Ils ont envahi des terres étrangères et refusent de recevoir chez eux les migrants qui fuient les conséquences des politiques coloniales

Publié le par Michel Durand

Réplique de la caravelle Nina affrétée par Christophe Colomb en 1492. Arrivée de Christophe Colomb en Amérique, le 12 octobre 1492. Documents : Anonyme – Library of Congress.
Réplique de la caravelle Nina affrétée par Christophe Colomb en 1492. Arrivée de Christophe Colomb en Amérique, le 12 octobre 1492. Documents : Anonyme – Library of Congress.

Réplique de la caravelle Nina affrétée par Christophe Colomb en 1492. Arrivée de Christophe Colomb en Amérique, le 12 octobre 1492. Documents : Anonyme – Library of Congress.

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Nous marchons vraiment sur la tête. Nous oublions volontairement, le passé. Nous voulons ignorer les actes guerriers et impérialistes de nos ancêtres. Quel prophète pourrait revenir afin de nous parler de telle sorte que nous l’entendions ? Serait-il comme le clown de Kierkegaard qui crie : le cirque, la ville brûlent et que personne n’écoute parce qu’il porte le costume de son métier ? Voir à ce propos la belle méditation de Gabriel Ringlet.

Dans les siècles précédents, les Européens par voie maritime ont envahi les terres de l’hémisphère sud, Afrique et Asie. Puis, quand l’heure de la découverte de l’Ouest est venue, ils se sont introduits dans les terres des Amériques. Ont-ils demandé la permission aux autochtones de puiser dans leurs matières premières ?

L’Europe industrialisée fabrique des avions, des canons, des obus… autant d’armes qui sont vendus à l’étranger. Ne sont-elles pas les armes détruisant villes, villages, hôpitaux et tuant les habitants ? Que ceux-ci veulent risquer mourir sur le chemin pour éviter une mort certaine dans leur demeure, n’est-ce pas de pure logique ?

Bref, tout cela nous le savons et nous ne voulons pas le voir, l’entendre. Nous avons migré dans des terres étrangères pour en exploiter les richesses et nous refusons sur nos terres, les migrants qui ne peuvent que quitter leur patrie parce que les pouvoirs coloniaux impérialistes les ont appauvris dans le passé et encore maintenant.

La France collabore avec l’Angleterre en parquant des hommes près de Calais pour que ceux-ci ne touchent pas le sol britannique et accuse la Turquie qui bloque à ses frontières.

On va me dire que tout est plus compliqué que cela. Je le conçois. Ma seule interrogation tourne autour de l’absurdité de la situation. Ceux qui jadis ont envahi sans préavis des terres étrangères refusent de recevoir sur son sol des migrants qui fuient dans la conséquence des politiques coloniales anciennes et actuelles. La voie diplomatique s’éternisant au prix de nombreux morts, ne faudrait-il pas intervenir sur le terrain par force militaire au lieu de larguer des bombes qui exterminent habitations et hôpitaux ? Difficile à dire, quand les donneurs de conseils va-t’en guerre demeurent dans leurs confortables bureaux. Qu’au moins, nous soyons, dans nos domiciles informés : lire, par exemple ici, texte AFP.

Ce matin, la prière m’a ouvert l’Évangile du jour : « Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. » N’est-ce pas cette profonde sagesse humaine qui devrait orienter les échanges diplomatiques ? Il me semble que l’on se dresse plutôt bloc contre bloc, Russie contre Amérique, l’Europe n’étant plus crédible, au lieu de considérer humblement les historiques racines économiques de l’actuelle guerre. L’inévitable migration des pauvres résulte des anciennes politiques impériales de colonisation. Qu’en pensez-vous ? Votre avis intéresse.

Je dis cela en acceptant de me laisser interroger par le regard de François ainsi commenté par la presse : « Ainsi, la protection des chrétiens d’Orient est le point central entre le Vatican et la Russie ce qui donne un soutien supplémentaire à l’action russe en Syrie largement critiquée par une partie de la communauté internationale. La rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille a également été possible suite à la neutralité du Saint-Siège sur le conflit ukrainien. Cette neutralité s’explique par, d’un côté, le souhait du pape de garder de bonnes relations avec la Russie et, de l’autre, de soutenir les Ukrainiens de confession catholique qui ont soutenu la révolution de Maïdan. Malgré le fait que cette rencontre ne soit que de nature œcuménique entre le pape François et le patriarche Cyrille, elle apporte tout de même un soutien de taille à Vladimir Poutine d’autant plus que l’on connait les liens entre ce dernier et le patriarche de Moscou. Ainsi, on assiste une fois de plus avec cette rencontre à une manœuvre de la part de la Russie visant à démontrer son poids et son retour sur la scène internationale.»

 

Publié dans Politique, Anthropologie

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