La messe, l’office eucharistique de la résurrection que nous célébrons ensemble ce jour n’est pas le simple souvenir du repas de jeudi soir

Publié le par Michel Durand

Hubert Damon, Le lavement des pieds, la cène
Hubert Damon, Le lavement des pieds, la cène

Hubert Damon, Le lavement des pieds, la cène

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Ac 10, 34a.37-43 : « Nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts »
Psaume 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23 - Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !
Col 3, 1-4 : « Recherchez les réalités d’en haut, là où est le Christ »
Jn 20, 1-9 : « Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts »

Voici l'homélie que j'ai prononcée ce jour en l'église saint-Maurice de Lyon 8

Après la proclamation de cet Évangile, affirmons notre foi envers la personne du Christ, l’envoyé de Dieu qui est ressuscité. Il était mort, il est vivant.
C'est alors qu'entra l'autre disciple, celui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n'avaient pas vu que, d'après l'Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts.
Proclamons dans notre quotidien, et avec des actes, que le Christ est ressuscité pour tous les hommes, donc pour nous, les habitants de ce quartier. Il est avec nous en ce lieu d’église, mais aussi dans la rue, dans nos maisons ou espace de travail. En conséquence, l’office eucharistique de la résurrection que nous célébrons ensemble ce matin n’est pas le simple souvenir du repas d’un jeudi soir.

Qu’est-ce qu’un souvenir ?
Le rappel d’un acte passé ?
Je me souviens, par exemple, de la première fois où j’ai vu la mer, de la première fois où j’ai pris l’avion. Je me souviens des vacances passées avec mes cousins dans la maison des grands parents. Je me souviens, etc.… Nous avons tous des souvenirs. Ils surgissent dans les réunions de famille alors que nous disons : « Tu te rappelles ? Mais, si fait un effort, c’était avec etc… »
En cet instant, nous faisons plus qu’évoquer un fait qui eut lieu jadis. Nous revivons un événement important. Jésus, marqué dans sa chair par la souffrance, la violence, la brutalité, l’injustice, le mensonge, le crime. Jésus est ressuscité. Il est le Seigneur qui détruit le péché pour nous apporter la vie. Aujourd’hui, le Christ nous apporte la vie.
Les débats de société qui nous agitent évoquent souvent la perte des valeurs. De quelles valeurs est-il question ? Le goût du travail, du rendement, de l’efficacité, de la rentabilité financière ? Je pense, telle est ma méditation, qu’à vouloir trop de progrès techniques, nous en oublions la simple grandeur de l’humain et de sa dimension spirituelle. La valeur première n’est-elle pas celle de l’amitié, de la fraternité, de la justice et de la vérité ? Pour mener une juste guerre, ne faudrait-il pas s’attaquer à toutes les causes qui oppriment les pauvres, les peules oubliés. Vivre sobrement, tout simplement pour les miséreux vivent. L’Évangile, sans cesse nous appelle à ouvrir notre porte à qui est dans le besoin. Le partage appartient à la conversion du temps de Carême.

Alors, le Christ est ressuscité ; qu’est-ce que cela veut dire ?
Cela veut dire qu’il est vivant ; qu’il a traversé la mort pour vivre à jamais. Cela veut dire qu’il est avec nous, entièrement exposé à nous aider à vivre pour que nous transformions notre vie en une existence qui conduit au Père. Le Christ est opérateur d’unité. À sa suite, quand nous œuvrons pour supprimer ce qui divise, nous construisons le Royaume glorieux de Dieu. Nous le construisons au bénéfice de toute l’humanité.

Le Christ est ressuscité !
Cela signifie qu’il est vivant, agissant aujourd’hui en nous et dans l’Eglise pour que nous soyons de véritables serviteurs les uns des autres. Pas seulement serviteurs à l’adresse des membres de notre communauté ; mais aussi serviteurs pour les hommes et les femmes que nous rencontrons dans notre vie de tous les jours, sans oubliés ceux et celles qui vivent au-delà des frontières.

Aujourd’hui Christ est vivant.
Il est vivant pour tous les hommes. Il est vivant pour nous ses disciples, pour que le monde ait la vie en plénitude, la vie de la gloire de Dieu. Ce monde, notre monde est beau. Il est plus beau encore lorsque la gloire de Dieu le pénètre. Il est plus vrai lorsque les barrières qui séparent riches et pauvres sont détruites. 
Vous voyez, l’eucharistie de la résurrection, comme toutes les eucharisties que nous célébrons, n’est pas un simple souvenir, une image du passé. C’est une action actuelle. Christ est présent parmi nous et, par nous, il agit en profondeur pour que tous entrent, en frères, dans le repos de Dieu.
Dans le monde que nous aimons, que nous ne craignons pas, soyons vivants, épanouis pour signifier qu’Il est Vivant.

Publié dans Eglise, évangile, Bible

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