Quand la qualité d’une œuvre artistique passe de la valeur du sens émis à la valeur monétaire.

Publié le par Michel Durand

Commande publique du Symalim, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication et le Conseil régional Rhône-Alpes

Commande publique du Symalim, en partenariat avec le ministère de la Culture et de la Communication et le Conseil régional Rhône-Alpes

Il y eut une époque où j’avais le courage de défendre auprès des Institutions les raisons pour lesquelles, au nom d’une culture universelle ouverte à tous les courants, il serait logique de subventionner la Biennale d’art sacré actuel. En la fin du deuxième millénaire nous parlions de la Biennale d’art sacré contemporain, BASC et non BASA. Reconnaissons que cela sonne mieux. Basc ! Mais voilà, l’art sacré contemporain ne peut pas aujourd’hui exister, car, aujourd’hui, il n’y a plus d’art sacré. Le fonctionnaire de la Drac m’a aussi expliqué que l’art contemporain se développait dans une ancienne friche industrielle. Les lieux de nos expositions, des églises, ne sont en rien contemporains et ne peuvent répondre à leurs critères. Donc, la Biennale d’art sacré contemporain ou actuel n’est essentiellement pas subventionnable. Il n’y a aucun artiste concerné par cette non-réalité artistique.

Françoise, de Souchaud art concept, envoie à ses amis un courriel que j’ai plaisir à vous communiquer. Il indique les choix financiers des élus et leurs conseillers ; donc là où va l’argent de nos impôts. 

Chers amis (es) 

J’apprends que 769 000 euros ont été dépensés pour la sculpture de Ugo Rondinone installée dans le parc de Miribel Jonage… et je me demande s’il n’aurait-il pas été possible de faire mieux avec cette somme.

Cette sculpture… (image ci-dessus) plus une autre a coûté respectivement  50 000 euros à la Région Rhône-Alpes, 240 000 à la Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes et 479 000 au Syndicat propriétaire du Grand Parc (Symalim)… On ne connaît pas  le détail des sommes touchées par l’artiste et par les entreprises locales qui ont réalisé l’ouvrage. Utile également de lire le point de vue de Lyon Capital

Je ne veux pas ici mettre en doute l’honnêteté du montage financier, ni la qualité artistique de l’œuvre de cet artiste international aux types d’expression très variées (voir image ci-dessous d’une autre œuvre d’Ugo Rondinone à la galerie Eva Presenhuber), mais simplement poser la question de savoir, si avec la même somme, il n’aurait pas été possible d’organiser un symposium réunissant une quinzaine de sculpteurs (de moindres notoriétés, mais probablement d’une aussi grande qualité formelle) sélectionnés et invités à travailler, de telle sorte qu’on obtienne un quinzaine de sculptures monumentales qu’il aurait été possible de répartir sur un « chemin de sculptures » au bord du lac, comme cela a été fait par de nombreuses villes.

Je pense aussi, qu’au-delà du meilleur rendement ou profit artistique qu’il y aurait eu à faire ce symposium, c’est l’art lui-même et les artistes dans leur diversité qui en auraient été les bénéficiaires en termes de juste reconnaissance et de soutien à leur travail… c’est aussi le public qui aurait eu beaucoup plus à voir et à aimer.

Voilà, mes chers amis, j’avais à cœur de vous communiquer mes sentiments sur ce sujet.

Bel été malgré tout

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