Vivre sobrement réduit mon empreinte écologique, évite d'abîmer les sols nourriciers, m'apporte plus de joie que de posséder

Publié le par Michel Durand

Quelqu'un parmi nous N° 223 : AOUT 2015 : Vivre la sobriété

Quelqu'un parmi nous N° 223 : AOUT 2015 : Vivre la sobriété

 

La revue de la famille du Prado Quelqu'un parmi nous a publié son dernier numéro sur la sobriété. Pourquoi la sobriété ? se demande l’édito. Sobriété en tout domaine ! Je vous livre ici le témoignage de Danielle. Vous pouvez demander ce N° 223 au secrétariat du Prado, 13 rue du Père Chevrier, 69007 LYON (5 €).

Comment vivre sobrement

C'est une façon de vivre que j'essaie de mettre en pratique dans un souci de respect pour la nature, pour le travail des hommes.

Je ne veux pas faire un traité philosophique ; Pierre Rahbi et d'autres ont publié de si bons livres à ce sujet, je veux simplement dire ce que je fais et ce que ça m'apporte.

Nous avons eu 4 enfants entre 1983 et 1988. Nous vivons dans une maison de 1936, en pierres arrachées d'une carrière à 30 mètres de la maison, rénovée, avec un chauffe-eau solaire, l'eau d'un puits pour le lavage et le jardin, et chauffage central au bois de récupération.

Les meubles : récupération, donnés, ou fait maison. Vaisselle d'occasion pour l'essentiel, donnée ou achetée à Emmaüs. Même chose pour les vêtements,  le linge de maison etc... Tant que le matériel fonctionne on le garde !

 Je bricole placards, étagères... en fonction des besoins. J'aime coudre, je récupère les tissus qui pourraient servir. J'ai fait quantité de jouets, de déguisements, de vêtements, c'est bien pratique une machine à coudre !

J'évite de plus en plus d'acheter quand je peux fabriquer. Par exemple, je n'achète pas d'éponges,  je fais des  lavettes avec les anciennes chaussettes blanches en coton pour nettoyer la table par exemple, l'absorption est meilleure qu'avec du tissu « microfibre ». J'utilise les cristaux de soude pour la vaisselle et les sols ; c'est efficace et ça ne sent rien, je fais ma lessive selon une recette trouvée sur internet, cristaux de soude et savon en paillettes, cela revient à plus de 20 fois moins cher qu'une lessive dans le commerce, avec moins de polluants. Je limite les emballages ; n'achète pas de vaisselle jetable...

Nous mangeons bio quasiment à 100 %, avec des achats chez les producteurs autant que possible. Pour participer à l'économie locale, j'achète des produits de base, et je cuisine.

J'ai la chance d'avoir un jardin, où je cultive ce que je peux comme fruits et légumes, je profite de tout ce que me donne la nature ; je n'achète ni engrais ni produits de traitement, laissant faire la nature, recyclant au jardin toute la matière organique, branches, herbes, il y a un compost et des toilette à litière...

Nous avons une voiture, un lave-linge, un ordinateur mais nous  gardons les appareils  tant qu'ils peuvent être réparés et qu'ils fonctionnent, (c'est un tel gâchis de matières premières que d'en changer et de les jeter...) 

La « sobriété » ?

Je suis tombée dedans quand j'étais petite. Deuxième enfant d'une famille de 8 enfants, au sortir de la guerre, dans un petit village de campagne, papa artisan charpentier, maman économisant par nécessité, une maison petite, une seule chambre à coucher pour toute la famille, jusqu'au septième enfant... Mais du bonheur : la nature est l'extension de notre maison, je passe plus de temps à l'extérieur qu'à l'intérieur, (ce sont sans doute les racines de mon métier de professeur de sciences naturelles). Mes parents étaient heureux de faire, et moi j'en étais fière, et j'ai aimé très tôt bricoler, coudre surtout. Et avec les  frères et sœurs on s'amusait beaucoup.

Maintenant ce n'est pas le manque d'argent qui m'oblige à tenter de  vivre « sobrement », mais la solidarité avec ceux qui ont moins. Mes économies financières me permettent de soutenir mes amis du Burkina pour leurs études, d'aider les associations humanitaires, d'aider aussi mes enfants quand c'est nécessaire.
Je passe beaucoup de temps à « faire », jardin, cuisine, couture, menuiserie... Mais,  je me sens alors en communion avec  mes amies burkinabé et toutes les femmes de la terre qui passent aussi beaucoup de temps pour nourrir leur famille.

Vivre ainsi permet de réduire mon « empreinte écologique », d'éviter d'abîmer les sols nourriciers, et cela m'apporte bien plus de joie que de posséder.

Observer la nature, vivre à son rythme, c'est se sentir partie prenante de la création, et d'avoir  chaque jour mille occasion de s'émerveiller !

Ce qui me donne encore plus de joie c'est de voir mes enfants continuer cette façon de vivre. C'est de voir quantité de jeunes s'organiser, s'éduquer mutuellement pour vivre « sobrement », avec les valeurs de respect pour la nature, de solidarité, d'entraide, choisissant d'être plutôt que de posséder. Beaucoup de revues témoignent de ces expériences de vie.

Cette manière de vivre est naturelle dans bien des endroits de la planète, nous avons encore à appendre des peuples qui savent utiliser les ressources de la nature sans gaspiller.

Cette manière de vivre c'est l'Espérance pour notre temps ; enseignons nous les uns les autres, annonçons ces « bonnes nouvelles » pour redonner l'espoir aux plus  pauvres, qu'ils puissent reprendre leur route !

Danielle

 

Publié dans Témoignage

Commenter cet article