Au lieu d’évacuer les gens en migration hors d’un logement précaire, il serait mieux de signer des contrats de régularisation par le travail

Publié le par Michel Durand

Au lieu d’évacuer les gens en migration hors d’un logement précaire, il serait mieux de signer des contrats de régularisation par le travail

Alors que la Marche solidaire vient de traverser Lyon en étant soutenu par un petit groupe de militants cherchant à faire le maximum pour un accueil digne, des élus se tournent vers la police pour obtenir l’évacuation de squats ou pour ne pas loger des familles mises à la rue suite à un logement dans le cadre du plan hivernal.

Les organisateurs de la Marche solidaire, l’Auberge des migrants, que j’ai rencontrés samedi dernier m’ont dit reconnaître que soutenir des étrangers n’était vraiment pas soutenu par l’ensemble de la population. Se sachant à contre-courant, hors de l’air du temps, ils marchent pleins d’espoir, souhaitant qu’étant arrivés à Calais puis à Londres, les élus et leurs électeurs deviennent plus raisonnables.

 

copie de l'article du Progrès :

La Maison Mandela restera-t-elle ouverte jusqu’en 2020

 

le progres- Villeurbanne

Occupée depuis l'hiver, la maison de la rue Bourgchanin pourrait faire l'objet d'une convention d'occupation temporaire. La Ville souhaite l'expérimenter, la Métropole et la préfecture beaucoup moins.

Le devenir des habitants de la Maison Mandela passera-t-il par une éventuelle « convention d'occupation temporaire » ? C'est ce qu'a laissé entendre le maire (PS), Jean-Paul Bret, lundi soir en fin de conseil municipal.

Le sujet est arrivé sur la table au moment du vote d'un vœu déposé par le groupe EELV-FdG, relatif « au soutien des familles sans solution d'hébergement et logées dans les squats des rues Baudin et Bourgchanin ». La Maison Mandela en question est située à la seconde adresse, à deux pas du squat Amphi Z, rue Baudin. Investie en janvier, elle héberge aujourd'hui une quarantaine de personnes, dont des familles, originaires d'Europe de l'Est. Des occupants suivis par la Coordination Urgence Migrants (CUM).

Si le vœu n'a pas été voté car il a été renvoyé en commission, Jean-Paul Bret a toutefois donné des éléments de réponse. Les quelques soutiens aux migrants de Mandela présents lundi en mairie étaient d'autant plus attentifs que, le matin même, le tribunal d'instance de Villeurbanne avait reporté au 11 juin sa décision de faire évacuer ou non les lieux. Ceux-ci appartiennent à la Métropole, qui avait saisi la justice en référé. « Nous disposons donc de quinze jours pour constituer un dossier administratif, c'est-à-dire recueillir des témoignages, produire des attestations, etc. », explique, ce mardi, Jean-Paul Vilain, de la CUM. La coordination, Jean-Paul Bret a déclaré « la recevoir prochainement ». Et ce, dans le cadre d'une expérimentation que la Ville souhaiterait accompagner et à laquelle participeraient le bailleur Est Métropole Habitat (EMH) et l'association Alynea. Il s'agirait de signer une convention d'occupation temporaire, qui permettrait aux actuels squatteurs de la Maison Mandela de rester sur place jusqu'à la démolition programmée du bâtiment, en 2020. Selon le maire, EMH s'est proposé de faire des travaux de sécurisation et Alynéa à assurer l'accompagnement social.

Une convention signée avec... la Métropole

« Au niveau de la CUM. ce type de convention, c'est notre bagarre depuis longtemps. Et nous sommes tout à fait d'accord sur le choix d'Alynea », réagit Jean-Paul Vilain, qui a déjà rencontré Cédric Van Styvendael, directeur d'EMH. L'engagement du maire de Villeurbanne en séance publique lui fait d'autant plus plaisir que la rencontre qu'évoque le premier magistrat a bien trop tardé selon lui. « Je suis furax de ne pas avoir eu de proposition de rendez-vous depuis le 5 avril. Aujourd’hui, nous n'avons plus le temps d'attendre », prévient M. Vilain.

Une chose est certaine : la bonne volonté municipale ne suffira pas. Car, pour contractualiser la convention d'occupation temporaire, la signature du propriétaire de la maison sera nécessaire. « Et la Métropole ne fait pas preuve de beaucoup d'enthousiasme sur cette question », croit savoir Jean-Paul Bret. Une position qui n'a pas été officiellement confirmée, mais le doute est peu permis sur « l'enthousiasme » que la collectivité pourrait en effet manifester à l'égard de ce projet. Quant à la préfecture, elle a clairement déclaré au Progrès qu'il était « hors de question de financer ce type d'expérimentation ». « Des dispositifs, des structures existent, il y a 6 000 places d'hébergement pérennes dans le Rhône. Ce n'est pas comme s'il n'y avait rien ! », répond la communication de la préfecture. Elle considère par ailleurs que cette démarche conduirait à « légitimer un squat ».

Emmanuelle BABE

 

Le collectif "Jamais sans toit" dort à nouveau à l'école Lakanal

Le groupe mobilisé occupe l'école.

Voici deux nuits que quelques membres du collectif "Jamais sans toit" de cette école du quartier du Tonkin, occupent les locaux pour la nuit. Ils y dorment avec une famille de quatre personnes (deux enfants dont un est scolarisé là et leurs parents) qui se retrouve à la rue. Russe d'origine arménienne, cette famille était jusqu'à dimanche hébergée dans le 5e arrondissement de Lyon dans le cadre du dispositif hivernal (qui a pris fin le 31 mars). La Ville de Lyon avait accordé un délai supplémentaire d'hébergement qui est lui aussi terminé, laissant certaines familles sans solution de relogement, au grand dam des associations qui les accompagnent. Pendant six jours en décembre, le collectif "Jamais sans toit" de l'école Lakanal s'était déjà mobilisé pour cette famille, pour lui trouver une solution d'abri pour l'hiver. Selon le collectif, elle aurait déposé « un dossier de régularisation par le travail qui serait en cours d'instruction ».

Publié dans Politique, migration

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