Des associations ou des particuliers qui agissent dans l'ombre, il y en a plus qu'on ne croit. Ce sont eux qu'il faut mettre en avant 

Publié le par Michel Durand

Des associations ou des particuliers qui agissent dans l'ombre, il y en a plus qu'on ne croit. Ce sont eux qu'il faut mettre en avant 

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« Des belles initiatives, des associations ou des particuliers qui agissent dans l'ombre, il y en a plus qu'on ne croit. Ce sont eux qu'il faut mettre en avant »

Benoit Mouget, journaliste au Progrès, a rendu compte d’une conversation téléphonique que nous avons eu ensemble au sujet de l’accueil des migrants. Ce fut publié dans Le Progrès du dimanche 18 février 2018.

Michel Durand, le prêtre lyonnais qui transgresse la loi

C'est une personnalité singulière, sans aucun doute. Michel Durand serait un prêtre presque ordinaire s'il n'avait pas franchi la ligne rouge, toute sa vie, pour aider des réfugiés.
Il y a quelques années, il avait défrayé la chronique en cachant des sans-papiers dans sa cure de Saint-Polycarpe, à la Croix-Rousse. Un geste de désobéissance tout à fuit assumé et même revendiqué, qu'il lui arrive de pratiquer encore. « Je suis dans la désobéissance civile et je suis très tranquille par rapport à ça. Je suis un chrétien attentif à l'Évangile et je crois qu'accueillir des pauvres, ça fait partie de notre mission. »
« Ni de droite, ni de gauche, mais « au nom de l'Évangile »
Ce prêtre du Prado est l'un de ceux qui a fait venir les cercles de silence* à Lyon. Au nom des valeurs chrétiennes et « avant tout de la défense de la personne », il milite inlassablement, tient un blog (www.enmanquedeglise.com) et demeure actif sur Twitter (@Enmanquedeglise). Très soutenu par certains paroissiens, critiqué par d'autres, il est confronté à toutes sortes de réaction sur le terrain. Quand il tracte place des Terreaux, le deuxième mercredi de chaque mois, il est régulièrement soumis à la défiance, voire à des sentiments hostiles. « On entend souvent "occupez-vous des Français". On peut parfois discuter, mais la plupart des gens campent sur leur point de vue. Mais d'une manière générale, on ne subit pas de pression. En définitive, les gens sont plutôt indifférents, ils préfèrent ne pas voir ce qui se passe. » 
En octobre, son sang n'a fait qu'un tour lorsque Laurent Wauquiez a exprimé son refus de contribuer à l'accueil, en Auvergne - Rhône-Alpes de 1784 réfugiés en provenance de Calais. « Comment peut-on en arriver là ? » 
Michel Durand dit faire de la Politique « avec un P majuscule », mais ne s'inscrit dans aucune démarche partisane. « Vous allez me ranger dans la case "prêtre de gauche", mais je ne me considère pas comme tel, ni de droite d'ailleurs. Je suis militant, voilà, ou plutôt je le suis devenu. Je viens d'une famille bourgeoise-rurale de Saône-et-Loire et j'ai compris très vite que le monde matérialiste n'était pas ce que je voulais. » 
Pas étonnant donc, à 76 ans, de le voir continuer à se démener dans de multiples réseaux d'entraide, de faire le lien entre les associations, de donner la main « partout où il y a besoin ». Et s'il doit se remettre hors la loi un jour, il le fera « sans hésitation ». Au nom de l'Évangile.

Benoit Mouget


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Les cercles de silence sont nés à Toulouse en 2007 pour « protester contre l'enfermement systématique des sans-papiers dans les centres de rétention administrative en France ».
 

 

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