Citoyen, consommateur ou producteur, épargnant, éducateur…, nous sommes interpellés ; se mettre en cohérence avec l’écologie intégrale

Publié le par Michel Durand

Citoyen, consommateur ou producteur, épargnant, éducateur…, nous sommes interpellés ; se mettre en cohérence avec l’écologie intégrale

Conférences-débats du Prado de Lyon, l’Évangile regarde le monde
le mardi 14 novembre 2017 à 18 h 30

Avec François PILLARD, ingénieur, Antenne Sociale, Lyon. 

Voir ici l'annonce de la conférence de ce mardi dans la Salle du Prado

Causerie au Prado le 14/11/2017 à la suite de Laudato si’

Il y a quelques années naissait à Lyon l’Association Chrétiens et Pic de pétrole qui se donnait comme objectif de réfléchir, et faire réfléchir aux conséquences sur l’homme, sur les sociétés humaines, et sur la planète elle-même de l’idéologie prédatrice et inflationniste triomphante qui prédomine depuis 100 ans.

Cette association s’est constituée sur la base de réflexions accompagnées par un prêtre du Prado et un jésuite, autour d’écrits de Jacques Ellul, qui est considéré comme un des fondateurs de la réflexion écologique chrétienne.

3 colloques sont nés de ces réflexions, et les ont enrichies, et le 3ème , qui s’est tenu dans les locaux de Saint-Marc en novembre 2014 a constitué une sorte d’aboutissement dans la façon de poser les problèmes, que je résumerais ainsi : « Espérer pour l’humanité un autre destin que ce mur contre lequel elle semble vouloir s’écraser toute entière, et au prix de quelle conversion ? »

En 1966 dans son « Exégèse  des nouveaux lieux commun », J.Ellul souligne le lien littéralement étymologique entre argent et désir, et si l’homme désire toujours plus, il se trompe de chemin, car c’est à l’éternité qu’il aspire réellement, ce sont ses peurs qu’il cherche à calmer. L’homme lui-même est transformé quand il se met à privilégier l’avoir sur l’être et ramène toutes ses valeurs à l’argent. C’est pourquoi, dit encore Ellul, « l’adhésion au capitalisme est pratiquement impossible pour un chrétien ». Ainsi en 1974, il aboutit à l’idée que la liberté de l’homme n’est possible que dans un retournement complet, qui méprise la consommation, la croissance, la productivité, la thésaurisation et les rendements financiers.

Comme le souligne Olivier Rey dès les premières minutes du colloque, c’est vrai, nous sommes tous pris dans ce tourbillon infernal, cette sorte de toboggan qui nous entraine toujours plus vite, et dont nous ne savons pas sortir : nous sommes tous amenés à composer avec ces lois non écrites, à collaborer. L’humanité crée sans cesse de nouveaux outils très performants, dont nous oublions rapidement la finalité pour en devenir esclaves.

La solidité de cette prison sans barreaux tient dans sa virtualité puisqu’elle repose sur nos croyances partagées, progressivement figées en doctrines, comme l’a théorisé Castoriadis : Nous croyons, dur comme fer, qu’il n’y a pas d’alternative (idéologie néolibérale de Reagan et M.Thatcher). Or, si nous faisons l’effort de poser des questions non sur le combien, mais sur le pourquoi et sur les conséquences, nous pouvons constater que l’édifice idéologique bien lisse qui domine la « science économique », et qui repose sur la croissance illimitée, le gâchis et la rareté spéculatrice, présente des fissures menaçantes. Et nous pouvons comprendre Serge Latouche qui prône une décolonisation de nos imaginaires. Certes le système capitaliste est très résilient, mais on peut refuser son paradigme du no limit, arrêter en tout cas d’en être complices pour tenter de revenir à une empreinte écologique soutenable. Une piste soutenue notamment par Michel Lepesant consiste à sortir de la marchandisation généralisée ce que l’on appelle les Biens Communs que sont notamment la terre, le travail et la monnaie, à cesser de revendiquer uniquement des droits sociaux pour soi-même mais chercher plutôt comment préserver la cohésion sociale, à faire évoluer la démocratie pour défendre les grands absents que sont les écosystèmes et les générations futures, à tendre vers la pauvreté franciscaine, qui distingue le superflu du nécessaire  et appelle au respect profond de la création.

