De nouveaux de vie sont nécessaires. Nous devons pratiquer les choix d’une vie sobre, simple. Il ne suffit pas d’interroger

Publié le par Michel Durand

De nouveaux de vie sont nécessaires. Nous devons pratiquer les choix d’une vie sobre, simple. Il ne suffit pas d’interroger

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Le conseil des évêques de France vient de publier un document de 120 pages qui se présente comme un outil pour favoriser la réception de l’encyclique écologique de François. Il a pour titre : « Nouveaux modes de vie ? L’appel de Laudato si’ ».

 

Est-ce une reprise de la déclaration « Pour de nouveaux modes de vie » que le Conseil de l’épiscopat avait publiée en 1982 ? SI oui, le « ? » de l’édition de mars 2017 manifeste l’attitude bien frileuse des évêques face aux urgences du moment. Selon moi, il ne ’agit pas de s’interroger sur les indispensables changements de modes de vie. Il convient de les mettre en pratique. En 1982, le 22 septembre, nous lisions : 

« L'esprit de l'Évangile ne s'accommode pas de n'importe quel comportement individuel ou collectif. Il ne transige pas avec la vérité, ni avec la justice, ni avec le respect des partenaires. (...) Dans cet esprit évangélique de réconciliation et de partage, nous invitons les communautés chrétiennes à s'interroger sur la qualité de la solidarité humaine vécue par leurs membres. Nous leur proposons quelques points d'attention. »

Emploi :

« Alors que certains ménages bénéficient du cumul de salaires plus que suffisants, le renoncement total ou partiel à l'un d'entre eux, celui de l'homme ou celui de la femme, faciliterait le partage du travail.

(...) Certains foyers, lorsque les enfants sont élevés et les besoins en voie de diminution, pourraient envisager la retraite anticipée ».

Placement de l'argent :

« Ceux qui peuvent actuellement placer de l'argent ont à juger de leurs placements en fonction de leur utilité sociale et non de leur seule rentabilité financière. »

Revenu :

« Sauf pour les plus défavorisés, la défense du niveau de vie n'est plus aujourd'hui l'objectif le plus urgent.

(...) L'éventail actuel des revenus paraît loin de correspondre au travail ou aux services rendus. »

Consommation :

« La vigilance des consommateurs jointe à l'effort des intermédiaires rendrait plus équitable la détermination du prix des services et des produits. (…)»

En tout cela (extraits de Pour de nouveaux modes de vie trouvés dans La Croix (16/04/09), il ne s’agit pas de s’interroger sur d’indispensables nouveaux modes de vie ; mais bien de les pratiquer.

 

Mélinée Le Priol, journaliste à La Croix, s’exprime sur cette prudence épiscopale qui ajoute un point d’interrogation à l’affirmation d’il y a 35 ans : Pour de nouveaux modes de vie.

Affirmer n’est pas interroger ! - « Nouveaux modes de vie ? » 

« Précaution de langage ou ouverture face à la diversité des changements possibles ?

Quoi qu’il en soit, explique Mélinée Le Priol, si les évêques s’alarmaient d’une importante crise économique et sociale au début des années 1980, c’est une véritable « crise de sens » que le monde doit désormais affronter selon eux. Se refusant, à la suite du pape François, à réduire la question écologique à un simple enjeu technique, ils y voient l’occasion de se poser une question plus fondamentale : qu’est-ce que « bien vivre » ?  Et d’ajouter : « Soucieux sans doute de ne pas brusquer le lecteur, les évêques adoptent un ton moins ferme que le pape François dans Laudato si’ ». 

 

Et l’on s’efforce de justifier l’absence de référence à l’Évangile - ce message est effectivement bien souvent trop dur à entendre - en disant, selon Elena Lassida, que les évêques ne souhaitent pas s’adresser exclusivement aux chrétiens. N’est-ce pas, c’est une évidence, dans l’actuel climat politique cuisiné par les campagnes électorales, ratisser large est nécessaire ; et pour cela, on cache les paroles et les actions qui fâchent. On interroge par crainte de ne pas être écouté en affirmant. 

 

Toujours selon mes habituelles sources - je n’ai pas le courage (ou le temps) de consulter divers organes de presse - j’ose affirmer que la frilosité des cadres de l’Église s’exprime également à l’occasion de la campagne électorale pour la présidence. Il est vrai qu’un pasteur est un bon pasteur, qu’il soit évêque ou curé, quand il maintient l’unité de son Église. Or, pour garder l’adhésion de tout le monde, il y a des choses qui ne peuvent être dites, des affirmations qu’il vaut mieux occulter. C’est comme dans un repas de famille : « on ne parle pas des choses qui fâchent ». J’ai évoqué ce silence (à mon avis non évangélique) le 31 mars, indiquant l’article « Le difficile positionnement politique des évêques ». Silence, « prudence qui s’explique, écrit Loup Besmond de Senneville, par l’effritement progressif de la « digue » longtemps dressée entre les catholiques et le FN… En aparté, un évêque glisse, visiblement inquiet : « Je ne peux pas nommer le FN. C’est impossible. 40 % des fidèles de mon diocèse votent pour lui… »

 

L’affirmation de François est à reprendre : 

« Beaucoup de formes hautement concentrées d’exploitation et de dégradation de l’environnement peuvent non seulement épuiser les ressources de subsistance locales, mais épuiser aussi les capacités sociales qui ont permis un mode de vie ayant donné, pendant longtemps, une identité culturelle ainsi qu’un sens de l’existence et de la cohabitation. La disparition d’une culture peut être aussi grave ou plus grave que la disparition d’une espèce animale ou végétale. L’imposition d’un style de vie hégémonique lié à un mode de production peut être autant nuisible que l’altération des écosystèmes » (Laudato si’, 145.).

 

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