Profond retournement !  À Lyon, nouveau souffle pour l’art sacré contemporain. BAC & BASA – le dialogue entre l’art et a foi

Publié le par Michel Durand

Franck Castany. Nouveau commissaire de la Biennale d’art sacré actuel de Lyon Le jeune homme de 34 ans prône « le dialogue entre l’art et la foi ».
Franck Castany. Nouveau commissaire de la Biennale d’art sacré actuel de Lyon Le jeune homme de 34 ans prône « le dialogue entre l’art et la foi ».

Franck Castany. Nouveau commissaire de la Biennale d’art sacré actuel de Lyon Le jeune homme de 34 ans prône « le dialogue entre l’art et la foi ».

Profond retournement

Biennale d’art sacré actuel, jusqu’au 1er décembre

église Saint-André, 17 rue de Marseille, 69007 Lyon.

 

 

Je suis heureux de vous donner à lire l’article que Bénévent Tosseri, du Journal La Croix, a écrit.

 

 

« Profond retournement » pour la Biennale d’art sacré actuel (Basa) de Lyon. Le thème s’est imposé comme une évidence. Parce que l’événement change de lieu, quittant les pentes de la Croix-Rousse pour investir l’église Saint-André, dans le quartier plus central de la Guillotière. Et parce que la biennale change de visage. Fondateur de la Basa en 1996, le père Michel Durand a passé le relais à Franck Castany. Médiateur bénévole lors de la précédente édition, le jeune homme de 34 ans a travaillé avec une nouvelle association, Résurgence(s).

 

« Le ”retournement” en question évoque autant la démarche artistique que religieuse », ajoute le nouveau commissaire, qui a puisé le thème parmi les suggestions des artistes ayant participé à la Basa. « C’est la Roue de bicyclette de Marcel Duchamp, nous permettant de voir le monde autrement, poursuit-il. C’est aussi la croix de Jésus, un symbole de mort retourné en un symbole de vie. Il en est de même lors d’une conversion », ajoute sur un plan plus personnel ce père d’un petit Siméon.

 

Lui-même aurait pu porter le nom de ce mystique, s’il avait poursuivi à l’abbaye de Lérins, où il a passé une année de postulat en 2008. C’est le premier pas de son « cheminement en Église », comme Franck Castany a intitulé un paragraphe de son CV. C’est dans l’abbaye cistercienne qu’il a communié pour la première fois. Là qu’il a fait sa confirmation, précise ce Toulousain issu d’une famille éloignée de l’Église, qui s’est d’abord investi dans les métiers d’art.

 

De retour de Chine, où il part à 23 ans, attiré par le bouddhisme zen, il se forme au tissage d’art à Aubusson. Et c’est en pratiquant le chant byzantin – en même temps qu’il entretient de longues conversations avec un ami orthodoxe – que l’ancien élève du conservatoire revient à ses racines chrétiennes. « Le chant byzantin, un simple objet esthétique pour moi qui n’en comprenait pas alors la langue, a été un lieu de rencontre. J’ai senti la douceur d’un Dieu qui ne s’impose pas », confie Franck Castany, qui étudie aujourd’hui le chant grégorien à la Schola Saint-Grégoire.

 

Dès lors, son engagement n’a cessé de croître. Avec son épouse rencontrée via le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ), il s’installe en 2014 à Lyon. Il y devient responsable de la pastorale des jeunes à la Croix-Rousse. En septembre, diplôme universitaire de formation pastorale en poche, il a effectué sa première rentrée au collège Saint-Marc, comme animateur en pastorale scolaire. Franck Castany y accompagne des enfants qu’il emmènera sans doute à la Basa, et dont il entend renforcer l’ancrage diocésain.

 

Notamment en invitant des laïcs en mission ecclésiale de l’agglomération lyonnaise à venir en groupe, « pour nourrir la vie des communautés ». Même si la Basa traite d’art sacré, et non pas d’art religieux, Franck Castany escompte bien en profiter pour travailler « le dialogue entre l’art et la foi ». L’un pouvant nourrir l’autre, insiste le commissaire, convaincu que « l’Église peut utiliser les ressources de l’art pour garder la créativité au cœur de la foi ». Il élabore d’ailleurs « des outils », à mettre à l’avenir à disposition des services diocésains, pour mieux « prolonger » la Biennale d’art sacré actuel.

 

Pourtant, il n’en oublie pas les visiteurs habituels de la Basa. « Des gens qui n’ont souvent aucun lien avec l’Église, mais sont intéressés par la dimension spirituelle de l’art, un questionnement de plus en plus répandu », rapporte l’ancien médiateur, qui a fait inscrire la Basa à l’agenda des 150 manifestations organisées en « Résonance » de la Biennale d’art contemporain, qui se tient en ce moment à Lyon (La Croix du 25 septembre). Une première.

 

Bénévent Tosseri

Publié dans Eglise, Art

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