La création ! Nous y voilà donc, nous revenons au statut fondamental de l’homme pour le chrétien, et c’est cela qui va forger progressivement  la position de l’Eglise dans l’histoire. (6’)

Etre créés à l’image de Dieu nous confère une mission : imager Dieu auprès de la création. L’homme, seule créature « capable de Dieu » selon Vatican 2, qui endosse le statut de  cocréateur, a le devoir d’entrer en communion avec la création, d’assurer sa mission de médiation et de permettre à toute la création d’entrer dans la glorification..

Je ne voudrais pas remonter à l’Ancien testament, aux Pères de l’Eglise, ni même à Saint François, même si les encycliques modernes ne manquent pas de s’y référer. Mais tout en s’appuyant sur ces fondamentaux, la Doctrine Sociale de l’Eglise se construit d’abord grâce à la confrontation avec les réalités sociétales du temps, qui interpellent le christianisme et l’amènent régulièrement à reformuler son éthique pour rester fidèle à la relation privilégiée qu’il institue entre l’Homme et son Dieu. Léon XIII en 1891 est  amené à repréciser la place de l’Homme dans le travail précisément parce qu’elle est bouleversée par ces « choses nouvelles » qu’amène le développement de l’industrie et du salariat. Ainsi, à partir de Paul VI, une Doctrine se développe à propos de la confrontation entre l’Homme et son environnement, au fur et à mesure que la puissance sans mesure de l’humanité devient dangereuse pour la Création, puis pour les sociétés humaines elles-mêmes, et pour chaque homme en particulier.

Il y a donc une insistance dans le discours des papes depuis 50 ans, et le pape François, par Laudato si’, s’est attaché à mettre les points sur les I, en s’inscrivant soigneusement dans la continuité de ses prédécesseurs. L’importance de Laudato si’ est de développer et établir cette Doctrine, d’abord en affirmant avec force le constat de gravité de ce qui se passe dans notre environnement, ensuite et surtout en pointant que nous vivons une triple crise écologique, économique, et sociale, et que ce n’est pas pure coïncidence, car, dit-il, « tout est lié ! ». Notre terre est malade, nos sociétés sont malades, nous sommes individuellement intoxiqués physiquement, psychologiquement et idéologiquement.

Nous devons constater que le développement époustouflant des technologies, associé à l’expansion numérique de l’espèce humaine, lui confère désormais une puissance qu’elle n’a jamais connue auparavant, qui est malheureusement un pouvoir de détruire, et en tout cas de façonner le devenir de cette planète désormais entrée dans l’ère de l’anthropocène. Or face à cette puissance extraordinaire, manque la conscience collective et individuelle, et les processus de décision qui permettraient de la conserver sous contrôle. Nous sommes esclaves de notre puissance collective, puisqu’elle nous échappe, et nous entraine au-delà de nos désirs. La concurrence effrénée que les hommes se font pour une domination sur un territoire, sur des richesses, sur les autres humains, induit une sorte de « course à l’échalote », qui oblige à courir toujours plus vite vers un but qu’on ne choisit pas, de peur de s’enfoncer définitivement dans les abysses de classements discutables : PISA, PNB, CA, revenu net, belle voiture… Chacun court après son chat, sans se demander une seconde pourquoi le chat préfère toujours les genoux de la mamie qui ne court pas. 

Ce n’est pas le lieu aujourd’hui de redérouler tout le raisonnement de Laudato si’, au demeurant exprimé de façon tout à fait limpide. La force révolutionnante du « Tout est lié ! », c’est d’affirmer que quand la justice n’habite plus la terre, toute vie est en danger. Autrement dit, la protection authentique de notre propre vie, comme nos relations avec la nature, sont inséparables de la fraternité, de la justice, et de la fidélité aux autres (LS70). 

