Une pastorale de proximité s’avère indispensable pour rejoindre les gens tels qu’ils sont en leur montrant la joie de l’Évangile

Publié le par Michel Durand

Une pastorale de proximité s’avère indispensable pour rejoindre les gens tels qu’ils sont en leur montrant la joie de l’Évangile

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L’Église se rend visible par ce qu’elle fait plus que par ce qu’elle dit.

Dans ma mission de responsable diocésain pour le Prado de Lyon, je suis invité à  proposer des thèmes de récollection et d’étude d’évangile pour la vie spirituelle, évangélique et apostolique des équipes pradosiennes. Habituellement, nous vivons ces rencontres uniquement entre prêtres et laïcs consacrés. Je me demande, et plusieurs membres de la famille pradosienne se questionnent également, si nous ne devrions pas étendre nos temps de récollection, d’étude et de méditation à toutes les composantes pradosiennes. Les religieuses du Prado semblent partantes. Il y aurait aussi à contacter les laïcs, les fidèles chrétiens qui se sentent appelés à suivre l’Évangile selon l’appel d’Antoine Chevrier. Bref, je propose cette ouverture à tous.

Dans mes échanges à ce sujet, je me sens fortement invité à aller dans ce sens. Et je pense pouvoir affirmer que François, sans nier l’importance des événements ecclésiaux qui visent à rendre l’Église plus visible, insiste sur l’importance pour le missionnaire de vivre proche des gens afin de leur montrer directement les joies de l’Évangile et en vivre avec eux. C’est alors la pédagogie de la révision de vie qui permettra de discerner si nous sommes sur le bon chemin. J’en parlais récemment avec mes jeunes amis du groupe Chrétiens et pic de pétrole  qui indiquaient, sans l’avoir encore pratiqué (semble-t-il), la force de la révision de vie comme indicateur de l’acceptation dans le concret du quotidien des indispensables nouveaux modes de vie. Seule une vie sobre, simple, imprégnée de la pauvreté évangélique pourra contribuer à l’effort de transmettre aux générations futures une Terre viable. Est-ce que nous vivons vraiment ainsi ? Seule la révision de vie répondra avec certitude à cette question. 

Toujours en parlant avec les uns et les autres, j’ai découvert l’importance du prochain Synode (2018) qui vise à attirer l’attention sur l’apostolat auprès des jeunes. Quand un groupe religieux est très marqué par l’âge avancé de ses membres, il ne peut que fournir tous les efforts nécessaires pour rajeunir ses pratiques apostoliques et s’ouvrir aux aspirations des jeunes. J’ai dramatiquement pensé à cela en constant que, sur la quarantaine de prêtres pradosiens lyonnais, il n’y en avait que 4 de moins de 70 ans. S’ouvrir aux nouvelles générations n’est pas facile aujourd’hui, car il apparait à tous que l’écart entre la culture du XXIe siècle est celle de la fin du XXe est immense. Si une vallée séparait les chrétiens des années 60 de ceux des années 30, actuellement, c’est une vaste mer qui s’est installée entre les générations. Comme le dit l’un de mes confrères, aborder cette question maintenant est une nécessité. Mais, au Prado, nous venons peut-être avec 25 ans de retard. 

Quoi qu’il en soit, le document de préparation du prochain synode va aider à affiner notre positionnement pastoral dans le sens d’une grande proximité avec les personnes auxquelles, à la suite de notre unique Maître, le Christ, nous sommes appelés à offrir L’Évangile. En ce sens, pour la prochaine récollection, suite à diverses rencontres, je propose de prier et méditer à partir de ce document préparatoire : les jeunes, la foi et le discernement vocationnel. Document à lire assurément que l’on trouve ici.

 

Extraits à méditer en vue d’un échange en équipe. 

Dans ce contexte, les vieilles approches ne fonctionnent plus et l’expérience transmise par les générations précédentes devient rapidement obsolète. Opportunités valables et risques insidieux s’emmêlent en un enchevêtrement difficile à dénouer. Des instruments culturels, sociaux et spirituels adaptés deviennent indispensables pour que les mécanismes du processus décisionnel ne s’emballent pas et que l’on finisse, par peur de se tromper, par subir le changement au lieu de le conduire. Le Pape François l’a dit : « “ Comment pouvons-nous redonner la grandeur et le courage de choix de grande ampleur, d’élans du cœur, pour affronter les défis éducatifs et affectifs ? ”. J’ai dit et redit ce mot : risque ! Risque. Celui qui ne risque pas n’avance pas. “ Et si je me trompe? ”. Que le Seigneur soit béni ! Tu te tromperas bien plus si tu restes immobile » (Discours à la Villa Nazareth, 18 juin 2016). (…)

