Unissons-nous pour obtenir que les gouvernements prennent conscience que la mondialisation ouvre à la migration. Une suite aux colonisations

Publié le par Michel Durand

Unissons-nous pour obtenir que les gouvernements prennent conscience que la mondialisation ouvre à la migration. Une suite aux colonisations

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L’union fait la force. Pour réussir une action, nous souhaitons que les diverses initiatives s’unissent, mettant entre parenthèses les divergences dans les appréciations de la situation. Or que voyons-nous ? Le refus des uns de s’unir aux autres parce que les options politiques fondamentales, en ce domaine ou en d’autres, sont trop divergentes. 

À Lyon, nombreuses sont les personnes à vouloir et à faire quelques choses pour venir en aide aux migrants. Des voisins d’un campement d’Albanais sur une place publique deviennent militants parce que la situation qu’ils observent est tout simplement inacceptable humainement. Nait alors, le collectif Agir-Migrant. Avant cette naissance, il y a des années, j’ai rencontré Jamais sans toit. Plus récemment, je peux citer l’engagement d’étudiants de Lyon II avec le squat de l’Amphi Z. 

Pour avoir plus d’informations à ce sujet, il est possible de lire sur bastamag l’article : À Lyon, le mouvement d’occupation monte en puissance face au durcissement de la politique migratoire. 

Il me semble que les tenants de ces actions nouvelles refusent tout contact avec ce qui leur parait trop institutionnel. Ils se méfient des associations historiques tels la Cimade, le Secours Catholique, les Sans-Abris, la Coordination Urgence Migrants (CUM) etc. … Ils ne s’informent pas de ce qui s’est fait avant eux et n’informent pas de leurs projets. Du reste ces grosses structures semblent ne pas pouvoir idéologiquement suivre les actions entreprises. Le non-dialogue s’enracine également dans la différence de génération. Des actions de soutien aux migrants conduites par des anciens, voir des très anciens, par exemple les cercles des silence, ne seront pas suivies par des jeunes tout simplement parce qu’il n’y a que des vieux. 

Inversement, les anciens témoignent de leur difficulté à suivre le chemin des jeunes qui ne tient pas assez compte de la réalité de la ville, du quartier ou des lois. Le vent libertaire des uns ne convient pas aux autres et réciproquement. 

Personnellement, je me sens au milieu de ces deux courants et je me dis que ce qui est bon est à prendre dans un camp ou dans un autre doit être pris. Il faudrait que l’on s’unisse malgré tout pour que, dans une commune pression, soit obtenu ce que tous demandent : la réquisition de bâtiments vides afin de donner des logements aux migrants qui vivent dehors. 

Nous devrions tous nous unir dans l’action suite au fait que l’on reconnait inacceptable d’être, par le président, « réveillé dans un pays où l’on arrache leurs couvertures à des migrants à Calais. Où l’on lacère leurs toiles de tente à Paris ». Lire : « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! »

Il y a quelques jours, je reconnaissais que, dans l’Église, l’unité était bien difficile. À propos du voyage de François au Pérou, je reconnaissais la quasi-impossibilité d’unir une pastorale pilotée par l’Opus Dei, avec une pastorale inspirée du Prado. 

Pour agir vraiment tous ensemble, il faudrait une grande conversion des mentalités. Cela n’est pas réalisable. Alors, acceptons d’agir dans l’imperfection. C’est peut-être par des actes posés sans unanimité que naîtra la possibilité d’une action commune déterminante du changement politique de l’Etat vis-à-vis de la réalité vécue par les migrants. 

Il me semble que le projet des Etats Généraux de la migration se situe dans cette conviction. 

 

Lire aussi Bilan de la demande d’asile en septembre 2017

et : La Croix - Mis à jour le 17/01/2018 à 13h04 

EXCLUSIF - La Croix a pu interroger Emmanuel Macron dans l’avion qui le ramenait de Calais, mardi 16 janvier. Le chef de l’État est revenu sur la notion de « prudence », qu’il emprunte au pape François. 

Mikael Corre, envoyé à Calais , le 17/01/2018 à 12h39

Le président Macron rencontre un réfugié soudanais lors de son déplacement à Calais le 16 janvier 2018. / Michel Spingler/AFP

Le pape François serait-il le modèle d’Emmanuel Macron en matière d’immigration ? À la fin de son voyage à Calais, mardi 16 janvier, le chef de l’État a en effet emprunté au pape la notion de « prudence », lors d’un échange avec des responsables associatifs, à la préfecture. 

Le représentant départemental du Secours catholique, Didier Degrémont, l’avait d’abord accusé de mener une « politique d’inhumanité » (1), confiant ses espoirs déçus « de mesures qui transformeraient la force de la peur en force de la charité, comme l’a dit notre pape François. L’hospitalité n’exclut pas la prudence, ajoutait le responsable associatif, mais que de souffrances à vouloir étouffer cette réalité migratoire ».

 

« Je vous remercie d’avoir cité dans sa complétude la parole du pape, parce qu’en effet il a rappelé la prudence qui appartient au gouvernement, lui a répondu Emmanuel Macron. Et je crois que cet équilibre est celui dans lequel nous nous inscrivons. » 

 

La « prudence » selon Macron

Dans l’avion qui le ramenait ensuite à Paris, Emmanuel Macron a précisé à La Croix son idée de la « prudence », confiant avoir reçu du nonce apostolique Luigi Ventura le « dernier texte du pape François sur les migrants », en l’occurrence le message du pape François pour la 104e journée du réfugié et du migrant.

