La vie à la suite du Christ, Verbe de Dieu venu en notre chair, ne se réduit pas à la prière du dimanche

Publié le par Michel Durand

L'éradication des chrétiens et des minorités perpétrée par l'« Etat Islamique » en Irak depuis le 27 juillet 2014 engage le monde entier.

L'éradication des chrétiens et des minorités perpétrée par l'« Etat Islamique » en Irak depuis le 27 juillet 2014 engage le monde entier.

 

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N’enfermons pas Dieu dans nos cultes.

N’ayant plus la charge de curé de paroisse, il m’arrive régulièrement de participer à l’eucharistie dominicale comme un ordinaire fidèle du Christ, marqué par la vocation du baptême : prêtre, prophète et roi. Le langage courant aura tendance dans ce cas de parler d’assistance à la « messe » comme simple fidèle. Horrible cette expression ! Tout autant horrible que celle du fidèle ordinaire. Il n’y a rien de simple ou d’ordinaire dans la vie à la suite du Christ surtout si l’on donne à simple le sens d’unique, d’élémentaire comme l’oxygène qui est un corps simple. La vie chrétienne est nécessairement communautaire, plurielle, ecclésiale. Par ailleurs, si le message évangélique est simple, c’est-à-dire aisé à comprendre, il n’est pas facile à pratiquer. Que dites-vous dans le concret de l’amour de l’ennemi ? La question se pose sans cesse avec évidence quand toute personne inconnue ou étrangère est perçue comme pouvant menacer nos habituelles modes de vie.

Je dis cela en pensant que, chrétiens, nous risquons de n’avoir pas encore saisi l’importance humanitaire de la solidarité et fraternité que les guerres toutes proches occasionnent. « Combien de familles ouvrent leurs cœurs et leurs maisons à celui qui est dans le besoin, comme aux réfugiés et aux migrants ! » se demande François. Il poursuit dans son message pour son la journée mondiale de la paix : « Je veux remercier de façon particulière toutes les personnes, les familles, les paroisses, les communautés religieuses, les monastères et les sanctuaires, qui ont répondu rapidement à mon appel à accueillir une famille de réfugiés »… « Les États sont aussi appelés à des gestes concrets, à des actes de courage à l’égard des personnes les plus fragiles de leurs sociétés, comme les prisonniers, les migrants, les chômeurs et les malades. » Lisons, en suivant ce lien, l’intégralité du message.

Or, dans les assemblées du dimanche, il me semble que ces questions ne sont pas largement abordées. Certes, il y aura une pensée à l’adresse des migrants. Dans la prière universelle, on demandera que soit portée une attention spéciale « aux conditions de séjour des migrants, se rappelant que la clandestinité risque de les entraîner vers la criminalité ». Mais, concrètement qu’en sera-t-il ?

 

La vie à la suite du Christ ne peut être confisquée par la prière du dimanche

Il me semble que les préoccupations rituelles et sacramentelles (y compris les catéchèses) des paroisses deviennent tellement présentes que les responsables de ces formes de vie ecclésiales ne peuvent avoir ni le temps ni le loisir de voir au-delà de ce qui compose strictement ladite vie chrétienne. M’exprimant plus brièvement, je dirais que le temps des disciples du Christ, les baptisés et leurs pasteurs, est confisqué par la gestion rituelle des sacrements. Le nombre de prêtres et de laïcs en mission ecclésiale diminuant, je ne vois pas comment cela pourrait être autrement.

 

Ne pas rater le rendez-vous avec Dieu

L’apôtre de l’Évangile n’est-il pas soumis à l’accomplissement d’un culte comme l’était Zacharie ? Son rendez-vous avec le service de prêtre dans le Temple lui aurait fait rater son rendez-vous avec Dieu, si Celui-ci n’avait pas insisté. Notons la différence d’avec Marie, celle qui a cru qu’il y aura un accomplissement à ce qui lui a été dit, alors que Zacharie s’entend dire : « Eh bien, tu vas être réduit au silence et tu ne pourras plus parler jusqu’au jour où cela se réalisera, parce que tu n’as pas cru à mes paroles qui s’accompliront en leur temps» - cf Luc 1, 20.

Grâce à son adhésion, pur acte de foi, Marie est prête pour le rendez-vous que Dieu lui donne.

Ceci dit, je me demande une fois de plus quel est le lieu du rendez-vous que Dieu nous donne pour que nous soyons en phase avec les hommes et les femmes de ce temps qui n’ont pas de demandes sacramentelles à l’Église. Antoine Chevrier a ressenti un appel à quitter le ministère (ordinaire) de la paroisse Saint-André. Que devons-nous quitter ? Si le manque de prêtres nous conditionne dans les tâches sacramentelles et sacramentales, n’aurions-nous pas à ouvrir plus largement encore les ministères confiés aux laïcs ? Non seulement pour que ceux-ci libèrent du temps aux prêtres afin qu’ils se consacrent davantage à la rencontre gratuite d’autrui, mais pour que toute l’Assemblée dominicale s’ouvre pleinement à la vie du monde telle qu’elle est. La vie chrétienne ne se réduit pas à « la messe » du dimanche.

 

Publié dans Eglise, Témoignage

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