Deux pas dans le couvent de La Tourette qui accueille Anish Kapoor.

Publié le par Michel Durand

Deux pas dans le couvent de La Tourette qui accueille Anish Kapoor.
Deux pas dans le couvent de La Tourette qui accueille Anish Kapoor.Deux pas dans le couvent de La Tourette qui accueille Anish Kapoor.

 photos : source

Christian, dans le cadre des dialogues au sein du service de l'Eglise catholique arts, cultures et foi, donne ce texte : 

Il y a de la magie dans l’œuvre installée au centre de l’atrium. Une œuvre si brillante, d’un poli parfait, qu’elle en devient transparente. Elle est pourtant imposante et on ne la voit pas. Ou plutôt on n’en voit d’abord sur ses flancs-miroirs que le reflet des alentours, l’architecture du lieu. Ensuite on voit son propre reflet, celui du regardeur. Mais tout bouge, ondule, s’étire ou se contracte, se déforme, trouble la vision. Les images déformées, mobiles à chacun de nos moindres déplacements, provoquent le sourire, l’hilarité parfois, comme dans les « Palais des glaces » installés dans les fêtes foraines. Comme moi, le public visiblement expérimente ces deux dimensions, celle de regarder les murs de bétons et les verrières du couvent comme si notre regard traversait l’œuvre et celle de faire tout bouger dans les faces miroitées. Les longs cadres verticaux des parois vitrées deviennent des arcs doubleaux, des forêts d’ogives, de gracieuses voûtes rayonnantes et le commissaire de l’exposition devient un derviche tourneur. Nous devenons en regardant cette œuvre – nommée « Non-Object »,  des co-auteurs. Le réel médium de l’œuvre est notre rétine, là où se conçoit et se fabrique l’existence et la réalité de ce que nous percevons. 

C’est bien également ce qui se passe avec l’autre œuvre, « Spire 4 », installée dans l’église, sous l’aplomb exact d’une lucarne qui troue la nef. Irrésistiblement, notre œil caresse le poli arrondi de cet imposant objet, pour tourner en volutes ascendantes autour de lui et s’élever vers sa pointe qui s’affine en même temps qu’elle s’illumine. Les meurtrières colorées qui bordent la nef se transforment en longues flammèches nous indiquent la direction de notre regard. Le mouvement du « regardeur » met en ascension les images colorées mouvantes. « Spire 4 » devient un objet de contemplation, un espace de méditation entre la terre et le ciel qui en dialoguant avec le lieu et son architecture révèle sa propre spiritualité, celle du lieu et celle des visiteurs.

Promenez-vous dans la Tourette pour découvrir d’autres surprises. Il y a onze autres œuvres qui sont autant de belles expériences artistiques et  spirituelles à vivre.

Publié dans Art

Commenter cet article