« Je l’ai lu et j’ai écrit au pape François », assure le chef de l’État, sans rien révéler du contenu de cette lettre, qui n’est pas la première depuis leur conversation téléphonique, le 2 juin 2017. « Cette prudence, c’est ce qui permet de rendre l’accueil des réfugiés acceptable pour la communauté nationale, précise le chef de l’État, assis en face du ministre de l’intérieur Gérard Collomb. « Il faut aider les gens qui s’engagent pour les migrants, mais il y a aussi ceux qui, à Calais, subissent cette situation. Et ce sont souvent des classes populaires, qui ont peu de moyens. Je ne peux pas donner des leçons d’accueil à des gens qui vivent déjà des situations difficiles », nous confie le président.

En novembre 2016, tout en réaffirmant qu’« il n’est pas humain de fermer les portes », François mettait en garde contre le fait d’accueillir « plus qu’on ne peut en intégrer », estimant que « cela se paye aussi politiquement. » 

 

Le refus du rejet de l’autre

C’est sans doute cela, la conclusion politique de ce voyage à Calais. La tentative d’Emmanuel Macron de maintenir l’équilibre entre « accueil digne » et « procédures accélérées », entre « hospitalité » et « prudence », n’a pas d’abord pour but de faire tenir ensemble des idées, mais les Français.

Durant ce voyage marqué par un soutien répété aux forces de l’ordre, le président a moins cherché à dessiner la cohérence d’un projet politique qu’à garantir « la cohésion d’un État ». Il l’a d’ailleurs dit « très franchement » aux associations: « Moi je ne veux pas que dans notre société des gens basculent dans le refus de l’autre et dans le rejet de l’autre. Si l’accueil de l’autre se fait sans ordre ou hors de la République, c’est ce qui se passera. Je ne veux pas non plus que, parce que nous sommes face à ces difficultés, nous oubliions nos valeurs. »

Un tel discours ferme donne sans doute au président plus de latitude politique pour, par exemple, mettre en œuvre l’aide alimentaire à Calais, alors que la maire LR de la ville Natacha Bouchart avait pris en mars dernier un arrêté, plus tard annulé par la justice, interdisant la distribution de repas aux migrants. Marine Le Pen avait obtenu 57,2 % des voix au second tour de la présidentielle à Calais. 

 

Critique des « élites mondialisées »

Mardi soir, dans l’avion qui vient d’atterrir, Emmanuel Macron insiste encore sur le sens qu’il veut donner à son action: « Nous essayons de tenir un chemin de crête. Ceux qui prônent un accueil inconditionnel en France sont ce que j’appellerais de faux idéalistes. Les vrais idéalistes sont des pragmatiques qui prennent en compte ce que vivent les gens sur le terrain ».

« Lorsque certaines élites mondialisées expliquent, depuis Paris, que la France n’est plus un pays des droits de l’homme, que les migrants sont chassés, mais de qui parlent-ils ? Des gendarmes et des policiers qui vivent sur le terrain et font leur travail jour et nuit, en 3/8. Eux, qui sont depuis vingt ans dans une situation intenable, ils vont devenir fous », prévient le président. « Mettez-vous à la place de ces gens qui rentrent le soir, et qui ont fait leur travail, pour que d’autres puissent dormir tranquillement. Et ça, on n’en parle jamais. Si je ne les entends pas, si je ne fais pas mon devoir, qui prendra la part ? Personne. » 

 

La « tension éthique »

Le président n’évoque pas, en revanche, les témoignages de migrants sur la réalité de leurs conditions de vie. Certes, la journée avait commencé par quelques échanges avec des demandeurs d’asile du Sud-Soudan dans un centre de Croisilles mais, les prises de parole du président se focalisent sur les chiffres, les procédures ou le contexte des situations géopolitiques.

Une différence avec les interventions du pape François, souvent émaillées d’exemples concrets de ce que vivent les migrants. Emmanuel Macron assume cette différence : « Je ne multiplie pas les sujets biographiques, ça peut être un élément de facilité de là d’où je parle. Je crois ne jamais avoir baissé la garde sur le principe d’humanité toute la journée », se défend-il.

Le président souligne que le pape lui-même a dû atténuer son discours au fil des années : « Les premiers propos qu’il a tenus sur les migrants lors de son élection étaient plus ouverts qu’aujourd’hui. » Faisant référence au voyage à Lesbos, d’où le pape François était rentré avec des migrants, en 2016, le chef de l’État estime que « le pape a lui-même vécu avec les catholiques sa propre tension éthique ». Une tension qu’il avait déjà mentionnée dans la journée face aux responsables associatifs. « On doit vivre avec », leur avait-il confié.

 

(1) Le représentant départemental du Secours catholique, Didier Degrémont, reprenait les mots de l’avocat et écrivain François Sureau dans sa chronique parue dans La Croix le 2 janvier 2018 : "Pas en notre nom!"

 

Publié dans Politique, migration

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