Il en découle quelques conséquences décoiffantes :

  • La propriété privée doit être subordonnée à la Destination universelle des biens, premier principe de tout l’ordre éthico-social (LS’93) 
  • Le marché ne garantit pas en soi le développement humain intégral ni l’inclusion sociale. (LS109).
  • La technique n’est pas neutre, elle met en jeu la domination au sens le plus extrême. Face à son développement extraordinaire, il manque à l’homme une éthique solide, une culture et une spiritualité qui le contiennent dans une abnégation lucide. (LS105).
  • Au fond, ce qui arrive en ce moment nous met devant l’urgence d’avancer dans une révolution culturelle courageuse, qui implique de ralentir la marche, regarder la réalité d’une autre manière, recueillir les véritables avancées, et récupérer les valeurs détruites par une frénésie mégalomane. (LS113) 
  • Enfin donc, « considérer l’être humain comme administrateur responsable de l’univers » (LS116).

Bien, ça a le mérite d’être clair, l’homme doit enfin devenir responsable devant la création, et arrêter de faire joujou avec ses gadgets. Mais l’homme, c’est qui cet homme responsable ? Toi ? Moi ?

Moi, je ne suis rien qu’un tout petit sans grade, sans pouvoir, pour changer des choses aussi grandes que ça ! Oh je veux bien y mettre de la bonne volonté, mais ce sera une goutte dans l’océan, je ne suis qu’un rouage du système

Bien sûr, j’éteins mes lampes, et même j’ai acheté des LED. Je fais un peu de tri sélectif ; je me chauffe au feu de bois, même si ça fume un peu ;  je roule au Diesel, ça consomme moins, et les particules sortent par derrière, ça ne se voit pas. Et puis mes enfants sont très sensibilisés, ils apprennent ça à l’école. Ils m’empêchent de jeter mes papiers par terre. Bref, à mon échelle, je fais bien tout ce que je peux, mais je peux peu !

Eh bien non, ce n’est pas vrai ! Je peux beaucoup plus que je ne le pense !

Ce système, dont nous pensons être prisonniers, si on le regarde attentivement, il ne nous tient que par des illusions. Il suffirait parfois de s’ébrouer un peu pour s’en libérer. Tout n’est qu’affaire de croyance. Si nous croyons qu’une belle voiture est nécessaire à notre bonheur, nous envierons tous ceux qui roulent en Porsche sans nous demander quel mal-être ils cachent derrière ces chromes rutilants. Si nous croyons que dans l’entreprise, il n’y a pas d’autre solution que de courir après les promotions, quitte à marcher sur la tête d’un collègue, nous le ferons jusqu’à ce que tous nous détestent, et qu’un plus malin nous écrase. Ce poison qui est en nous, qui s’appelle l’envie, la cupidité, la peur du déclassement, l’ambition personnelle, la compétition, le culte du Je, des honneurs, de l’argent, du plus, ce poison qui n’est rien d’autre que notre façon d’intérioriser ce que nous appelons le système, il nous appartient de nous en sevrer.  C’est la première marche de la conversion personnelle. Elle est nécessaire et incontournable. C’est celle qu’a vécu Saint François d’Assise. Les grands moteurs économiques et sociaux que sont les pourvoyeurs de tabac, de sodas, d’objets de mode, les médias de l’image, le monde du spectacle politico-médiatique, font de nous des toxicos au sens propre de la consommation. Il est en mon pouvoir de résister, et en fait ce n’est pas toujours si difficile que cela. Il suffit de redevenir humain, c'est-à-dire capable de regard conscient sur moi-même, et de passer au crible mes désirs, mes envies, mes besoins. Et cet apprentissage du détachement, même sur des enjeux modestes, peut suffire à augmenter ma résilience individuelle, à me rendre moins fragile face aux difficultés, moins dépendant du système.

Mais ça, c’est le début de la conversion. C’est bien, c’est nécessaire, mais ça ne suffira pas à sauver la planète et ses habitants. Le regard contemplatif du juste indifférent à tout ne règle pas ma relation à Dieu, au prochain et à la terre. Il faut aller plus loin, car l’homme est beaucoup plus qu’un individu seul au monde

Il y a un autre champ d’exercices spirituels et pratiques à explorer, c’est celui de ma relation au prochain. Nous en avons tous fait l’expérience, la relation nous transforme et transforme l’autre. Si nous nous appliquons à mettre dans cette relation de la joie, de la bienveillance, de la générosité, cela a comme effet de nous éviter de tomber dans l’envie, la concupiscence, la jalousie, la méchanceté. Nous pouvons alors deviner Dieu dans cet autre avec qui nous nouons des liens. Et si cela n’a pas de valeur marchande, c’est que ça n’a pas de prix.

