Prisonniers d’une histoire marquée d’antisémitisme, on observe l’écrasement d’un peuple par un autre, au  nom d’une terre promise

Publié le par Michel Durand

Prisonniers d’une histoire marquée d’antisémitisme, on observe l’écrasement d’un peuple par un autre, au  nom d’une terre promise

Si le sionisme est l’anéantissement d’une terre habitée par des conquérants, alors je pense que l’antisionisme est juste, conforme à la défense des Droits Universels de l’Homme. Et, retenant l’idée que les fondements religieux, bibliques, personnels et intimes des problèmes palestiniens, ne peuvent être ignorés, j’imagine qu’aujourd’hui, l’esprit d’une conquête impérialiste, niant tout humanisme universel, hélas, l’emporte. Une fois de plus, dans une mauvaise gouvernance mondiale, l’économisme libéral écrase l’humain. Il est fondamentalement inacceptable, par exemple, qu’une politique de l’eau potable soit conduite au seul bénéfice de celles et ceux qui viennent de s’installer en ayant pris les terres des autochtones. C’est encore la pensée du théologien J. Moltmann qui, m’aidant à prendre du recul, me soutient. Si, comme le disent certains évangélistes américains, le retour du Seigneur sera effectif quand le peuple Israël aura intégralement rejoint sa Terre Promise, nous ne pouvons pour autant soutenir l’extermination des gens du pays, même si certains récits bibliques procèdent ainsi. Je cite Moltmann : « L’avenir messianique de Dieu accroit son pourvoir sur le présent. Des perspectives nouvelles s’ouvrent. On reconnaît le caractère mortifère du progrès dans les catastrophes économiques, écologiques, nucléaires et génétiques, et on perçoit que le monde moderne est dépourvu d’avenir ». Alors, une vision humaniste universelle est nécessaire pour régler les problèmes politiques que nous rencontrons ; en conséquence, les gouvernants des pays les plus puissants ne devraient soutenir aucune tendance nationaliste. Ne rien dire contre les emprises colonialistes d’Israël est un soutien.

Prisonniers d’une histoire marquée d’antisémitisme, on observe l’écrasement d’un peuple par un autre, au  nom d’une terre promise
Prisonniers d’une histoire marquée d’antisémitisme, on observe l’écrasement d’un peuple par un autre, au  nom d’une terre promise
Prisonniers d’une histoire marquée d’antisémitisme, on observe l’écrasement d’un peuple par un autre, au  nom d’une terre promise

Souvent, dans les manifestations de soutien du Peuple Palestinien, on entend dire que la question n’est pas religieuse. Je le concède. Pourtant, surtout dans le non-dit, la dimension religieuse est tellement présente que c’est elle qui engage une politique de répression contre un peuple soi-disant « non élu ». Or, sortant d’un religieux sectaire et reprenant le message biblique dans le regard des prophètes, Isaïe par exemple, comment ne pas constater la dimension éminemment humaine et universelle du message de Dieu à propos de la Terre Promise. Ce n’est pas seulement un peuple qui est concerné, mais toute l’humanité. Les fils d’Abraham se voient appeler à témoigner devant tous les hommes de toutes les terres qu’il n’y a qu’un seul créateur. A mon avis, même l’athée, devrait, politiquement tenir compte de ce regard biblique universel. Jérusalem est un lieu symbolique tellement chargé d’histoire, qu’il ne peut se satisfaire d’être la capitale d’une seule nation.

Or, je ne vois pas où ces questions sont actuellement étudiées.

Bref, ma pensée n’est peut-être que folle divagation. Que cela devienne une invitation à débattre. Et, malgré tout, que l’on prenne les moyens pour arrêter l’écrasement des plus écrasés. « Les vainqueurs, écrit Moltmann, veulent le progrès historique de leur pouvoir et développent un continuum temporel qui y correspond. En revanche, les opprimés veulent être libérés du progrès  et du continuum temporel de leurs vainqueurs, et ils attendent l’irruption d’un avenir tout autre ». N’en déplaise aux évangélistes fondamentalistes américains qui ont choisi de vivre à Jérusalem et qui soutiennent Israël, l’ensemble du message biblique se place du côté des opprimés pour les soutenir dans l’obtention d’un avenir meilleur. Telle est la révolution de l’Évangile.

 

Ceci dit selon mon propre regard, ayant participé samedi dernier à la manifestation en soutien du peuple Palestinien, je donne à lire des déclarations qui furent faites à cette occasion.

 

Après la prise de parole d’une personne qui fit un état de l’actuelle situation, le porte-parole du collectif 69 de soutien au peuple palestinien fit cette déclaration :

 

Malgré le vote de la résolution 2334 du Conseil de sécurité, en décembre 2016, condamnant la colonisation, Israël continue et amplifie sa fuite en avant permanente et le « toujours plus » :

La fuite en avant d’Israël c’est :

-          Le rejet insolent des rappels à la loi commune,

-          L’immixtion grossière dans les affaires intérieures des autres pays, notamment le nôtre et des gouvernants qui s’inclinent pour ne pas être dénoncés comme des antisémites

-          La répression de toute résistance à sa politique : comme la nouvelle arrestation et détention administrative, c'est-à-dire sans accusation, de Khalida Jarrar, députée palestinienne ou celle d’Issa Amro d’Hébron poursuivi pour 18 chefs d’accusation dont l’incitation à la violence, lui un des leaders de l’action non-violente ; il lui est reproché entre autres d’avoir scandé le slogan « 1 – 2 – 3 – 4 l’occupation doit cesser » slogan considéré comme un appel à la violence pour l’armée israélienne !

-          La volonté d’imposer sur le terrain des faits accomplis supposés irréversibles.

Le cas de Jérusalem est justement sans doute le plus emblématique et le plus dangereux de ces faits accomplis.

A la Knesset, le parlement israélien, un projet de loi vient d’être adopté en première lecture pour imposer une majorité des 2/3 à tout renoncement d’une partie du Grand Jérusalem, ceci en violation de toutes les résolutions de l’ONU sur Jérusalem, et avec pour effet voulu d’interdire toute négociation sur l’État palestinien, dont la capitale ne peut être autre que Jérusalem-Est.

Un projet de construction d’une nouvelle colonie de 1 100 unités d’habitation entre Jérusalem et Ramallah a été révélé par la presse israélienne le jeudi 20 juillet : il traduit la volonté de couper Jérusalem-Est de son arrière-pays et constitue une provocation supplémentaire pour la population palestinienne.

Sur l’Esplanade des Mosquées, c’est directement le « statu quo » dont est garante la Jordanie qui a été mis en cause avec l’installation de portiques de sécurité israéliens. Cette mise en cause est totalement rejetée par l’ensemble des Palestiniens, toutes confessions confondues ; en suivant les actualités internationales, on a pu s’en rendre compte. Cette mesure d’intimidation n’a fait que renforcer la résistance à ces tentatives de prise de contrôle à la symbolique explosive.

On connaît la volonté de certains au sein même du gouvernement israélien d’aller sur le terrain sans issue et à coup sûr catastrophique de l’affrontement religieux.

Face à un pouvoir israélien prêt à tous les mauvais coups et qu’on a vu aux côtés de Victor Orban, 1er ministre hongrois, l’apprenti dictateur, donner avec arrogance des leçons aux pays européens en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration, nous attendons du nouveau pouvoir politique français la lucidité et la fermeté nécessaires pour dire non aux pyromanes.

 

Suivre ce lien pour lire la déclaration de L’ Union juive française pour la paix, UJFP

 

 

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Publié dans Politique, Eglise, Anthropologie

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