Dans cette recherche de parcours capables de redonner courage et les élans du cœur, on ne peut pas ne pas tenir compte de ce que la personne de Jésus et la Bonne Nouvelle qu’il a proclamée continuent de fasciner de nombreux jeunes. (…)

L’innovation sociale exprime une implication positive qui renverse la condition des nouvelles générations : passer du statut de perdants, qui demandent la protection vis-à-vis des risques du changement, à celui de sujets du changement, capables de créer des opportunités nouvelles. Il est significatif que les jeunes précisément – souvent enfermés dans le stéréotype de la passivité et de l’inexpérience – proposent et pratiquent des alternatives qui manifestent ce que le monde ou l’Église pourrait être. Si, dans la société ou dans la communauté chrétienne, nous voulons que quelque chose de nouveau se produise, nous devons laisser de la place à l’action de nouvelles personnes. En d’autres termes, projeter le changement selon les principes de la durabilité requiert de permettre aux nouvelles générations d’expérimenter un nouveau modèle de développement. Ceci apparaît particulièrement problématique dans les pays et dans des contextes institutionnels où l’âge de ceux qui occupent des postes de responsabilités est élevé et ralentit les rythmes de renouvellement générationnel. (…)

« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres » (Jn 15, 16-17). Si la vocation à la joie de l’amour est l’appel fondamental que Dieu place dans le cœur de chaque jeune pour que son existence puisse porter du fruit, la foi est à la fois don d’en haut et réponse à se sentir choisi et aimé. (…)

La foi « n’est pas un refuge pour ceux qui sont sans courage, mais un épanouissement de la vie. Elle fait découvrir un grand appel, la vocation à l’amour, et assure que cet amour est fiable, qu’il vaut la peine de se livrer à lui, parce que son fondement se trouve dans la fidélité de Dieu, plus forte que notre fragilité » (Lumen fidei, 53). Cette foi « devient lumière pour éclairer tous les rapports sociaux », en contribuant à « construire la fraternité universelle » entre les hommes et les femmes de tout temps (ibid., 54). (…)

L’espace de ce dialogue, c’est la conscience. Comme l’enseigne le Concile Vatican II, elle « est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre » (Gaudium et spes, 16). La conscience est donc un espace inviolable où se manifeste l’invitation à accueillir une promesse. Discerner la voix de l’Esprit au milieu des autres appels et décider quelle réponse donner est un devoir qui échoit à chaque personne : les autres peuvent l’accompagner et la confirmer, mais jamais la remplacer. (…)

Prendre des décisions et orienter ses actions dans des situations d’incertitude, face à des élans intérieurs contrastés : voilà le cadre de l’exercice du discernement. Il s’agit d’un terme classique de la tradition de l’Église, qui s’applique à une pluralité de situations. Il existe, en effet, un discernement des signes des temps, qui vise à reconnaître la présence et l’action de l’Esprit dans l’histoire ; un discernement moral, qui distingue ce  qui est bien de ce qui est mal ; un discernement spirituel, qui propose de reconnaître la tentation pour la repousser et continuer d’avancer sur la voie de la vie en plénitude. Les enchevêtrements de ces diverses acceptions sont évidents et ne peuvent jamais être totalement distincts. (…)

En ayant bien présent cela à l’esprit, nous pouvons nous concentrer ici sur le discernement de la vocation, c’est-à-dire sur le processus grâce auquel la personne arrive à effectuer, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir du choix de son état de vie. Si l’interrogation sur la façon de ne pas gaspiller les occasions de réalisation de soi concerne tous les hommes et toutes les femmes, pour le croyant la question se fait encore plus intense et plus profonde. Comment vivre la bonne nouvelle de l’Évangile et répondre à l’appel que le Seigneur adresse à tous ceux dont il va à la rencontre : à travers le mariage, le ministère ordonné, la vie consacrée ? Et quel est le domaine où il peut faire fructifier ses talents : la vie professionnelle, le volontariat, le service des plus petits, l’engagement politique ? (…)

L’Esprit parle et agit à travers les événements de la vie de chacun, mais les événements par eux-mêmes sont muets ou ambigus, dans la mesure où on peut leur donner des interprétations diverses. Éclairer leur signification en vue d’une décision requiert un itinéraire de discernement. Les trois verbes qui le décrivent dans Evangelii gaudium, 51 – reconnaître, interpréter et choisir – peuvent nous aider à définir un itinéraire adapté tant aux individus qu’aux groupes et communautés, en sachant que, dans la pratique, les frontières entre les diverses phases ne sont jamais aussi nettes. (…)

Reconnaître – Interpréter – Choisir  (voir – juger – agir) (…)

