De quelle valeur parle-t-on ? Après l’accord lamentable avec la Turquie, que veut encore dire le respect de la dignité humaine ?

Publié le par Michel Durand

L’Europe n’a pas à payer la Turquie pour qu’elle conserve quelques migrants.

L’Europe n’a pas à payer la Turquie pour qu’elle conserve quelques migrants.

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D’une façon habituelle, je reçois le quotidien La Croix au mieux avec deux jours de retard, au pire avec une bonne semaine. Quand j’ai rédigé le post d’hier, je n’avais pas lu l’éditorial de Dominique Greiner. Je me retrouve dans ce qu’il écrit aussi je trouve utile de vous le proposer à la lecture.

Europe, la vie des valeurs

Depuis deux jours, le mot valeur est souvent revenu sur les lèvres ou sous la plume des responsables politiques européens. Pour Angela Merkel, les auteurs des deux attaques terroristes de Bruxelles sont des « ennemis de toutes les valeurs de l’Europe ». « C’est toute l’Europe qui est visée, ses valeurs, ses principes, la démocratie », a écrit le président Hollande mardi 22 mars au soir dans le registre de condoléances de l’ambassade belge.

Mais les valeurs de l’Europe, inscrites dans le traité de Lisbonne, qui peut seulement les citer sans rougir ? Après l’accord lamentable avec la Turquie, que veut encore dire le respect de la dignité humaine ? Tous ceux qui ont pris la route ou la mer pour fuir la guerre et qui sont désormais bloqués aux portes de l’Europe peuvent légitimement s’interroger sur le sens que nous donnons au mot de liberté, à laquelle ils aspirent mais que nous leur dénions alors même que nous disons y être fondamentalement attachés. La solidarité ? Passons sur les velléités de l’un ou l’autre pays, Grande-Bretagne en tête, de se voir dispensés de ses engagements envers l’Union. Mais n’oublions pas le sort fait à la Grèce qui a encore récemment subi un coup de matraque financier sans précédent et à qui l’Allemagne refuse encore le moindre délai budgétaire supplémentaire alors qu’elle est en première ligne dans l’accueil des réfugiés.

L’Europe est en porte-à-faux avec ses valeurs, faute d’être animée par un projet politique. Face à l’adversité, elle sait quand même se redresser comme un seul homme. Mais qu’en sera-t-il quand le temps de l’émotion et des grandes déclarations sera passé ? Le plus bel hommage aux 31 morts et aux 270 blessés, selon le bilan communiqué mercredi 23 mars dans l’après-midi, ne serait-il pas de redonner vie au projet européen et de revenir sur tous ces dossiers où les valeurs censées nous unir ont été entamées ?

Dominique Greiner La Croix au 24/03/2016

 

Publié dans Politique, migration

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