Il y a des écolos qui appliquent le tri sélectif plutôt que d'être sobres et de nourrir la terre et les animaux avec leurs restes

Publié le par Michel Durand

Ecologie : le désintérêt des Français grandit

Ecologie : le désintérêt des Français grandit

Source de l'image, La tribune :
64% des personnes interrogées assurent trier et recycler des déchets
contre 68,7% en 2010 
(Crédits : CC Public Domain)

A propos d’écologie, de développement, de croissance économique et de l’encyclique Laudato si’, l’hebdomadaire « La Vie » a publié le commentaire d’un lecteur que je reproduis ci-dessous en y ajoutant mon propre commentaire et la réponse de ce même lecteur(trice). Dans cet échange, je trouve une excellente préparation aux Assises Chrétiennes de l’Écologie ; c’est pourquoi je le place ici.

Vous verrez, du reste, que mon esprit, toute cette semaine, est bien dans la ligne de ce rassemblement où l’on me demande, avec le groupe Chrétiens et pic de pétrole, de témoigner de mon engagement en ce domaine. Je dois, blogueur ecclésiastique converti à l’objection de croissance, dire comment, par mon blogue (blog) je tente de réveiller l’Eglise (c’est-à-dire les chrétiens et leurs cadres) trop peu portée à sortir de leurs habitudes et relations confortables.

 

Courriers de lecteurs de La Vie : Évangile et écologie

Permettez-moi de réagir sur les commentaires de votre enquête « Laudato sii, la conversion écologique qui vient » (La Vie du 25 juin, no 3643). Les écologistes, quelles que soient leurs tendances, s'appuient toujours sur la peur d'une catastrophe annoncée liée aux déséquilibres naturels ou à la détérioration de la santé. Pour les uns, le remède est dans une révolution politico-économico-sociale ; pour d'autres, dans une révolution technologique « propre » inscrite dans le développement durable du système mondialisé actuel ; pour d'autres encore, dans l'option du naturel. Le pape, quant à lui, ne s'appuie pas sur la peur du lendemain mais sur les exigences de l'Évangile (renoncement à l'appétit de pouvoir ou d'avoir sans limites, au désir de toute-puissance, et leurs corollaires : frugalité, humilité, respect, amour), condition et conséquence de l'éveil spirituel (le salut du monde). De sorte que l'écologie n'est pas perçue comme une parade, mais comme un objectif de vie aussi vrai du temps de Jésus qu'aujourd'hui. Elle imbrique tout : le spirituel, le politique, le social, l'écologie, l'économie, l'individuel, le collectif... Et les questions que je lis dans les commentaires - du genre : Le pape est-il un adepte de la décroissance ? Pèsera-t-il dans les instances internationales ? Plaide-t-il pour la survie de l'humanité ? Pour sauver la nature ? (expression très prétentieuse), etc. - me semblent réduire d'entrée sa conception beaucoup plus large de l'écologie. Comme vous le rapportez d'ailleurs très justement, « le développement tel que l'entend le pape n'a rien à voir avec ce qu'entendent les productivistes ».J'ajouterais : les politiques et... les écologistes. 'MC.HENOCQ (75) claude.andree@yahoo.fr

Mon commentaire

Bonjour. Je partage votre opinion sur l'enracinement dans l'Evangile pour aborder l'écologie. Par contre, je connais des écolos qui n'ont pas peur d'une catastrophe.
Je pense mettre votre "courrier" sur mon blogue : "En manque d'Église" (voilà qui est fait) et je vous invite à jeter un œil sur le site du groupe chrétiens et pic de pétrole.

Cordiales salutations.

Sa réponse :

Bonjour. Merci de m'informer de ce que vous faites et en premier lieu de votre existence. Vous êtes tout-à-fait dans ma manière de penser et de vivre l'écologie. J'avoue que ce n'est pas facile de trouver son compte entre les structures écolos de bureau qui passent leur temps à se lamenter sur les courbes et les prévisions catastrophes,
- ceux qui se contentent consciencieusement d'appliquer les bons réflexes du tri sélectif dans les poubelles adéquates plutôt que d'être sobres et de nourrir la terre et la gente animale avec le gros de leurs restes,
- ceux qui sont très attentifs aux nouvelles technologies du développement durable sans s'interroger sur les empreintes et sur l'intérêt de consommer toujours plus,
- ceux qui se contentent d'apprendre à tailler les rosiers et les arbres fruitiers avec quelques escapades découverte dans la nature (il y a un groupe comme cela à côté de chez moi), également un groupe décroissant sans spiritualité, voire anti-clérical (plus loin, mais pour lequel j'ai nettement le plus de sympathie parce qu'ils parlent local, équitable, convivial),
- ceux qui choisissent de manger scrupuleusement bio parce qu'ils en ont les moyens et que c'est mieux pour leur santé etc. etc...

- et des paroisses encore plutôt molles sur le sujet mais cela viendra petit à petit, d'autant que notre pape est concrètement formidable et courageux !

Je suis donc un singleton chrétien qui en pratique essaie d'être à peu près cohérent avec lui-même.

Cordialement, Claude Hénocq.

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