La vocation à l’amour revêt pour chacun une forme concrète dans la vie quotidienne à travers une série de choix, qui allient état de vie (mariage, ministère ordonné, vie consacrée, etc.), profession, modalité d’engagement social et politique, style de vie, gestion du temps et de l’argent, etc. Assumés ou subis, conscients ou inconscients, il s’agit de choix auxquels personne ne peut échapper. L’objectif du discernement des vocations consiste à découvrir comment les transformer, à la lumière de la foi, en autant de pas vers la plénitude de la joie à laquelle nous sommes tous appelés. (…)

Jean, en particulier, sera appelé à être témoin de la Passion et de la Résurrection de son Maître. Lors de la dernière Cène (cf. Jn 13, 21-29), son intimité avec lui le conduira à poser sa tête sur la poitrine de Jésus et à s’en remettre à Sa parole. En conduisant Simon-Pierre à la maison du Grand Prêtre, il affrontera la nuit de l’épreuve et de la solitude (cf. Jn 18, 13-27). Au pied de la croix, il accueillera la douleur profonde de la Mère, à qui Jésus le confie, en acceptant la responsabilité de prendre soin d’elle (cf. Jn 19, 25-27). Au matin de Pâques, il entreprendra avec Pierre une course tumultueuse et remplie d’espérance vers le tombeau vide (cf. Jn 20, 1-10). Enfin, au cours de la pêche miraculeuse au lac de Tibériade (cf. Jn 21, 1-14), il reconnaîtra le Ressuscité et en donnera témoignage à la communauté. (…)

La figure de Jean peut nous aider à comprendre l’expérience vocationnelle comme un processus progressif de discernement intérieur et de maturation de la foi, qui conduit à découvrir la joie de l’amour et la vie en plénitude dans le don de soi et dans la participation à l’annonce de la Bonne Nouvelle. (…)

Au niveau global, le monde contemporain est marqué par une culture “ scientiste ”, souvent dominée par la technique et par les infinies possibilités qu’elle promet d’ouvrir, au sein de laquelle toutefois « les formes de tristesse et de solitude où tombent tant de personnes et aussi tant de jeunes, semblent se multiplier » (Misericordia et misera, 3). Comme l’enseigne l’Encyclique Laudato Si', l’association du paradigme technocratique et de la recherche spasmodique du profit à court terme sont à l’origine de cette culture du rejet qui exclut des millions de personnes, notamment de nombreux jeunes, et qui conduit à l’exploitation sans discernement des ressources naturelles, ainsi qu’à la dégradation du milieu naturel, menaçant ainsi le futur des prochaines générations (cf. 20-22). (…)

Il ne faut pas non plus négliger le fait que beaucoup de sociétés sont toujours plus multiculturelles et multireligieuses. En particulier, la présence de plusieurs traditions religieuses constitue à la fois un défi et une opportunité : cela peut désorienter davantage et accroître la tentation du relativisme, tandis qu’augmentent les possibilités d’une confrontation féconde et d’un enrichissement réciproque. Aux yeux de la foi, cela apparaît comme un signe de notre temps, qui requiert de progresser dans la culture de l’écoute, du respect et du dialogue. (…)

 

Le défi du multiculturalisme traverse en particulier le monde de la jeunesse, par exemple avec les spécificités des « deuxièmes générations » (c’est-à-dire de ces jeunes qui grandissent dans une société et une culture différentes de celles de leurs parents, à la suite des phénomènes migratoires) ou des enfants de couples “ mixtes ” d’une façon ou d’une autre (du point de vue ethnique, culturel et/ou religieux). (…)

Tendanciellement prudents vis-à-vis de ceux qui se trouvent au-delà du cercle de leurs relations personnelles, les jeunes nourrissent souvent de la méfiance, de l’indifférence ou de l’indignation envers les institutions. Ceci ne concerne pas seulement la politique, mais aussi les institutions de formation et l’Église sous son aspect institutionnel. Ils la souhaiteraient plus proche des gens, plus attentive aux problèmes sociaux, mais ne comptent pas que cela advienne dans l’immédiat. (…)

Tout cela se déroule dans un contexte où l’appartenance confessionnelle et la pratique religieuse deviennent toujours plus les traits d’une minorité et où les jeunes ne se situent pas “ contre ”, mais sont en train d’apprendre à vivre “ sans ” le Dieu présenté par l’Évangile et “ sans ” l’Église, sinon à se confier à des formes de religiosité et de spiritualité alternatives et peu institutionnalisées ou à se réfugier dans des sectes ou des expériences religieuses à forte matrice identitaire. En bien des endroits, la présence de l’Église est moins étendue et il est plus difficile de la rencontrer, alors que la culture dominante est porteuse d’éléments souvent en contraste avec les valeurs évangéliques, qu’il s’agisse d’éléments de sa propre tradition ou de la déclinaison locale d’une mondialisation marquée par la consommation et l’individualisme. (…)

