Tu es tout petit et tu ne sais pas parler ! Va, tu seras prophète de Dieu Amour pour tous ceux et celles que tu rencontres sur ton chemin

Publié le par Michel Durand

Tu es tout petit et tu ne sais pas parler ! Va, tu seras prophète de Dieu Amour pour tous ceux et celles que tu rencontres sur ton chemin
Tu es tout petit et tu ne sais pas parler ! Va, tu seras prophète de Dieu Amour pour tous ceux et celles que tu rencontres sur ton chemin

Dimanche dernier, je fus invité à participer à la prière eucharistique en la prison de N. Nous avons lu la première lecture (Amos 7, 12-15) et l’Évangile (Mat 6, 7-13). La lettre de Paul aux Éphésiens nous a semblé trop complexe pour être abordée.

L’échange que nous avons eu a montré que les personnes présentes se retrouvaient totalement dans la personne d’Amos. « Comment dire la vérité et être écouté ; on écoute que les puissants, les riches, pas les petits comme nous ». Dans le hall d’entrée, une peinture, représentant un cadi empli de je ne sais quoi, porte cette légende : « pouvons-nous pardonner ? »

En tout cela, je vois le cadre de ma méditation que j’ai communiqué sous forme d’homélie qui fut entrecoupée de diverses questions, interrogations, contestations et autres réflexions. Un profond et long silence prolongea l’accueil de la Parole au-delà de nos mots.

Voilà, ce que j’ai pu dire :

Nous sommes tous appelés par Dieu. Certains répondent positivement à l’appel. D’autres le refusent. Nous pouvons nous demander quels sont les mots entendus, retenus – mots de ces lectures proclamées, qui sont retranscrits sur des feuilles posées sur la table autour de laquelle nous sommes assis. Nous pouvons nous demander quels sont les mots qui nous touchent. 

L’Appel peut être extérieur. Il vient d’une personne rencontrée, d’une liturgie accueillie, d’un message lu ou entendu dans les médias. L’Appel peut aussi être intérieur. C’est ce que je pense en moi-même, par moi-même ; ce que nous appelons la conscience, ma conscience qui me dit le bien à produire et le mal à éviter. L’Esprit de Dieu agit en mon esprit.

Dans la vie à la suite du Christ, dans l’Église chrétienne, la réponse à l’appel divin se manifeste par le baptême. Le baptême peut être imposé par les parents quand on est bébé. Alors l’adulte doit librement se le réapproprier. L’entrée dans l’Église, la communauté des frères de Jésus, peut être choisie par soi-même ; alors on demande le baptême au cours de l’adolescence ou à l’âge mûr. Le baptême ouvre la porte à la communion complète au corps du Christ, c’est-à-dire à toute sa Personne.

Dans tous les cas, je réponds à l’appel de Dieu en toute liberté. Liberté intérieure que personne ne peut détruire.

Mais, posons-nous la question, à quoi Dieu m’appelle-t-il ?

Il m’appelle à recevoir et à répandre son Amour ; à abandonner le chemin de la haine ; à inviter les personnes rencontrées à fuir la vengeance. Souvent, c’est très dur. Cette bataille se gagne avec les armes de la non-violence. Gandhi. Martin-Luther King. La conversion personnelle (également collective) est nécessaire pour arriver à faire le bien que je souhaite accomplir et éviter le mal qui me fait honte, mais que -mystère de l’homme- je continue à commettre. 

Pouvons-nous pardonner ? indique le dessin que j’aurai bien aimé prendre en photo.

Se pardonner !

Nous le disons plusieurs par jour dans notre prière : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ».

Difficile le pardon !

Si on pouvait au moins se parler.

L’Évangile d’aujourd’hui m’étonne. Je ne le comprends pas bien. La mission que Jésus confie aux Douze apôtres semble bien facile. J’ai l’impression que c’est magique. Il suffit de parler, de faire des onctions d’huile et, pouf, ça marche. Ils guérissaient les malades.

Dans toute mon existence, je n’ai jamais vu de guérison. Il me faut, encore une fois, accepter le mystère de Dieu, sans oublier le mystère de l’homme. Il me faut accepter de ne pas comprendre.
Je ne comprends pas pourquoi Dieu m’appelle ; mais, je sais qu’il m’appelle, quel que soit le lieu où je me trouve. Comme Amos, je ne veux pas être appelé. Mais, je suis appelé. Tous, nous pouvons dire que nous sommes dans la peau d’Amos. Dans notre liberté intérieure, Dieu, son esprit, s’adressant à notre esprit, nous parle. Il nous donne de voir ce qui est vrai, juste, bon, aimable et nous disons ce que nous entendons. Nous sommes prophètes par la force de l’Esprit du Baptême. Et, ce que nous disons peut ne pas plaire au roi. Alors, le fonctionnaire du roi impose le silence : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amazias demande à Amos de fuir dans le pays voisin. Il lui interdit de parler ici. Mais, Amos, appelé par Dieu se doit d’annoncer ce qui Dieu lui dit de dire. Lui, homme sans importance, devient prophète, porte-parole de la Dieu.  « Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël ».

J’ai terminé l’homélie en demandant : « aimez-vous écrire ? » J’ai alors découvert que plusieurs écrivaient beaucoup. L’un excelle dans les poèmes, notamment dans le slam.

Aimez-vous écrire ? Si oui, je vous invite à prendre au cours de cette semaine une feuille blanche et d’écrire comment  vous vous sentez appelé par Dieu à dire (dans le dialogue avec les  personnes rencontrées) tout l’Amour de Dieu  pour Tous.

Publié dans Eglise

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