Quels sont les critères qui me permettent de choisir le président adéquat ?

Publié le par Michel Durand

La doctrine sociale de l’Église, des repères dans un monde politique imparfait

La doctrine sociale de l’Église, des repères dans un monde politique imparfait

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En quelques mots le profil humain souhaité : voir les mots « en gras ».

 

Par répondre rapidement à cette question, chrétien de l’Eglise romaine j’ai la chance de pouvoir recourir à la doctrine sociale de l’Église. Cet enseignement hiérarchise les valeurs auxquelles, dans la ligne de l’Évangile, nous tenons. Dans ce que nous vivons quotidiennement qu’est-ce qui est premier ? Et, quand il y a conflit entre deux ou trois valeurs considérées comme primordiales, comment choisir le chemin à suivre ? L’enseignement de l’Église au moins depuis le XIXe siècle alimente le discernement. 

Je voudrais dans cette page tracer le profil de l’évangéliquement souhaité.  

Au centre de toute organisation, nationale, européenne ou mondiale, il y a l’homme.

L’homme, la civilisation qui le construit et qu’il construit arrive en premier. En tête donc la valeur de solidarité. Une humanité solidaire et même fraternelle ! 

Cela entraîne que le plus compétant ne va pas s’arroger les droits à tout gérer. Il est question ici du principe de subsidiarité qui conduit à ne pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut être fait à un échelon plus bas. Quand l’administration d’un groupe humain se technicise à outrance cela entraîne la démission de ceux qui vivent à la base. Cela n’est pas acceptable. Les décisions prises dans les sphères bureaucratiques d’une Europe technicienne ne peuvent respecter les attentes des personnes qui se sentent non considérées dans et par l’éloignement. La solidarité est ce « qui est le plus efficace antidote contre les populismes modernes » (François).

Puisque l’homme est premier, personne ne peut prétendre avoir des droits sur lui. Ainsi, la famille sera le lieu du droit à la vie et du droit de l’enfant. Jean-Paul II exprime (Evangelium vitae) que la vie est le premier des droits fondamentaux. Il s’étend « de sa conception à sa fin naturelle ». La non acception de l’avortement s’accompagne du refus de la peine de mort. L’euthanasie est à distinguer des soins palliatifs. Mais va-t-on interdire toute PMA ? Certes, il y a, ici, beaucoup de techniques sophistiquées. J’ai rencontré des familles qui n’ont pu avoir d’enfants que par ces artifices. Elles ont largement mis en avant le droit de l’enfant et non le désir de vouloir à tout prix un enfant (le droit à l’enfant). 

Le travail est ce qui permet de vivre tant par l’épanouissement personnel qu’il apporte que par l’argent obtenu. La justice d’une rémunération se mesure aux moyens donnés pour vivre au quotidien. Travail et revenu ne devraient pas être obligatoirement liés. Des limites à l’enrichissement par le travail sont nécessaires. Idem pour la propriété privée. Dans ce contexte du « travailler plus pour gagner plus »l’Église condamne les excès du capitalisme, de la marchandisation de la société entravant les droits individuels. « Le marché de doit pas devenir le lieu de la domination du fort sur le faible » (Benoit XVI). Est, alors, inacceptable « un système économique qui place le dieu argent au centre de tout » (François).

Relativisé donc, l’activité rémunérée est partagée entre tous. Une solidarité qui se joue également avec les migrants économiques ou politiques. Il « n’est pas « humain de fermer ses portes » (François), ses frontières. Il n’est pas sérieux d’ignorer ce qui provoque les migrations. Prendre en compte les dysfonctionnements planétaires ne peut qu’accompagner l’effort d’accueils réussis. Une juste économie locale et mondiale tient compte du « droit à ne pas émigrer » (Benoît XVI). 

La paix par le développement économique (Paul VI) engendre le maintien des États de droit et le cadre de situations sans guerres. Si l’Eglise développe toujours l’idée d’une possible guerre juste en cas de « non respect des droits de l’homme et des principes d’un État de droit », il reste difficile de fixer les critères d’un combat légitime, par exemple contre le terrorisme. En ce sens, « la collaboration internationale … doit comporter… un engagement particulier sur les plans politique, diplomatique et économique pour résoudre avec courage et détermination les éventuelles situations d’oppression et de marginalisation qui seraient à l’origine des dessins terroristes » (Jean-Paul II).

Pour résumer ce portrait de l’homme d’aujourd’hui en phase avec le bonheur, je souligne l’urgence d’une lutte permanente contre ledit développement durable afin de mettre en place le développement (économique) soutenable.L’écologie politique le rappelle sans cesse ; productivisme et consumérisme sont les alliés d’un capitalisme vicié à sa base. Pour que l’homme ne soit pas un fléau de la nature (Benoit XVI), il lui faut adopter de nouveaux modes de vie (évêques de France) marqués de simplicité, de sobriété, de pauvreté toute évangélique. François, avec Laudato si’ le dit clairement, nous sommes invités à élaborer « un nouveau paradigme », celui d’une « écologie intégrale » pour « la préservation de la maison commune ». Cela passe par une nouvelle considération de l’idée de progrès et du progrès économique tel que nous invitait déjà à le faire Paul VI avec Populorum progressio.

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