme de ces tranches de vie que le monde changera et que nous répondrons aux méfaits des activées humaines destructrices de la maison Terre ; « nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée ». Je rappelle que le dernier numéro de Quelqu’un parmi nous de l’année 2015 portera sur le thème du Climat.

Alors, à votre plume et/ou clavier pour une belle rédaction d’un ou de plusieurs témoignages. Sensibles à la protection de la nature, au risque de sa dégradation… sensibles à la beauté des paysages, parlons de vie sobre, de mode de vie simple.

 

* Voici la présentation de ces thèmes suivant, plus ou moins, l’actualité.

- La sobriété, en août 2015

En 1982, les évêques de France donnaient à lire une déclaration Pour de nouveaux modes de vie. Comment vivons-nous aujourd’hui ? Les personnes sensibles à la protection de la nature, au risque de sa dégradation, à la beauté des paysages parlent de vie sobre, de mode de vie simple. Certains évoquent même, sans se reconnaître membres de l’Église, la grandeur de la pauvreté selon l’Évangile. Ils disent que pour vivre heureux il faut moins de biens et plus de liens. N’est-ce pas, du reste, dans la ligne de ce numéro, le vivre ensemble ?

Lecteur(trice)s quelles sont vos idées, vos témoignages à ce propos ? À vos plûmes –ou votre clavier d’ordi- et merci pour vos rédactions.

- Le climat en novembre 2015

Le quatrième trimestre sera marqué par la 21ème conférence à Paris sur le climat. Comment nous sentons-nous concernés par le changement climatique ? Certains disent que pour que le climat ne change pas, il nous faut changer de système politique, économique. Pour cela il y a une inévitable limite à poser à la croissance matérielle. Faut-il, en conséquence, accepter de travailler et de consommer autrement pour limiter le réchauffement de la terre et les conséquences écologiques qui se produisent partout dans le monde provoquant la montée des eaux et l’émigration climatique ?

- Le handicap en février 2016

Au premier trimestre 2106, nous envisageons de parler de l’handicap. Comment est-il vécu dans une famille ? Comment je l’assume quand il est survenu à l’âge adulte ?

- L’interreligieux en mai 2016

Un thème que nous pourrions assumer dès maintenant, tellement l’actualité le met devant nos yeux. J’ai, par exemple entendu parlé d’une famille française, converti à l’Islam et parti avec ses quatre enfants en Syrie. Il s’agit, néanmoins d’oser la bienveillance entre Orient et Occident. Que dire du rôle des religions dans les politiques de ces régions.

 

 

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Nénette 30/06/2015 01:12

Bonjour
je pense que vous connaissez les SELS les systèmes d'échange local, où on échange absolument sans argent, des biens, des services. Le lien prime le bien. On peut se séler des vêtements, faire pour d'autres ce dont ils ont besoin, recevoir aussi : conseils, boutures, petits objets, meubles dont on n'a plus l'utilité... c'est un exemple de sobriété heureuse

Michel Durand 03/07/2015 16:09

OUI, multiplions ces façons de commercer entre nous.