Quand j’apprends que des militants écologiques sont astreints à résidence, je m’angoisse

Publié le par Michel Durand

Quand j’apprends que des militants écologiques sont astreints à résidence, je m’angoisse

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Depuis plusieurs jours, s’est incrusté en ma mémoire que le Parti national socialiste des travailleurs allemands, le parti nazi, s’est légalement installé en Allemagne. Hitler a pris le gouvernement du pays tout simplement par le chemin le plus légal possible des urnes.

Nous observons la droitisation de la France. Nous constatons la tendance de l’Europe à maintenir les étrangers hors de ses frontières. Cette orientation xénophobe me reporte au milieu du siècle dernier.

Quand j’exprime ce type de pensée à amies et à mes proches, on me dit que j’exagère. J’aimerais bien que ce que je pense ne soit qu’exagération. Mais quand j’observe que, pour la sécurité publique, des réunions de soutien aux migrants sont supprimés, quand je vois que des rassemblements pour alerter opinion et gouvernements sur l’urgence de changer de système afin de ne pas être contraint de palier aux méfaits des émanations de CO2 sont interdites, je m’inquiète. Quand j’apprends que des militants écologiques sont astreints à résidence, je m’angoisse. Ils sont perçus comme autant dangereux qu’un kamikaze abusé par une déviance religieuse.

Des cercles de silence sont interdits, d’autres non. Quels sont les critères de discernement ?

Légalement mis en place, l’État d’urgence est étendu à trois mois. Et Bernard Cazeneuve n’exclut pas de la prolonger au-delà de trois mois. Je ne crains pas pour ma liberté individuelle, quoique…, je m’inquiète surtout pour la vérité démocratique ou républicaine. Pour la réalité d’un état de droit.

Dans sa tradition, l’Église a régulièrement suivi la voie de Saint-Paul qui demande l’obéissance aux pouvoirs publics. Devant les interdictions à manifester ou à se rassembler, les catholiques, me semble-t-il, acceptent de renoncer à leur pouvoir si la sécurité est en jeu. N’est-ce pas par manque de résistance au nazisme hitlérien que les Églises ont laissé se mettre en place un régime atrocement inhumain ?

Certes, j’exagère. Soit ! Je m’interroge. Je trouve que la force de résistance est vraiment bien faible ou cachée. Augurons que je me trompe. Ce serait tant mieux. Pourtant à entendre ce que j’entends, je ne suis pas le seul à me questionner.

 

Publié dans Politique, Eglise

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Monique 29/11/2015 21:27

L'inquiétant, Michel, c'est la confusion entre terroristes et militants. Migrants et terroristes...Tous nous payons le manque de clarté des politiques mêmes. Leur inertie et/ou dispersion,absence de cohésion contre les terroristes avérés et apprentis. En même temps psychologiquement il semble que sans les crises nous sommes incapables de résoudre les problèmes et que nous louvoyons aveuglément. Ces politiques ne sont en grand que l'image de nos manques individuels, familiaux, sociaux. Réagir aux excès de cet état urgence est indispensable à condition de prendre conscience de ce qui nous lie à leurs auteurs. Sinon il y aurait nous les bons et eux les mauvais. Manichéisme qui nous dédouane de toute responsabilité politique. Alors que nous les avons élus et nous avons accepté la constitution qui leur permet d'agir ainsi. Peut être n'avons nous pas été vigilant quand tout paraissait aller à peu près bien?

Michel Durand 11/12/2015 18:55

Effectivement, qu'il en soit ainsi !

Jean-Louis 11/12/2015 12:36

Je débarque sur ce blog que je viens de découvrir et dont je n'ai pas exploré toutes les richesses. Mais d'ores et déjà je peux dire que je suis en total accord avec le texte de Michel. Je n'angoisse pas, car ce n'est pas mon caractère, mais j'espère et je prie pour que les navettes parlementaires et le délai associé permettent à la sérénité et à la raison de reprendre leur place dans le débat.
Je suis tout autant en accord avec sa réponse à Monique. A bientôt.

Michel Durand 30/11/2015 09:55

Bonjour Monique. Très juste votre analyse. On ne devrait pas oublier que, suivant les vainqueurs d'une guerre, le militant est vu comme terroriste et le terroriste comme militant. De Pétain à de Gaulle, les mots ont changé ; les ennemis de la cause publique sont devenus libérateurs.