Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants

Publié le par Michel Durand

Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants

Certes, il y a eu quelques cris et divers emballements, prémisses à des mouvements de panique. Mais rien de durable. La veille, le mardi 10 mai, le rassemblement contre le 49.3, rencontra violence et destruction. La déception des citoyens s’est fait sentir par des actions contre le local du PS des 1er et 4ème arrondissement. Et le commissariat des Pentes de la Croix-Rousse a senti passer la colère de la manif.

Rien de tout cela le mercredi. Rebellyon.

Je n’ai pas entendu de manifestants se plaindre de la présence du cercle ce silence. Notre appel à la conscience au bénéfice des migrants est partagé par la gauche de la gauche.

Alors que dans un courriel j’écrivais : Je pense qu'hier le cri du silence a œuvré avec force. J’ai reçu cette réponse commentaire : Effectivement, je crois que le Cercle de silence a fait baisser la tension hier sur la Place des Terreaux ! À part la provoc suscitée par le jeune ultra intégriste qui a failli se faire lyncher par un autre très imbibé et sûrement  bien malade, j’ai trouvé les autres personnes présentes sur la place plutôt ouvertes... et compréhensives par rapport à notre démarche. J’ai discuté avec plusieurs petits groupes –surtout des jeunes– se préparant à leurs différents forums. Occasions de réfléchir : il n’y a pas que la défense des droits acquis... il y a aussi la lutte pour ceux qui n’ont pas de droits du tout... et cela élargit le débat !

Avec une naïveté sympathique et... déconcertante, un petit groupe de jeunes m’a dit : “Ne vous en faites pas, on est là, ça va changer” !!!

Et dire que la police était là derrière, armée jusqu’aux dents...

Personnellement, j’ai également eu de longues conversations sur les moyens à prendre pour que plus de vérité, de justice, d’égalité, de fraternité, de solidarité existent. Nous avons parlé de la force de la violence. De la puissance de la non-violence. De l’importance d’agir dans la durée.

Qu’elle est l’efficacité de nos manifestations ? Comment atteindre l’intelligence de celui qui refuse de voir ?...

L’un des manifestants, plutôt pro-violence parce qu’il n’y a que cela qui fait bouger les gouvernements, Antoine, souhaita que l’on se rencontre pour prolonger l’échange. Un dialogue intergénérationnel ne peut qu’être bénéfique pour tous.

Par rapport à la police, j’ai aussi entendu cette remarque tenue par un participant du Cercle de silence : Tu as vu le nombre de gendarmes, de policiers, leurs armements. Ils se croient en pleine guerre !

Voici quelques photos.

Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants
Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants
Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants
Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants
Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants
Le cercle de silence du mercredi 11 mai 2016 manifesta la force de la non-violence par le calme et le silence des occupants

Texte de l'encart de ce mois de mai

Centre d’enregistrement ou de détention ? Après le 20 mars

L’Union européenne (UE) et la Turquie concluaient le 18 mars 2016 un accord visant à réduire la migration vers l’Europe. Entré en vigueur le 20 mars, l’accord prévoit le renvoi vers la Turquie de toute personne entrée irrégulièrement depuis ce pays en Grèce. Une stipulation particulière autorise, pour chaque ressortissant syrien renvoyé, la réinstallation d’un de leurs compatriotes ayant obtenu le statut de réfugié par le Haut Commissariat aux Nations Unies (HCR) sur le sol turc. La politique « du un contre un » conforte le président Erdogan dans son partenariat dans la « crise » migratoire syrienne. Forte déjà de l’accord obtenu le 30 novembre, qui allouait aux autorités d’Ankara 3 milliards d’euros pour l’accueil et le contrôle de plus de 2,2 millions d’exilés syriens, la Turquie détient désormais la promesse d’une nouvelle aide de 3 milliards d’euros d’ici à 2018, si l’accord du 18 mars est respecté. Tout porte à croire que le président turc s’y tiendra. L’UE a promis pour les citoyens turcs une libéralisation des visas, attendue et réclamée de longue date ainsi qu’une avancée significative dans les négociations d’adhésion. Des contreparties qui ne sont pas forcément exagérées quand on sait que l’État et les collectivités publiques turques ont déjà dépensé plus de 8 milliards d’euros en faveur des Syriens. Ceux-ci représentent aujourd’hui un défi pour la société turque. Disséminés sur tout le territoire, ils modifient dans nombre de localités la composition ethnique et confessionnelle du pays. La présence des Syriens, si elle crée des tensions parfois xénophobes, a aussi dynamisé le tissu économique de plusieurs régions. Une capacité d’absorption sans comparaison avec l’Europe, qui a vu ses frontières franchies par 1,2 million de personnes en 2015. À Istanbul, une église chrétienne a été ouverte : la première depuis 1923. Quant à l’accord, le HCR le dénonçait violemment le 22 mars, et arrêtait le transport des migrants vers les Hotspots (centres d’enregistrement et d’identification), qualifiés de lieux de détention. L’UE croit se protéger par une politique d’externalisation des demandes d’asile et de fermeture de ses frontières. Il est donc temps de se rappeler, au moment du 9 mai, la phrase de Robert Schuman : « l’Europe n’a pas été faite, nous avons eu la guerre ».

Publié dans Politique

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