Le phénomène de l’immigration ne va pas s’arrêter : il va continuer, et ça ne va pas s’arranger : C. Salomé, de l’Auberge des migrants

Publié le par Michel Durand

Le phénomène de l’immigration ne va pas s’arrêter : il va continuer, et ça ne va pas s’arranger : C. Salomé, de l’Auberge des migrants

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Les campagnes électorales sont lancées. Devons-nous leur attribuer l’ouverture d’immeubles inoccupés au travers de la France pour recevoir des migrants en quête tout simplement de lieu de vie où la mort ne menace plus ? Depuis Sangatte, 1999, où le dispositif d’accueil était très minime avant la décision de fermeture, 2002, par N. Sarkozy, rien de vraiment sérieux ne fut fait pour que la présence d’hommes et de femmes soit dignement reconnue.

Campagne électorale ou pas, réjouissons-nous que des logements soient mis à disposition des demandeurs d’asile et agissons pour que toute la population française se fasse accueillante. Ce qui, hélas, n’est pas le cas. 

En fait, la question demeure : vider le bidonville de Calais (la jungle) et écraser les constructions par coup de bulldozer ne sera pas suffisant. Je disais la même chose à propos des bidonvilles des Roms entourant Lyon. Nous sommes nombreux à le dire. Plutôt que détruire, il faut construire, améliorer les cabanes, rendre salubres les lieux de vie. Édifier des logements d’urgence. En effet, les personnes délogées reviendront, appauvries, se réinstallant encore quelque part selon leur recherche première.

L’évêque d’Arras écrit : « À partir de ce lundi 24 octobre 2016, une vaste opération de déplacement des personnes concentrées dans la lande ou Jungle de Calais est menée. Même si ce lieu a représenté une lueur d’espoir pour beaucoup d’entre elles, l’insalubrité des lieux et les conditions précaires de subsistance le condamnaient à disparaître. Sans oublier les moyens pris par les pouvoirs publics et l’énorme investissement des bénévoles et des associations, l’heure est venue de construire plus que de démanteler ».

Toute la communication de l’administration de l’État tourne autour du démantèlement de la junte de Calais et du relogement des personnes dont on montre la joie, car, il y aura un vrai lit, au chaud. Mais, il n’y a pas que Calais. Il y a de nombreux lieux où le problème se pose. Il y a l’affirmation fallacieuse que le pays d’origine est « sûr » alors on assigne des OQTF.

Bref, je pense et nombreux professionnels le disent : même si le chemin nouvellement pris est meilleur que précédemment, ce n’est pas encore suffisant. Recoller les morceaux ne peut que s’accompagner d’une recherche de sens des actions à mener en envisageant le long terme. Une simple remise à la frontière de migrants ne peut rien résoudre. « Aujourd’hui, dans ce monde mondialisé, où les cadres, les frontières et beaucoup de repères semblent ne plus être là, où les identités sont dès lors fragilisées, où l’avenir ne fait pas rêver et est difficile à intégrer positivement dans le cours d’une existence, il n’est pas étonnant que la question du sens nous revienne de plein fouet. Et que la faiblesse du discours et de la réflexion politique apparaisse à découvert » (Conférence des évêques de France).

 

"Pas en notre nom. C'est le message de Maurice Ulrich dans l'Huma d'aujourd'hui." Stéphane Bienvenu

"Pas en notre nom. C'est le message de Maurice Ulrich dans l'Huma d'aujourd'hui." Stéphane Bienvenu

Dans le sens de cette réflexion je dis avec Stéphane, « La solidarité de nombreux habitants, associations, bailleurs et élus pour accueillir ceux qui fuient nos guerres et notre impérialisme économique est à louer, car elle donne une tout autre image d'une France (rance) où les jeux politiciens côtoient le racisme le plus effroyable ».

Les documents ici proposés à la lecture alimentent ce type de réflexion.

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