Un silence bienfaisant est le point de départ de ma peinture ; il fait écho à d’autres silences, des silences douloureux de paroles bloquées

Publié le par Michel Durand

Un silence bienfaisant est le point de départ de ma peinture ; il fait écho à d’autres silences, des silences douloureux de paroles bloquées

Mickaël Frontini expose Du 15 Février au 15 Avril 2018 quelques une de ses œuvres sous le titre : « Une peinture ouverte qui offre au spectateur un passage... » 
Nous pouvons les voir à l’Espace Résurgence(s) où il tient son atelier. Il sera présent les vendredis de 15h à 18h.

Mickaël Frontini
« Une peinture ouverte qui offre au spectateur un passage... »
Résurgence(s) 4, rue Claude Boyer 1er étage 69007
Lyon
métro Saxe-Gambetta, derrière l’église N.D. saint Louis de la Guillotière 
Du 15 Février au 15 Avril 2018 Jeudi et Vendredi de 15h à 18h 

À l’occasion de l’exposition de ses peintures à « Résurgence(s) »,
Mickaël Frontini sera présent aux heures d’ouverture de l’exposition les vendredis de 15h à 18h

Itinéraire : 
Mickaël Frontini est prêtre catholique et peintre. 
À l’âge de 19 ans, il a été touché par le témoignage d’amour fraternel vécu dans une « communauté nouvelle » qui lui donne l’envie de vivre l’Évangile puis de se poser la question d’être prêtre. 
Ordonné prêtre du diocèse de Lyon en 1989, il a été profondément marqué par son premier ministère de prêtre ouvrier, un mi-temps d’ouvrier d’entretien dans une clinique et un mi-temps de prêtre de paroisse à Vénissieux (banlieue de Lyon). 
Il participe ensuite aux activités du Sappel, une communauté chrétienne qui cherche à répondre à l’attente spirituelle de familles victimes d’exclusion sociale, notamment par la promotion de la démarche de création. C’est alors qu’il découvre la nécessité de s’engager lui-même dans un chemin de création par la peinture. 
Travaillé par un désir de vie fraternelle plus intense, il rejoint pendant plusieurs années la vie commune au sein de la communauté du Chemin Neuf, notamment à Marseille. 
Un montage audiovisuel de 6 minutes présente l’exposition qu’il a faite au centre Cormier à Marseille en 2012 :


Un autre montage de 13 minutes présente l’aventure de la création collective d’un chemin de croix avec des personnes en précarité de l’association marseillaise Zébédée :

Mickaël Frontini est maintenant de retour sur le diocèse de Lyon, l’association Résurgence(s) lui ouvre ses portes pour travailler et exposer dans ses nouveaux locaux au premier étage du 4, rue Claude Boyer, derrière l’église Saint-Louis de la Guillotière (Lyon 7e) entre les métros Saxe- Gambetta et Garibaldi. 

Veni ici pour consulter son blogue actuel - « Chemin de création blog de Mickaël Frontini » 
 