Je peux aller encore un peu plus loin et prendre conscience de mon rôle social, et de la portée réellement politique de chacun de mes choix. Prenant conscience des effets que ma sobriété personnelle (ou ma non-sobriété) peut avoir sur le système, je vais orienter mon comportement. En me libérant des chaines de l’envie, je me changeais moi-même. En observant comment chacun de mes actes s’insère dans une chaine socio-économique, je peux orienter mes décisions de sorte à favoriser d’autres rapports sociaux, porteurs de valeurs, et cela c’est beaucoup plus puissant. 

Je peux exercer ce pouvoir dans chacun de mes rôles. Je deviens un citoyen (et un chrétien) actif, conscient de ma place dans la société, et de mon pouvoir pour la transformer, à travers chacune de mes fonctions sociales : consommateur, salarié, épargnant, bénévole, contribuable, parent, patient si j’ai besoin de soins, accompagnant lorsque il le faut, invité quand je voyage, accueillant face à l’étranger.

En mars de cette année, les Evêques de France ont publié un petit livre, très facile à lire, pour nous placer dans nos différents rôles et nous questionner sur nos attitudes. Ils questionnent ainsi successivement notre rapport au travail, aux loisirs, à la consommation, à l’argent, à notre façon d’habiter la terre, de répondre aux besoins sociaux, d’accueillir l’étranger.

Les réponses ne sont pas écrites, il s’agit vraiment de nous habituer à un exercice de discernement, et dans la plupart des cas, il nous faudra peser, en notre âme et conscience, le pour et le contre de nos décisions.

Je ne prendrai pas d’exemple lié à la consommation. Ils sont très nombreux et déjà très largement médiatisés : consommer local, ou bio, moins de viande, choisir des appareils basse consommation dont l’obsolescence n’est pas programmée, recycler, etc… mais il est important d’y réfléchir, car c’est un bon moyen d’amorcer une conversion, et d’économiser, ce qui donne plus de liberté pour d’autres moyens d’action.

Puisque je vais faire des économies, je vais sans doute devenir épargnant, et ce sera un bon exemple de situation à affronter. Que vais-je faire de tout cet argent qui ne m’est plus aussi utile ? Si je suis encore le toxicomane du rendement, je vais spéculer et chercher des taux d’intérêt élevés, quitte à me ramasser au premier Krach boursier. Mais si je réfléchis, je vais refuser la spéculation, car je sais qu’elle porte souvent sur des biens communs de l’humanité comme l’eau, les matières premières, le foncier, et que dans les grandes entreprises qui composent l’essentiel des placements, elle induit des modes de gestion biaisés et des rapports sociaux malsains. Certains économistes font remarquer que l’argent placé de façon purement spéculative, ne tourne pas dans le circuit économique, ne sert pas à créer de nouvelles richesses concrètes au service de l’homme, ne crée pas de travail, et aggrave donc la situation sociale. 

Le champ de réflexion sur mes placements financiers s’ouvre ainsi à l’éthique et peut me conduire très loin. Alors que je peux utiliser mon argent au service d’un vrai développement, au service de vraies entreprises humaines, centrées sur des services réels. L’objectif du secteur de l’ESS est d’arriver à collecter 1% de l’épargne. Un objectif individuel pourrait être d’y placer 5% de ses économies, par exemple en ouvrant un compte à la NEF ou en prenant des parts de la Foncière Habitat et Humanisme. La NEF me rémunérera très peu, ou pas du tout si je le décide ainsi, et cela lui permettra de prêter, en fonction d’orientations que j’aurai décidées, pour des projets d’utilité générale, capables de transformer un peu la société. Habitat et Humanisme investira dans des logements pour les plus démunis, qui leur redonnera de la dignité, et ce sera un facteur de paix et de concorde.

