Noël. La Bonne Nouvelle concerne le Fils de Marie : selon la chair, il est né de la famille de David ; selon l’Esprit, il est de Dieu.

Publié le par Michel Durand

Le songe de Joseph, Hubert Damon. et Arcabas
Le songe de Joseph, Hubert Damon. et Arcabas

Le songe de Joseph, Hubert Damon. et Arcabas

Homélie du 18 décembre 2016 (Ci-dessous, l'enregistrement)

Lecture du livre du prophète Isaïe : 7, 10 -16 : Voici que la vierge est enceinte
Psaume 23 : Qu’il vienne le Seigneur, c’est lui le roi de gloire !
Lettre de Saint Paul aux Romains : 1, 1 - 7 : Jésus-Christ, né de la descendance de David, et Fils de Dieu
Évangile selon saint Matthieu : 1, 18 - 24 : Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David

Je me permets une comparaison quelque peu hasardeuse. Accueillir chez soi une femme avec un enfant à naître, qui fut peut-être rejeté par la famille et se retrouve ainsi hors de son pays à la rue, c’est accueillir Dieu comme Joseph qui accepta de prendre chez lui Marie au lieu de la renvoyer en secret. Joseph, accueillant Marie, reçoit sous son toit Dieu lui-même en la personne de son Fils.

Par ailleurs, nous connaissons ce que Jésus disait à toutes et à tous : Et celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi. Mt 18, 5

L’affirmation se prononce aujourd’hui à tout européen et, même s’il n’est pas opportun de tout donner au risque de se retrouver nus sur le trottoir, nous ne pouvons demeurer indifférents au nombre de personnes, de familles qui errent dans des camps de réfugiés, voire pire, qui sont expulsés de ces camps.

Ceci dit, porte ouverte à l’écoute de l’Évangile de ce jour, je ne souhaite pas commenter ou tenter d’expliquer dans le détail le passage de ce quatrième dimanche de l’Avent. Je vous invite par contre, je nous invite à lire à la maison tout le début de l’évangile selon Matthieu, puis tout le début de l’évangile selon Luc avec les notes de bas de page. Elles sont abondantes dans la Traduction œcuménique de la Bible (la TOB). Regardons avec attention l’ensemble de ces récits sans chercher à en formuler un résumé cohérent. Cela s’avère impossible. La généalogie de Jésus et son enfance telle qu’elles sont décrites ne relèvent pas de notre logique et rationalité humaine propre au XXIe siècle. Il me semble qu’il faut très simplement entrer dans cette Bonne Nouvelle (Évangile) en acceptant pleinement le mystère qu’il exprime.

Les anges ont-ils vraiment existé ? Sont-ils venus corporellement parler à Marie et à Joseph ?

Dans le cas de Joseph, il y a une manifestation nocturne : l’ange du Seigneur lui apparut en songe, pendant son sommeil puisque l’on voit Joseph se réveiller. L’ange, l’envoyé de Dieu, s’exprima pendant que Joseph dormait. Il est complètement abasourdi. Une tuile lui est tombée sur la tête. Une seule certitude ; l’enfant dont on parle n’est pas le sien.

« L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint. »

Tu en seras le père, tu lui donneras le nom de Jésus (le Seigneur sauve) ; il sera de la lignée des David et la prophétie d’Isaïe se réalisera enfin. Quel grand mystère !

L’important me semble être dans la réalité de Dieu qui veut le bonheur des hommes. Sa volonté de salut pour tous s’est de nombreuses fois exprimée. Enfin, l’Emmanuel, Dieu avec nous arrive ; il naîtra d’une jeune fille. Les chefs d’Israël ont mal dirigé le peuple. Ils n’ont pas apporté le bonheur comme ils le devaient, alors Dieu décide de venir lui-même.

Face à ce mystère de la présence de Dieu parmi nous, je ne peux qu’inviter à nous plonger dans l’indicible du Créateur. Silence. Regardons en nous-mêmes ce que nous pouvons voir des réalités essentielles de nos vies. Regardons et contemplons la force du bonheur dans l’existence. Fixons notre regard sur la beauté de l’Amour, de la fidélité, de la fraternité, de la solidarité, du respect d’autrui et demandons qu’à l’intérieur de l’incompréhensible accepté s’intensifie la puissance de l’amour.

Entre Joseph et Marie, dans la non-compréhension des événements il y a la confiance, l’adhésion à la parole de l’autre malgré les plages obscures. C’est la foi. Je crois. Je ne sais pas et je ne cherche pas à savoir même si je serais plus à l’aise grâce à une meilleure intelligence de ce qui se passe. L’acte de foi qui nous est demandé est justement traduit par cette expression : croire, espérer contre toute espérance (Rm 4, 18). Il s’agit d’Abraham : « Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi le père d’un grand nombre de nations, selon ce qui lui avait été dit : telle sera ta postérité ».

L’Emmanuel (Dieu avec nous) vient en Marie accomplir d’une façon définitive la réalisation de l’humanité en Dieu.

Voilà la Bonne Nouvelle. Elle concerne le Fils de Marie : selon la chair, il est né de la race de David ; selon l’Esprit, il est de Dieu.

Les rois d’Israël conduisaient mal le peuple. Que voyons-nous aujourd’hui ? Ce que nous observons est matière à réflexion. Regardons le positif. Voici deux témoignages puisés dans la presse locale : - « Le centre de transit de Forum réfugiés a organisé une soirée « fête de Noël » mercredi dernier. Un moyen pour réunir toute l’équipe du centre et les personnes en situation de demande d’asile. L’objectif étant de passer un bon moment en famille.

- Une famille rom, dont trois fillettes dort dans un parc. Une mère dit : « Qu’elles aient un toit, ce serait le plus beau cadeau de Noël pour nous ! Ma fille est en CP ; elle est malheureuse de voir sa camarade comme ça ». Un groupe de parents d’élèves de l’école Descartes à Villeurbanne se mobilise pour loger trois écolières et leurs parents à la rue.

Joseph, accueillant Marie, reçoit sous son toit Dieu lui-même en la personne de son Fils.

Publié dans Eglise, Témoignage, évangile

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