Nous sommes bonne terre quand nous allons vers autrui, attentifs à ses attentes. Savoir écouter la vie des autres pour porter des fruits

Publié le par Michel Durand

Nous sommes bonne terre quand nous allons vers autrui, attentifs à ses attentes. Savoir écouter la vie des autres pour porter des fruits

La pluie fait germer la terre (Is 55, 10-11)

Tu visites la terre et tu l’abreuves, Seigneur, tu bénis les semailles - Ps 64 (65), 10abcd, 10e-11, 12-13, 14 -

La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu (Rm 8, 18-23)

Le semeur sortit pour semer (Mt 13, 1-23)

Homélie du dimanche 16 juillet 2017

enregistrement audio, ci-dessous

Comme dimanche dernier, je relis la Parole de ce jour sans tenter de tracer un lien explicite avec le vécu de l’actualité. Mais je rappelle qu’établir ce lien est indispensable. Le chrétien est dans le monde comme le levain dans la pâte. Il fait en sorte que le pain soit agréable à manger. 

Nous parlons souvent de pastorale de proximité. Sur le blogue En manque d’Eglise, j’ai esquissé une réflexion à ce sujet. Je vous invite à vous y reporter. Comment vivons-nous au quotidien de la Parole révélée ?

Parce qu’il veut être compris par ceux et celles qui vivent loin du mystère divin, Jésus, très souvent, parle en employant des paraboles. Il ne sert à rien, en effet, de dire de grandes vérités à qui n’est pas disposé pour entendre et comprendre.

Jésus parle en paraboles. Il a conscience d’avoir beaucoup à dire. Et ce qu’il dit a tellement d’importance qu’il souhaite gagner l’attention de son auditoire. Pour cela, il ne s’est pas mis sur la place la plus fréquentée de la ville. Il va au bord de la mer (un lac) dans la région de Capharnaüm, là où se réunissent les gens qui n’aiment pas (ou ne peuvent pas) se montrer dans les lieux célèbres, telles une synagogue, afin d’être vu de tout le monde. Au bord de l’eau, à l’écart de la foule, viennent plutôt des personnes en marge de la bonne société, des pauvres, des malades, des publicains à la profession douteuse, des gens conscients de leur manque. Jésus s’adresse à ces personnes qui déjà font un pas vers lui par désir de plus de vérité.

« Une foule se rassembla autour de lui ».

Ces gens se posent des questions et aimeraient pouvoir y voir plus clair dans leur vie. Afin d’être assurément compris d’eux, Le Christ leur parle en parabole.

« Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » demandent les apôtres ?

- Jésus leur répond :

« À vous il est donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, mais à eux, ce n’est pas donné. »

La réponse de Jésus à cette question indique que, dans le cœur des auditeurs, il doit se trouver au moins un désir, un début de compréhension des choses divines. Sans cet attrait, la Parole du Royaume ne peut porter aucun fruit. Tel est le sens de la phrase :

« Celui qui a recevra encore ».

À celui qui manifeste un début de questionnement, d’attrait pour Dieu, on donnera encore plus de connaissance, de compréhension du sens de la vie révélée par le Christ.

Nous ne pouvons parler de Dieu, l’inconnaissable, qu’en utilisant des images capables de susciter l’attention, de déranger quelque peu dans les certitudes afin d’ouvrir à la nouveauté qui se présente. En effet, celui dont le cœur est endurci ou n’est pas prêt à entendre à cause des soucis du monde ou d’un esprit superficiel, celui-là est totalement hermétique à l’annonce. En lui, elle se dessèchera comme une semence jetée sur des cailloux. Autrement dit, pour annoncer la Bonne Nouvelle (l’Evangile), il faut d’abord travailler le terrain qui recevra la parole.

Relisons alors l’Évangile du jour en nous interrogeant personnellement.

Quand le semeur sème sur la mauvaise terre, cela ne poussera pas. La mauvaise terre, c’est nous quand on ne va pas vers le voisin pour lui tendre la main et lui rendre le service dont il a besoin.

Et la bonne terre ?

La bonne terre, c’est nous qui allons vers l’autre pour être attentifs à ses attentes. En effet, pour être porteur de beaucoup de fruits, il faut être disponible, savoir écouter la vie des autres. C’est-à-dire qu’il ne faut pas se laisser envahir par les soucis de la vie quotidienne ou les évènements sans importances. La bonne terre, c’est nous quand nous n’avons pas honte de nous exprimer publiquement à propos de Dieu. Il est triste de voir des chrétiens avoir honte de parler de leur foi en la Résurrection !

Croire en Dieu, recevoir la Parole de Dieu, le prier… donne la force. Dieu agit en nous, même si nous ne le savons pas. Il est invisible, mais il est là. Il nous écoute le prier. Il nous donne sa force, comme l’exprime ce témoignage : « je constate en moi-même que Dieu écoute tout le temps et qu’il me donne la force ».

Rappelons-nous ce que dit la première lecture. C’est Dieu qui parle :

« Ainsi ma parole qui sort de ma bouche ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce que je veux, sans avoir accompli sa mission ».

Ce que Dieu veut se réalise. Dieu nous parle.

Concluons.

Attentifs à ce qu’il dit, nous voulons, dans notre vie, mettre sa Parole en pratique. Puis, nous essayons, à la suite de Jésus, de communiquer autour de nous son enseignement. Nous ayant assuré que notre « auditoire » est capable de recevoir quelque chose de Dieu, nous lui transmettons la Parole en fonction de ce qu’il est capable de percevoir. Comme Jésus, nous parlons au monde tantôt en paraboles, tantôt en langage direct, clair, respectant ceux qui écoutent, les prenant, là où ils en sont. Surtout, je le redis, nous mettons cette parole annoncée en pratique pour que la terre que nous sommes, notre actuelle humanité, devienne une bonne terre.

 

Publié dans Eglise, évangile

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