Les gestionnaires de fonds de congrégations catholiques sont ainsi amenés depuis quelques années à bannir de leurs placements les sociétés peu éthiques, et celles qui exploitent des ressources énergétiques carbonées.

Et vous voyez bien qu’à ce stade, tout est également lié : libérer la terre de l’emprise des prédateurs économiques, c’est le même combat que la libération sociale, et que l’implication personnelle dans la création de lien humain, l’acceptation des différences, l’accueil de l’étranger, une attitude de bienveillance,  d’ouverture et de paix.

On pourrait aussi explorer le rôle du citoyen contribuable. Il est de bon ton depuis quelques années d’exprimer un ras le bol de l’impôt. Alors que le niveau de vie de ceux qui paient l’impôt n’a cessé de croître. Or dans une société complexifiée tous les jours un peu plus, dans un univers de rareté croissante des ressources pour une humanité de plus en plus nombreuse et exigeante, le besoin de gestion des biens communs ne cesse d’augmenter, et cette gestion bénéficie à tous… sauf peut-être à ceux qui cherchent à s’en réserver le bénéfice. 

Notre pays a besoin de réformes en profondeur pour s’adapter à une situation mondialisée et complexe. Il convient là aussi d’exercer notre discernement pour accepter, voire imaginer les solutions qui permettent à l’homme d’endosser son rôle de gardien de la création, gardien de son frère, et promoteur d’une société plus fraternelle. Discernement signifie que la solution n’est pas écrite. Le pape ne nous dira, pas plus que les Evangiles, en faveur de quoi ou qui voter. Il est possible qu’en sincérité, deux personnes fassent des choix différents parce que leur sensibilité va plus à l’empathie individuelle, ou à la sauvegarde du groupe, au respect de la loi formelle, ou du principe de miséricorde.

Bien sûr, il est possible de militer activement de façon voyante, dans un syndicat ou un parti, et c’est très utile car la transformation sociale passe nécessairement aussi par l’évolution des structures juridiques. Il est certain qu’une loi bien pensée peut entrainer des évolutions sociétales puissantes. Il faut donc applaudir et encourager les militants, même si on n’approuve pas toutes leurs propositions. Il faut regarder avec bienveillance leurs efforts pour faire bouger les lignes. Mais l’histoire montre aussi que les structures ne s’adaptent réellement bien que quand la société y est globalement prête. Et la société, c’est nous tous.

Je voudrais donc terminer cette causerie sur ce qui fait le cœur du message chrétien, à savoir l’Espérance. 

A l’heure qu’il est, nous ne savons pas si ce monde survivra à la charge que nous lui avons imposée, ou s’il s’emballera dans un réchauffement climatique incontrôlable, perdra l’essentiel de sa biodiversité, sombrera dans des guerres terribles et deviendra impropre à la vie. C’est une inquiétude car nous ne savons pas très bien où se trouve le point de non-retour. Il est peut-être déjà franchi, et dans ce cas nos enfants vont en baver. Mais tant que nous pouvons encore espérer, nous devons agir. Pour nous chrétiens, Espérer n’est pas une attitude passive et béate, c’est un verbe d’action, qui requiert toute la collaboration active de l’homme. Donc notre devoir de Chrétiens, c’est d’amorcer notre conversion, humblement, comme le colibri, et d’œuvrer ainsi à celle du monde tout entier, car nous devons être le levain dans la pâte.

En effet, ainsi que nous le chantons avec confiance :

Au cœur de ce monde,

Le souffle de l'Esprit met à l'œuvre

Aujourd'hui des énergies nouvelles.

 

François PILLARD, 13 novembre 2017

 

Et maintenant, je ne voudrais pas que nous entrions dans le jeu classique des questions/réponses. Je ne suis pas plus qualifié que vous pour dire ce qu’il faut faire, ou ne pas faire, et chacun doit poursuivre sa réflexion personnelle. Ce que je vous propose, c’est que ceux d’entre vous qui s’en sentent capables, témoignent des réflexions qu’ils ont déjà menées dans l’un ou l’autre de leurs rôles, des conflits éthiques qu’ils ont ressentis, et demandent pourquoi pas, l’aide collective pour mener leur travail de discernement.

 

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