Inacceptable machine inégalitaire qui mine les tissus sociaux et attise les tensions protectrices

Publié le par Michel Durand

Inacceptable machine inégalitaire qui mine les tissus sociaux et attise les tensions protectrices

Je pense toujours à la rencontre de Chrétiens et pic de pétrole de ce samedi. Cette page, d’une certaine façon, y prépare. Comme ce que j’écrivais le 28 octobre, ou le 16 octobre.

Voir également la présentation de cette séance du labo. de CPP :

Nous vous invitons à participer au labo de Chrétiens et Pic de Pétrole, saison 2015-2016, qui aura lieu le 7 novembre 2015 de 9h30 à 12h à la salle du Prado 5 rue Père Chevrier dans le 7e arrondissement (même lieu que la dernière fois).

Afin que notre rencontre soit fructueuse, nous vous invitons à choisir un paragraphe dans Laudate Si, entre les numéros 62 et 100. Votre choix devra être motivé par ce qui vous interpelle, par ce qui vous interroge, par ce qui vous correspond…

Voir ici.

C’est pourquoi nous vous demandons d’écrire un petit mot à ce sujet : ce que vous venez de reconnaître comme important, comment le mettez-vous en pratique dans votre vie de tous les jours ?

Lors de notre rencontre, selon votre envie et le temps imparti... vous serez invité à nous lire votre texte.

Nous vous communiquons également quelques passages du Compendium de la doctrine sociale de l’Église se reportant au regard chrétien sur l’Homme. En espérant que vous aurez le loisir de les lire ; sinon, ce sera pour plus tard ou autrement.

Suite à notre premier labo, nous vous avions promis une bibliographie, filmographie, nous vous invitons à remplir avec nous la bibliogrpahie en suivant ce lien .

 

« Comme jamais auparavant dans l’histoire, notre destin commun nous invite à chercher un nouveau commencement » (1)

Chronique hebdomadaire de Bernard Ginisty du 3 novembre 2015

Du 30 novembre au 11 décembre prochain, la France va accueillir et présider la 21e conférence des Nations Unies sur les changements climatiques. Plus que jamais, l’humanité se trouve face à une course de vitesse entre une prise de conscience et de responsabilité par les citoyens et le laisser-faire de logiques purement financières et consuméristes. Dans la préface à son ouvrage philosophique majeur  intitulé Le Principe de responsabilité, le philosophe Hans Jonas écrit : « Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui » (2).

En 2008, quelques mois avant que n’éclate la crise majeure du système financier mondial,  Patrick Artus, spécialiste en économie internationale et en politique monétaire et Marie Paule Virard, rédactrice en chef de la publication Enjeux-Les Echos, publiaient un ouvrage intitulé Globalisation, le pire est à venir. Dans la page de garde de l’ouvrage on pouvait lire cet avertissement : « Le pire est à venir de la conjonction de cinq caractéristiques majeures de la globalisation : une machine inégalitaire qui mine les tissus sociaux et attise les tensions protectrices ; un chaudron qui brûle les ressources rares, encourage les politiques d’accaparement et accélère le réchauffement de la planète ; une machine à inonder le monde de liquidités et à encourager  les irresponsabilités bancaires ; un casino où s’expriment tous les excès du capitalisme financier ; une centrifugeuse qui peut faire exploser l’Europe » (3). Ce diagnostic reste d’une brûlante actualité surtout si les responsables politiques restent tétanisés par les injonctions de la finance internationale. Dans cette conjoncture, les travaux d’experts et les conférences internationales  sont certes indispensables. Mais ils ne seront porteurs de transformations concrètes que si chacun d’entre nous apprend à changer son regard sur le monde.

Dans sa Lettre encyclique Laudato si, le Pape François déplore que la crise financière de 2007-2008 n’ait pas conduit « à repenser les critères obsolètes qui continuent à régir le monde. (…) Sauver les banques à tout prix, en en faisant payer le prix à la population, sans la ferme décision de revoir et de réformer le système dans son ensemble, réaffirme  une emprise absolue des finances qui n’a pas d’avenir et qui pourra seulement générer de nouvelles crises après une longue, coûteuse et apparente guérison (4). Aussi, «face à la détérioration globale de l’environnement », le Pape décide « d’entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune » (5) Reprenant le message de François d’Assise qui inspire son pontificat il écrit  « Si nous nous approchons de la nature et de l’environnement sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté,  dans notre relation avec le monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources, incapable de fixer des limites à ses intérêts immédiats. En revanche, si nous sous sentons intimement unis à tout ce qui existe, la sobriété et le souci de protection jailliront spontanément. La pauvreté et l’austérité de saint François  n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d’usage et de domination » (6).

  1. Pape FRANCOIS : Lettre encyclique Laudato si, §207
  2. Hans JONAS : Le principe de responsabilité, éditions Flammarion, collection Champs Essai, 2009, page 15.
  3. Patrick ARTUS  Marie-Paule VIRARD : Globalisation. Le pire est à venir, éditions La Découverte, 2008
  4. Pape FRANCOIS, op.cit§ 189
  5. Id. § 11

 

 

 

Commenter cet article