Il présente son travail de prêtre / peintre
La peinture : un silence qui parle autrement. 
Quand je peins, j’aime bien ne pas avoir d’idées, ne pas savoir à l’avance ce que je vais peindre, me laisser guider sur le chemin de la peinture : accueillir autant que possible, sans à priori, sans préjugé, ce qui va advenir. Il faut pourtant faire quelque chose, pour cela il faut choisir : un support doux ou rugueux, fragile ou solide, froissé ou lisse, papier ou tissu... 
Il faut choisir un format, des outils, technique sèche : pastel gras, craie à la cire ou liquide : peinture, plus ou moins diluée, opaque ou transparente, quelle couleur ? Est-ce que je vais avoir envie de faire des grands gestes ou des petits ?
Ces derniers temps à la Guillotière, la base de mon travail, ce sont des empreintes du sol de mon atelier... 
J’arrête mon mental pour être attentif à autre chose, peut-être ce que je ressens plus profondément. Je suis chrétien, alors bien sûr, je commence par demander d’une manière toute particulière à l’Esprit Saint Créateur, au Souffle d’Amour de m’habiter, de m’inspirer, puis je rentre dans le silence, silence de mes pensées, silence du cœur. J’aime ce temps de silence, où tout est possible... 
J’ai pris conscience récemment que ce silence, un silence bienfaisant qui est le point de départ de ma peinture fait écho à d’autres silences, des silences douloureux cette fois-ci, quand on me donne la parole et que je ne sais pas quoi dire et que j’éprouve en moi un malaise, un silence gêné. 
En peinture, je n’ai plus de blocage : je n’ai peut-être pas d’idées, pas de mots, mais je peux peindre, c’est ma main qui parle, ma sensibilité, mon désir intérieur que je ne sais pas bien nommer. Avec la peinture, ce lieu en moi qui est blessé devient lieu de vie. 
Quand je fais mon travail de peintre, je ne cesse pas d’être prêtre. 
Une peinture, c’est très concret, c’est de la matière : c’est fait de poussières colorées (ou pigments) et de colle sur un support. Mais comment faire pour que ça soit traversé par la lumière ? 
La Bible commence par le livre de la Genèse au chapitre 1 : 
« Lorsque Dieu commença la création des cieux et de la terre, la terre était tohu-bohu (informe et vide), une ténèbre sur l’abîme, le Souffle de Dieu planait sur les eaux. Dieu dit : « Qu’il y ait une lumière ! » Et il y eut une lumière. Dieu vit la lumière. Que c’est bon ! » Genèse 1, 1 à 4 
Le « tohu-bohu », le désordre qu’il y a avant la création, je l’expérimente souvent, douloureusement, en moi. Je dois faire avec, mais je peux l’exposer au souffle et à la lumière. 
Moi, je n’apporte que des poussières, d’où vient la lumière qui fait vibrer les couleurs, d’où vient le souffle de vie qui fait qu’il y a quelque chose qui se passe ? 


À l’eucharistie, j’offre le pain et le vin, fruit de la terre et du travail des hommes, et j’accueille Jésus qui se donne concrètement en nourriture pour qu’il puisse s’incarner dans nos vies. 
Dans mon travail de peintre, j’offre ces poussières colorées et mon travail à l’action de l’Esprit, et j’essaye de m’ajuster à l’Esprit Saint (souvent, je n’y arrive pas) ; après, ma peinture, elle touche certaines personnes, d’autres non. 
La peinture, c’est un lieu où j’apprends à aimer davantage, concrètement. 
Je me retrouve dans ce que dit André Gence, prêtre de la Mission de France et peintre, dans son livre « être créateur » Ed. La Thune 2001 : 
L’incertitude 
« La création appelle l’humilité. La seule certitude que nous ayons, c’est celle de mourir. Tandis que la nouveauté créatrice dans laquelle nous nous engageons est toujours incertaine. 
Dans la création, on ne sait pas. On ne sait pas ce qui va se passer. Chaque acte créateur est une aventure. Ce qui éclaire le chemin de la création, c’est l’inouï, le jamais vu. La création est une prospective de l’ignoré. C’est parce que j’ignore que je tente l’aventure de la création. On ne sait jamais au départ, on ne sait qu’à l’arrivée. 
Ainsi, le chemin de la création est un chemin étroit, concentré. C’est une petite porte, une voie étroite, la voie étroite dont parle l’Évangile. Pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut passer par une porte étroite. » 

carré de verdure


La plupart du temps, quand je peins, je n’ai pas d’idée préconçue, je n’ai pas de thème. Mais après coup, je m’efforce de donner un titre à ma peinture, qui induit une interprétation, ainsi, cette peinture je l’ai appelée « carré de verdure ». Mais cela ne doit pas empêcher le spectateur de voir autre chose. Un ami en voyant cette peinture a tout de suite vu « une porte orange ». Moi, je n’avais jamais vu cette porte, il a fallu que cet ami me la révèle... Cette porte est entrouverte, elle vous accueille, avez-vous ou non le désir d'entrer ? 
Un grand merci à tous les visiteurs qui font cet effort de se laisser apprivoiser... 

Mickaël Frontini 

Quelques témoignages recueillis sur son livre d’or à l’occasion de ses précédentes expositions : 
 

« Beaucoup de vie et de paix » 

« Une rencontre entre la matière, la couleur et le mouvement. Merci pour cette ouverture à l’imaginaire ! » 

« Merci, Mickaël pour l’ombre et la lumière livrées sans fard et sans masques » 

« Jaillissement, pétillement et liberté dansent avec humilité, simplicité. Remise en cause, en forme, en sens différents se fait grâce à une sorte de confiance. Une peinture ouverte qui offre au spectateur un passage. » 
 

Publié dans Eglise, Art

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