Pastorale de proximité : Accompagner les jeunes exige de sortir de schémas préétablis, en les rencontrant là où ils sont, en s’adaptant à leurs temps et à leurs rythmes ; cela signifie aussi les prendre au sérieux dans leur difficulté à déchiffrer la réalité où ils vivent et à transformer une annonce reçue en gestes et en paroles, dans l’effort quotidien de construire leur histoire et de rechercher plus ou moins consciemment un sens à leur vie. (…)

Chaque dimanche, les chrétiens gardent vivante la mémoire de Jésus, mort et ressuscité, en le rencontrant dans la célébration de l’Eucharistie. De nombreux enfants sont baptisés dans la foi de l’Église et poursuivent le chemin de l’initiation chrétienne. Cela n’équivaut toutefois pas encore à un choix mûr pour une vie de foi. Pour y parvenir, un cheminement est nécessaire, qui passe parfois par des routes imprévisibles et éloignées des lieux habituels des communautés ecclésiales. Voilà pourquoi, comme l’a rappelé le Pape François, « la pastorale des vocations signifie apprendre le style de Jésus, qui passe dans les lieux de la vie quotidienne, qui s’arrête sans hâte et, regardant ses frères avec miséricorde, les conduit à la rencontre avec Dieu le Père » (Discours aux participants au Congrès de pastorale des vocations, 21 octobre 2016). En cheminant avec les jeunes, on édifie la communauté chrétienne tout entière. (…)

Précisément parce qu’il s’agit d’interpeller la liberté des jeunes, il faut mettre en valeur la créativité de chaque communauté pour mettre au point des propositions capables d’intercepter l’originalité de chacun et d’en faciliter le développement. Dans de nombreux cas, il s’agira aussi d’apprendre à accorder une place réelle à la nouveauté, sans la suffoquer dans une tentative de la faire entrer de force dans des schémas prédéfinis : il ne peut pas y avoir de semailles fructueuses de vocations si nous restons simplement enfermés dans le « critère pastoral commode du “ on a toujours fait comme ça ” », sans « être audacieux et créatif dans ce devoir de repenser les objectifs, les structures, le style et les méthodes évangélisatrices de leurs propres communautés » (Evangelii gaudium, 33). Trois verbes qui, dans les Évangiles, caractérisent la façon dont Jésus rencontre les personnes de son temps, nous aident à structurer ce style pastoral : sortir, voir, appeler. (…)

Tous les jeunes, sans aucune exclusion

Pour la pastorale, les jeunes sont des sujets et non pas des objets. Souvent, dans les faits, ils sont traités par la société comme une présence inutile ou incommode : l’Église ne peut pas reproduire cette attitude, car tous les jeunes, sans aucune exclusion, ont le droit d’être accompagnés dans leur itinéraire. (…)

Chaque communauté est par ailleurs appelée à accorder une grande attention aux jeunes pauvres, marginalisés et exclus, et à faire d’eux des protagonistes. Être les prochains des jeunes qui vivent dans des conditions de plus grande pauvreté et misère, de violence et de guerre, de maladie, de handicap et de souffrance est un don spécial de l’Esprit, capable de faire resplendir le style d’une Église en sortie. L’Église elle-même est appelée à apprendre des jeunes : de nombreux jeunes saints en donnent un témoignage lumineux et continuent d’être une source d’inspiration pour tous. (…)

Pasteurs : la rencontre avec des figures ministérielles, capables de se mettre authentiquement en jeu avec le monde des jeunes en lui consacrant du temps et des ressources, grâce aussi au témoignage généreux de femmes et d’hommes consacrés, est décisif pour la croissance des nouvelles générations. Le Pape François l’a lui-même rappelé : « Je le demande surtout aux pasteurs de l’Église, aux évêques et aux prêtres : vous êtes les principaux responsables des vocations chrétiennes et sacerdotales, et ce devoir ne peut être relégué à une charge bureaucratique. Vous aussi avez vécu une rencontre qui a changé votre vie, quand un autre prêtre — le curé, le confesseur, le directeur spirituel — vous a fait connaître la beauté de l’amour de Dieu. Et il en est de même pour vous aussi : en sortant, en écoutant les jeunes — il faut de la patience ! —, vous pouvez les aider à discerner les mouvements de leur cœur et à orienter leurs pas » (Discours aux participants au Congrès de pastorale des vocations, 21 octobre 2016). (…)

 

Publié dans Eglise, évangile, Prado

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