Ellul : Leur capacité technicienne s'applique partout, et leur permet d'exercer la totalité des pouvoirs

Publié le par Michel Durand

 Crise des migrants: la tristesse du pape François à Lesbos, 12 Syriens accueillis au Vatican

Crise des migrants: la tristesse du pape François à Lesbos, 12 Syriens accueillis au Vatican

source de la photo : la Voix du Nord

Les techno bureaucrates de l’Europe ne perçoivent que des flux.
Flux des marchandises, flux migratoires qu’il convient d’endiguer.
Flux légaux. Flux illégaux.
Il y a des chiffres ; des quotas ; des équilibres à maintenir. Une politique du chiffre à atteindre. Tous ces chiffres s’affichent sur les écrans des ordinateurs. Ils montrent des impératifs à respecter.
Seulement, voilà que les migrants -ni les économiques ni les réfugiés- ne sont des quantités quantifiables. Ils sont des humains. Les technocrates l’oublient. Plus, ils n’ont pas mission de faire autre chose que d’appliquer les lois et d’augmenter les profits.
En Grèce le pape François nous le rappelle : « les migrants ne sont pas des numéros ».À Lesbos, il est avec les migrants. Du côté des personnes et no des chiffres financiers. Voir le Républicain Lorrain.

Dans ce voyage humanitaire, indique Yves Bertoncini, directeur de l'institut Jacques Delors, François a rencontré « des demandeurs d'asile en rappelant qu'ils sont des victimes et pas des menaces ». Il a exhorté « les Européens à revenir à ce qui fait leur identité chrétienne : l'ouverture aux autres ». Il garde « un regard sévère sur l'Europe ». Personne ne peut ignorer que sur l'île grecque de Lesbos, des milliers de migrants sont bloqués dans la crainte d'une expulsion. « En effet, l'accord signé il y a trois semaines entre Ankara et l'Union européenne prévoit le renvoi des demandeurs d'asile arrivés sur les îles grecques vers la Turquie. Le pape François, lui-même petit-fils de migrants arrivé en Argentine, a déjà montré son intérêt pour la cause des migrants en se rendant à Lampedusa. Son voyage à Lesbos a des accents politiques. "C'est le premier pape non-européen, c'est aussi pour ça qu'il garde un regard désolé et souvent sévère sur l'Europe", explique Yves Bertoncini. Alors que de nombreux pays d'Europe centrale comme la très catholique Pologne sont farouchement opposés à l'accueil des migrants, avec son message, "le pape a espoir qu'ils (les catholiques) montrent l'exemple", a-t-il conclu »

(Europe 1).

Est-ce que cet exemple sera perçu ? Les dirigeants européens vont-ils s’écarter des chiffres pour enfin voir les hommes. Vont-ils percevoir que l’existence n’est pas croissance de PIB ?

Publié dans Politique, migration, Eglise

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Blaise Join-Lambert 24/04/2016 11:56

Je ne crois pas que ce soit pour des raisons économiques si nous nous comportons si mal envers les immigrés. Du simple point de vue des chiffres, ce serait plutôt un gain ; et de surcroît nous arrêterions de jeter l’argent du contribuable par la fenêtre en programmes inefficaces d’endiguement et de reconduite à la frontière. La sociologue Catherine Wihtol de Wenden, que je connais à titre personnel, l’expliquait à Mediapart : les politiques de refoulement des migrants extra-européens ne sont motivées que par la nécessité – calamiteuse – de « donner une réponse à l’opinion publique », inquiétée par l’arrivée de ces nouveaux venus. Il s’agit de mettre en scène, de théâtraliser le contrôle des frontières et l’exercice de la souveraineté des Etats. Peu importent les conséquences réelles de telles politiques ; peu importent les morts en quantité, le trafic des êtres humains, la prostitution, le travail au noir.

Michel Durand 01/05/2016 18:49

Quoiqu'il en soit nous sommes arrivés à un haut degré d'inhumanité.