Nous demandons la libération de ces jeunes afin qu’ils puissent poursuivre leurs études et être régularisés.

Publié le par Michel Durand

Pau 93e cercle de silence novembre 2015

Pau 93e cercle de silence novembre 2015

RESF : aucune expulsion de lycéens

À Lyon, la République vient de montrer son sens de la fraternelle solidarité. Voir doc. joint de RESF

Dimanche matin, Marc a été sorti du CRA pour l'avion de 6H50 à destination de Paris. Là, il lui a été remis un laissez-passer pour la RDC, mais nous n'avons plus de nouvelles : a-t-il refusé de monter dans l'avion et dans ce cas est-il en prison ? Au CRA à Paris ? Y a-t-il eu violences? Est-il à Kinshasa ? Libre ou en prison ?

Le prochain cercle de silence de Lyon se tiendra avec ce triste souvenir. Voici le projet du prochain encart : La place de Marc, de Cynthia, de Pathy est  au lycée…

Nous soutenons les personnes qui luttent contre toute forme de racisme.

Nous soutenons ceux et celles qui s’organisent pour que des familles, des célibataires ne dorment pas dans la rue. Nous nous réjouissons de toutes les victoires qui permettent à des jeunes de suivre correctement leur scolarité. Nous nous indignons que l’on puisse emprisonner des personnes venues en France pour construire leur avenir. Nous en appelons à la conscience de tous pour que les migrants par nécessité soient correctement reçus au lieu d’être enfermés et expulsés. Pour ce faire nous relayons des appels récemment reçus.

  • Marc MAVUNGA jeune lycéen congolais, scolarisé au lycée Branly est retenu au CRA Saint-Exupéry depuis début novembre… Marc n’a plus aucune attache ni aucun lien au Congo. En France au contraire, il a de nombreux liens au lycée, au club de football, à Lyon où il habite.

- Cynthia MALONGYA (alias SOL) est née le 4 mai 1998 à Kinshasa. Arrivée seule en France à 17 ans et demi elle a été prise en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance. Cynthia venait juste de démarrer sa scolarité au lycée Flesselles lorsque la Police de l’Air et des Frontières l’a arrêtée. Accusée d’avoir menti sur son âge elle a été emprisonnée

  • Pathy N'gwalo (alias Antonio da Silva) est un jeune majeur congolais (RDC) qui a perdu son père en 2006. Au décès de sa mère en 2013, il est venu seul en France. Il devait entrer au lycée François Cevert. Il a été arrêté à 6h du matin par la PAF dans sa chambre d’hôtel.

Dans les lycées, d'autres jeunes sont aussi menacés d'expulsion. Des enseignants, des lycéens se mobilisent aujourd'hui pour obtenir leur libération.

Nous demandons la libération de ces jeunes afin qu’ils puissent poursuivre leurs études et être régularisés.

 

De Pau (Pierre Bérujon), je reçois ce courriel illustrant la photo du 93° cercle de silence :

Mobilisons-nous pour que cesse cette politique destructrice !

Ce 93ème cercle de silence en solidarité avec les migrants menacés d'expulsion et pour le respect des droits de tout Homme a été élargi  à un appel à la solidarité et à la fraternité pour lutter contre la vague de haine que veulent propager les terroristes de Daech à travers les attentats de ces derniers jours.

En effet ce silence se veut refus de l'insupportable et signe de l'unité de l'espèce humaine rassemblée.

C'était le sens donné aux passants avec sur les dossards les expressions suivantes (bien accueillies)  :
-Résister
-Solidarité
-Ils veulent nous diviser, restons unis,
-Pas d'amalgame entre migration et terrorisme,
-La fraternité pour vivre ensemble

Le témoignage (voir ci-dessous) d'Antoine Leiris, journaliste à France Bleu était affiché.

 « Vous n’aurez pas ma haine »,
le témoignage d’Antoine Leiris , journaliste à France Bleu

Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, fait partie des victimes tuées au Bataclan vendredi 13 novembre. Mère d’un petit garçon de 17 mois à peine, elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

« Vous n’aurez pas ma haine .

« Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un oeil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans.

Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

Publié dans Politique

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