Aujourd’hui comme hier, le citoyen, hors du message chrétien, est tenté de discriminer selon les préférences, les appartenances ou les origines

Publié le par Michel Durand

Aujourd’hui comme hier, le citoyen, hors du message chrétien, est tenté de discriminer selon les préférences, les appartenances ou les origines

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L’évidence est évidente. Le vote de dimanche (23 avril 2017) fut plus un vote utile, qu’un vote de conviction. Un vote utile contre ses craintes. En premier la peur du Front National. Mais aussi, la peur de voir menacer ses avantages acquis, ses privilèges. L’appel à tenir compte de l’intérêt général n’est pas entendu. Adieu une fraternité mondiale ! Voir ici, attente et espoir. 

Le vote utile ! 

Dans les milieux que je côtoie, j’ai souvent entendu parler de l’importance de voter Macron pour faire barrage à l’extrême droite. Sans surprise, c’est cette tendance que la majorité des Français soutient. La fatigue des systèmes politiques incitent à affirmer qu’il n’y a plus ni gauche ni droite, mais une nouvelle force agissant au-delà des clivages politiques partisans. Les milieux intellectuellement et financièrement favorisés sont à l’aise dans cette vision qui conforte l’assurance du maintien des avantages. Quand est-il des marginalisés du libéralisme ? L’individualisme de l’ambiance sociétal est tel -et on le constate à l’intérieur de l’Eglise- que le souci du pauvre, du laissé pour compte n’est pas considéré. La tendance à « tirer son épingle du jeu » l’emporte. Aussi, je me demande si sauver la France au nom du libéralisme (ou néolibéralisme), tiendra compte des plus pauvres.
L’Europe, après avoir pillé depuis des siècles les matières premières d’Afrique et d’Amérique latine, maintient sa domination sans se soucier fondamentalement de la présence à ses frontières ou sur son sol, d’un nombre croissant de migrants. L’individualisme libéral l’emporte sur le sens d’un bien commun mondialement perçu. Celles et ceux qui luttent au nom du sens de la personne demeure minoritaire, même si, ça et là, nous découvrons des espérances. Par exemple, Isabelle Mire du cercle de silence de Metz informe qu’il y avait entre 160 et 200 personnes au dernier rassemblement. « C’est beaucoup ». « Cela n'est pas passé inaperçu. Notre mobilisation encourageante ne doit pas faiblir, bien au contraire : Cet élan de solidarité, de conscience citoyenne doit continuer à vivre toujours plus concrètement, d'autant que l'entre deux tours des élections laisse toujours planer une situation des plus intolérables pour l'avenir des Droits de l’Homme. La fin de quinquennat s'est soldée vendredi dernier par le démembrement d'une famille dont la moitié a été expulsée manu militari malgré d'innombrables soutiens. Ne baissons pas les bras, exigeons une politique qui ne soit pas fondée sur la culture de la peur de l'autre mais au contraire la recherche d'une politique intelligente de régularisation des étrangers au nom du respect de tout homme ». 

Il semblerait que cette politique ne puisse être à l’ordre du jour suite au choix d’une majorité de Français. François Picard, prêtre de l’Oratoire, écrivait récemment « Aujourd’hui comme hier, l’homme est tenté de discriminer selon les préférences, les appartenances ou les origines. Le problème complexe posé par le non-accueil des réfugiés illustre la résistance de l’homme à la justice de Dieu. Dans le souffle de l’Esprit de paix, de justice et de miséricorde, puisse le Seigneur réveiller le juste qui sommeille en nous, afin que la fraternité, inaugurée dans la résurrection, rayonne dans l’Église et dans la société tout entière ».

Fraternité ou solidarité mondiale qui ne semble pas l’ordre du jour, comme le souhaiterait le CCFD-Terre solidaire : « On ne construit le lien social qu’avec celles et ceux qui vivent ensemble et participent au devenir de la communauté ».  

Ceci dit, que faire ? 

Il me semble que, individuellement, personnellement et communautairement toutes les questions attachées au choix de bonne gouvernance devraient être méditée en lien avec le message de l’Evangile. Une fraternité évangélique est à créer. La morale chrétienne n’est pas individuelle, elle est communautaire. Le bien commun dépasse les droits et devoirs individuels. Georges Bernanos (1937) interroge la politique du moindre mal, se demandant si cette attitude est bien chrétienne. La guerre, le commerce des armes est-ce un moindre mal acceptable ? Existe-t-il des « concessions qu’un chrétien peut faire à l’esprit du monde sans risquer l’enfer éternel ? Vous ne pouvez servir Dieu et le monde, vous ne pouvez servir Dieu et l’argent… » (Les grands cimetières sous la lune). 

Une étude de l’Evangile pour interroger le comportement de tous les chrétiens, du petit baptisé, jusqu'à l’évêque en passant par les prêtres et experts de la foi s’avère absolument nécessaire. L’idéologie est-elle soumise à la Parole du Christ ou l’inverse ? La révision de vie sous le regard du Christ répond à la question.

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