Il est plus qu’urgent d’appliquer les nécessaires réquisitions d’appartements vides

Publié le par Michel Durand

Il est plus qu’urgent d’appliquer les nécessaires réquisitions d’appartements vides
Il est plus qu’urgent d’appliquer les nécessaires réquisitions d’appartements videsIl est plus qu’urgent d’appliquer les nécessaires réquisitions d’appartements videsIl est plus qu’urgent d’appliquer les nécessaires réquisitions d’appartements vides

 

Une semaine sans écrire ! Il est vrai que je me suis offert quelques jours de solitude dans la maison du Prado, dite Saint-André. Que vais-je rédiger ce soir ? Selon quelle actualité ? Comme samedi dernier, le plus urgent me semble d’évoquer encore (et toujours) la situation bloquée des migrants.

On aurait plutôt tendance à dire que les gouvernements, enfin, se décident à regarder les personnes sur les routes au lieu de parler de flux migratoire. La politique européenne devient-elle plus humaine ? Dans les paroles, il semblerait. Dans les actes non.

En voici trois preuves.

- Hier 21 octobre, 46 personnes ont été transférées par les autorités françaises de Calais vers le Centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes où Forum réfugiés-Cosi effectue une mission d’aide à l’exercice effectif des droits. Ressortissantes de pays connaissant des crises graves, potentiellement éligibles à une protection internationale lorsqu’elles fuient la guerre et la persécution, ces personnes ne peuvent de manière générale pas faire l’objet d’un renvoi dans leur pays.

Les 46 personnes qui ont été transférées par avion de Calais au CRA de Nîmes le 21 octobre sont originaires de Syrie, d’Afghanistan, d’Irak, du Soudan, de Libye, du Yémen, du Pakistan, d’Iran… Des pays sûrs où l’on peut renvoyer les gens sans craindre pour leur vie ? En lire plus.

Voir aussi ce qu’en dit la Cimade.

- Ce jour, une dame amie d’un jeune couple algérien, me téléphone –numéro des cercles de silence-  pour me demander comment soutenir ces gens présents en France depuis 2OO2 dont on vient de refuser le renouvellement du permis de séjour. Une lettre doit sous peu leur parvenir. Il est clair que cette lettre sera un OQTF (obligation à quitter le territoire français).

- Mercredi matin (21 octobre  2015), plusieurs dizaines de familles ont été délogées de logements qu’elles squattaient, pour certaines depuis plus d’un an, dans le quartier de Terraillon à Bron. Ces familles albanaises dorment actuellement dans la rue. Voir l’info sur Lyon capitale.

Corinne écrit (22 octobre) : « Je suis allée à la mairie de Bron avec des membres RESF Bron, une personne du Secours POP, 4 personnes du Squat dont une jeune femme enceinte de 9 mois ; il y a 75 personnes dehors, qui ont déjà passé une nuit dehors, oui, ils ont besoin de couvertures. Nous avons rencontré le chef de cabinet du maire, qui refuse pour le moment d'ouvrir un gymnase.

RV demain matin 9h30 devant la Mairie de Bron… »

Jean-Paul dit (23 octobre), en montrant des photos : «voici quelques photos prises avec mon téléphone cet après-midi rue Hélène Boucher, à Bron Terraillon après l'évacuation du squat !

- Un "campement" autour d’un feu de bois pour se réchauffer un peu »

- Des barres d'immeubles... vides pour la plupart (regardez le nombre de voitures sur le parking ... et encore, il y a les voitures des agents de sécurité chargés de surveiller le site.

Et on dit chez les politiques qu’il n'y a rien à réquisitionner ! « Dur à avaler quand on sait que, après avoir donné l'espoir d'une ouverture d'un gymnase de Bron à partir de vendredi, la Mairie est finalement revenue fermement sur sa première offre, renvoyant une fois de plus à la Préfecture la décision de trouver un lieu d'hébergement ! Vive la solidarité des élus de la Métropole lyonnaise ! »

Les bénévoles de l’accueil des migrants qu’ils soient économiques ou réfugiés politiques se sont tournés vers les responsables des paroisses catholiques du secteur. Le bâtiment église du Terraillon, vu de l’extérieur, donne à penser qu’il pourrait servir de dépannage. Le responsable du lieu, à juste titre a répondu : « arrêtez de vous tourner vers l’Église pour qu’elle fasse ce que l’État devrait faire. » OUI, nous ne pouvons en permanence suppléer aux carences de la préfecture. Si j’avais été présent en cet instant, il me semble que j’aurai répondu au prêtre en question : « Je suis d’accord avec vous ; alors en ce sens, accompagnez-nous pour que nous soyons très nombreux à obtenir de l’État les réquisitions d’immeubles vides comme le permet la loi. Manifestons notre engagement fraternel et universel pour que les logements vides soient réquisitionnés au lieu de détruire des lieux possibles de vie. ».

Plus que jamais, je ne vois que la porte de l’engagement politique.

Pourtant, en même temps, je regarde cette porte avec crainte. Effectivement, si nous vivons une démocratie réelle et que nous arrivions à consulter l’ensemble des citoyens, que verrions-nous ? L’agitation des flux migratoires, des chiffres, des statistiques qui cachent la concrète réalité humaine des familles à la rue. Plus de 20 000 personnes (Dresde), criant leur haine de l’étranger, soutenus par des élus qui ne veulent recevoir que de bons Syriens chrétiens.

 

Publié dans Politique, migration

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