En attendant qu’on ait tué la guerre, il nous faut travailler chacun de son mieux, à garder sauf tout ce qui n’est pas encore gâté

Publié le par Michel Durand

En attendant qu’on ait tué la guerre, il nous faut travailler chacun de son mieux, à garder sauf tout ce qui n’est pas encore gâté

C’est totalement par hasard qu’un soir de la semaine passée, j’ai regardé grâce à mon ordi branché sur Arte+7, Jeannette. L’hebdomadaire La Vie, dans son actuel numéro donne deux pages très utiles à la compréhension de Jeanne d’Arc au cinéma.

En voyant de si beau paysage, irréel pour la région de Domrémy, je fus d’abord agacé. Et puis ce mélange de musique opéra-rock-pop avec des vêtements d’un autre temps ne me parut pas sérieux. Donc grande tentation d’aller voir ailleurs !

Pourtant, je suis resté. Un étrange mystère fit que, petit à petit, je suis entré dans le contenu des paroles chantées. J’y ai entendu les idées de résistance, de vérité, de courage, de dignité, de désobéissance civile… autant d’attitude fondamentale que le monde d‘aujourd’hui a bien besoin de mettre en pratique face au capitalisme effréné et irraisonné. 

Donc, je suis content d'avoir regardé Jeannette du début à la fin.

Quand les adultes font ce qui est contraire au bon sens, que doivent faire les enfants ? Dire que si les Anglais occupent toute la France, nous aurons la paix et nous pourrons cultiver nos terres alors que partout et toujours l’on observe que les Anglais réduisent à l’esclavage. Selon Jeanne, ne rien dire, se taire, accepter la présence de l’occupant c’est trahir le justice, le grandeur et la dignité de l’homme. Les adultes sont lâches ; c’est un péché que les enfants ne peuvent assumer. Alors, il faut se révolter, quitter l’ambiance familiale et tout faire pour que la vérité de Dieu se rétablisse. 

Jeannette, dans sa conscience de tout jeune enfant entends cela et le met en pratique. Il n’y a pas d’autres moyens que de faire la guerre à la guerre. Prenons les moyens pour sortir du mensonge ambiant. Si personne ne se sent apte à être Chef de guerre, Jeanne pense et décide : soyons chef de guerre. 

Péguy : 

Jeannette

— Vingt siècles, je ne sais combien de siècles de prophètes. Quatorze siècles de chrétienté. Il ne faut qu’un instant pour faire damner une âme. Il ne faut qu’un instant pour une perdition.

C’est toujours la même chose, la partie n’est pas égale. La guerre fait la guerre à la paix. Et la paix naturellement ne fait pas la guerre à la guerre. La paix laisse la paix à la guerre. La paix se tue par la guerre. El la guerre ne se tue pas par la paix. Puisqu’elle ne s’est pas tuée par la paix de Dieu, par la paix de Jésus-Christ, comment se tuerait-elle par la paix des hommes ?

Par une paix d’homme.

 

Hauviette

— Tu as raison, ma grande, tu as raison. Le mieux, si on pouvait, ce serait de tuer la guerre, comme tu dis. Mais pour tuer la guerre, il faut faire la guerre ; pour tuer la guerre, il faut un chef de guerre ; riant comme de la plaisanterie la plus énorme, comme de l’imagination la plus invraisemblable ; et ce n’est pas nous ? n’est-ce pas ? qui ferons la guerre ? ce n’est pas nous qui serons jamais des chefs de guerre ? Alors nous, en attendant qu’on ait tué la guerre, il nous faut travailler, nous, chacun de son côté, chacun de son mieux, à garder sauf tout ce qui n’est pas encore gâté.

Chacun de notre côté.

 

Jeannette

— Ces soldats, ces soldats qui ne servent qu’à perdre. Encore, dans le temps, il y avait du monde qui servait…

 

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