Turku. Le message demeure le rejet de la violence et de la haine, tout  en sachant que la vérité doit se dire, les causes être éclairées

Publié le par Michel Durand

Turku. Le message demeure le rejet de la violence et de la haine, tout  en sachant que la vérité doit se dire, les causes être éclairées

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Turku, que j’ai visité à l’automne 2016 en accompagnant Jean-Claude à la célébration de son ordination a connu les faits et gestes du djihadisme. On peut dire que du nord (Finlande) au sud (Espagne), l’Europe est une cible. Ne faut-il pas regarder l’histoire des siècles passés pour tenter de comprendre ?

 

Jean-Claude a répondu, à l’aide d’un courriel, aux questions d’une journaliste italienne. Il m’a communiqué son témoignage. Je le dépose ici.

Avez-vous remarqué que de nombreuses productions artistiques abordent cette réalité de l’immigration ? Tels des prophètes, les créateurs donnent à voir ce que les politiques refusent de regarder et de comprendre dans leur fondement. À l’office des lectures du 2 septembre, nous lisions ce qui est advenu à Jérémie. D’Est en Ouest, de bombes en tweets, comment ne pas songer aux ignominies de certains politiques ?

 

Je donne la parole à Jean Claude à propos des événements de vendredi à Turku.

 

1 Quelle est l'atmosphère maintenant dans la ville?

Depuis le vendredi, la ville de Turku est restée paisible, mais tout le monde est choqué. L’atmosphère est au recueillement. Il faut savoir que La Finlande est un pays qui a été et qui est malgré ces derniers événements paisibles. La place de Kauppatori où se passait cette tragédie est toujours visitée par les habitants de la ville qui viennent pour déposer les fleurs et allumer les bougies en mémoire des victimes. Sur place aussi il y a depuis vendredi des spécialistes, qui sont à l’écoute pour ceux qui ont besoin de parler. La vie a repris, mais la douleur est là. 

 

2 Comment est que la communauté catholique a vécu / commenté / réagi à l'attentat ?

Comme toute la population de Turku, la communauté catholique aussi a été dans les questionnements : pourquoi tant de haine et de violence ? Pourquoi s’en prendre à des personnes innocentes ?

Vendredi à 21h nous avons participé à la prière organisée par l’Église luthérienne ; la prière était présidée par l’Archevêque de Turku  Kari Mäkinen en présence des autorités civiles et politiques. Le message commun était d’abord les prières pour les victimes et les condoléances pour les familles éprouvées. Ensuite le rejet catégorique de la haine et de la violence. Notre communauté a aussi été très touchée directement  parce que parmi ceux qui ont été blessés, il y a l’une de nous, qui est encore hospitalisée et que nous portons dans nos prières avec toute sa famille et celles des autres bien sûr.

 

3 Vous avez participé à la commémoration solennelle dimanche avec les autres leaders religieux : quels étaient le sentiment et le message de ce moment ?

 

Oui dimanche nous avons, avec les autres représentants religieux, participé à la commémoration solennelle. Le message du moment a été et resté toujours le rejet de la violence et de la haine comme l’Archevêque l’a dit dans son interview après le temps de recueillement. Nos sentiments vont toujours pour les victimes et leurs familles sans oublier toute la ville de Turku et toute la Finlande.

 

4 Vous êtes-vous même immigré : est-ce que le système d'immigration et surtout d'intégration marchent en Finlande?

 

Je suis arrivé en Finlande il y a plus de 10 ans ; pour la question du système d’immigration, je ne suis pas à mesure de vous répondre vu que les situations ont beaucoup changé dans 10 ans et que j’ai été à l’extérieur de la Finlande pour mes études.

Pour l’intégration, je ne peux pas répondre à la place de tout le monde. Mais d’une manière générale, je dirai que la réussite de l’intégration dépend de deux facteurs : l’ouverture et la capacité de recevoir.

Pour moi, l’intégration marche en Finlande dans le sens où celui qui arrive dans le pays fait de son mieux et qu’il essaye aussi de se laisser guider. Si je suis arrivé à m’intégrer, je pense que les autres aussi peuvent y arriver. Bien sûr qu’il peut y avoir les difficultés, mais je pense qu’il faut toujours garder la tête haute et ne pas baisser les bras.

Abbé Jean Claude KABEZA 

 

Voir ici l’article en italien.

 

Publié dans Politique, Eglise, migration

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